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Sujet : Ce que la morale interdit, l'État peut il le prescrire?

Définitions des termes :
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
  • état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.

Extrait du corrigé : La morale individuelle est flexible selon les circonstances. Certes, selon Kant, la morale doit être conduite par un impératif catégorique qui commande l'action par une maxime universalisable. Cependant, Kant lui-même reconnaît qu'une telle morale ne se trouve pas chez les hommes. Ainsi, comment l'Etat qui doit faire preuve d'impartialité pourrait-il être érigé en fonction d'une morale fluctuante ? Enfin, ajoutons que si nous demandons à l'Etat d'intervenir dans la morale, nous lui demandons d'interférer dans la vie privée des individus, ce qui serait insupportable. Il ne faut donc pas confondre le bien commun dont l'Etat est garant et la morale dictant la conduite des individus.  « On a [...] parlé de l'opposition de la morale et de la politique et de l'exigence que la première commande à la seconde. Il y a lieu seulement de remarquer en général que le bien d'un État a une bien autre légitimité que le bien des individus et que la substance morale. » Hegel, Principes de la philosophie du droit, 1821.

	Ce que la morale interdit, l'État peut il le prescrire?

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Définitions

  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
  • état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.

Problématique

Il faut tout d’abord distinguer prescrire et autoriser. Il convient également de s’interroger sur le sens du mot « morale ».
Ensuite, nous pouvons nous étonner : un Etat libre, telle la république, garant des libertés de tous peut-il s’opposer à la morale ? La morale, au contraire, ne doit-elle pas guider l’Etat qu’élit le peuple ?
Pourtant, il faut souligner qu’il existe un hiatus entre la morale individuelle et la morale sociale, collective. L’Etat doit parler au nom de tous, au nom d’une communauté, et non pas d’un individu. D’autre part, l’Etat ne regarde pas les intentions mais seulement les actions, or la morale prend sa place dans l’intention (exemple : il est interdit de tuer, si je tue quelqu’un par accident, je serait puni, mais si j’ai l’intention de tuer quelqu’un et que j’échoue, il ne m’arrivera rien, alors même que ma conduite a été immorale dans le second cas, et non dans le premier).
Ce sujet nous amène à nous interroger sur la légitimité d’un Etat : un Etat serait-il légitime parce qu’il se fonderait sur la morale ? L’Etat a-t-il pour rôle d’être le garant de la morale ?



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