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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- amour : On peut distinguer différentes formes d'amour. Le sentiment amoureux qui nous fait aimer une personne pour ses qualités morales et son apparence physique n'est pas de même nature que l'amour d'une mère pour son enfant. L'amour du prochain s'étend à toute l'humanité. L'amour-propre est l'estime que l'on a pour soi-même. L'amour mystique est celui que le croyant éprouve pour Dieu.
- autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
- obstacle : Ce qui empêche ou retarde une action, une progression ; difficulté, empêchement.
Extrait du corrigé : Si l'on examine la question du point de vue de la raison et non de celui de l'intuition, il semble qu'autrui se trouve toujours à une certaine distance de nous, et que la compréhension totale que l'on pense posséder à son égard ne soit qu'une intuition fausse, gommant son altérité. Si l'on pousse plus loin cela, l'amour nous semble donner accès à la compréhension d'autrui, mais en réalité la compréhension d'autrui que nous croyons atteindre grâce à l'amour est illusoire, si bien que l'amour joue finalement un rôle d'obstacle - dont nous n'avons pas nécessairement conscience. * La notion de compréhension d'autrui n'est peut-être pas pertinente pour qualifier la relation d'amour à l'autre. Sartre, L'Être et le Néant « En soi Autrui-objet n'a jamais assez de force pour occasionner l'amour. Si l'amour a pour idéal l'appropriation d'autrui en tant qu'autrui, c'est-à-dire en tant que subjectivité regardante, cet idéal ne peut être projeté qu'à partir de ma rencontre avec autrui-sujet, non avec autrui-objet. La séduction ne peut parer autrui-objet qui tente de me séduire que du caractère d'objet précieux « à posséder »; elle me déterminera peut-être à risquer gros pour le conquérir; mais ce désir d'appropriation d'un objet au milieu du monde ne saurait être confondu avec l'amour. L'amour ne saurait donc naître chez l'aimé que de l'épreuve qu'il fait de son aliénation et de sa fuite vers l'autre. Mais, de nouveau, l'aimé, s'il en est ainsi, ne se transformera en amant que s'il projette d'être aimé, c'est-à-dire si ce qu'il veut conquérir n'est point un corps mais la subjectivité de l'autre en tant que telle. Le seul moyen, en effet, qu'il puisse concevoir pour réaliser cette appropriation, c'est de se faire aimer. Ainsi nous apparaît-il qu'aimer est, dans son essence, le projet de se faire aimer.
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Le corrigé du sujet " l'amour donne-t-il accès a la compréhension d'autrui ou constitue-t-il un obstacle ?" a obtenu la note de : aucune note
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Donner à accès à quelque chose, c'est permettre de trouver cette chose, l'amour est donc ici interrogé en tant que cause probable d'une autre chose, qui est la compréhension d'autrui.
La notion de compréhension renferme une certaine rationalité : comprendre n'est pas saisir par l'intuition mais saisir par la raison. Cela contrevient peut-être à l'aspect intuitif et passionnel de l'amour, qui inhibe peut-être la raison au profit d'autres modes – peut-être d'ailleurs illusoires – de saisie de l'autre. Autrui est ici l'être aimé, mais peut-être aussi l'ensemble des autres personnes, comme si l'amour permettait une plus grande compréhension de tout être.
Constituer un obstacle enfin, c'est empêcher l'accès à une chose : les deux branches de l'alternative posée par le sujet sont donc clairement antithétiques.
Si on définit l'amour comme une affection réciproque (en principe) entre deux personnes incluant aussi bien la tendresse que l'attirance physique, alors vous voyez que l'amour est du domaine de la passion. La passion amoureuse consiste alors à consacrer tout son intérêt, toute son attention et tout son temps à l'objet de sa passion, celle-ci semble à même de favoriser notre compréhension de l'autre. Cependant, la compréhension ne consiste pas simplement à porter son attention vers un objet, montrez en effet que la compréhension vise la connaissance et exige une démarche rationnelle et méthodique. Or la passion n'est-elle pas précisément l'absence de raison ? Montrez donc que la passion devient alors un obstacle à une telle connaissance, être exempt de passion serait donc bien la meilleure voie pour comprendre autrui. Remarquez alors qu'autrui n'est pourtant pas tout à fait un objet comme les autres, en distinguant la compréhension d'une connaissance désintéressée et rationnelle (sans doute impossible pour autrui...), demandez-vous ainsi si l'idéal de compréhension, n'exige pas au contraire de l'affectivité, de l'intuition et plutôt qu'un désintérêt une certaine forme de désir. Ne faudrait-il donc pas être passionné pour vraiment comprendre autrui ? Autrement dit, il faut aimer autrui, mais cet amour n'est pas l'amour fou qui nous aveugle, mais l'amour bienveillant qui permet d'accueillir autrui en le laissant être.
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