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Extrait du corrigé : Leibniz, ce penseur de la continuité, voyait dans les simples vivants - plantes et matières inorganiques - de l'esprit déjà, mais instantané. À propos des plantes, par exemple, il parlait de «conscience sourde» ou de « perception simple» non accompagnée de mémoire. Mais, aux yeux de Bergson, instantanéité et sensibilité ne peuvent aller de pair, puisque la sensation est déjà mémoire. Il faut donc admettre que si la matière inanimée est «un esprit instantané», elle est insensible : un pur présent instantané serait la pure inconscience d'une matière inerte et insensible, et il faudrait alors renoncer à parler d'esprit. Une perception instantanée, sans mémoire, est impossible, car percevoir, être sensible, être conscient, c'est toujours un tant soit peu se souvenir. La conscience ne peut se concevoir sans durée, sans passé survivant dans la mémoire - de manière spirituelle et/ou mécanique - et se conservant en chaque présent, de lui-même. La mémoire n'est donc pas une fonction de la conscience : elle est la conscience elle-même, comme conservation du passé au présent. La conscience est par essence mémoire.Si le passé se conserve ainsi, s'il fait boule de neige avec lui-même, alors la conscience ne vit jamais les mêmes états : il suffit que du temps ait passé pour qu'elle se transforme qualitativement et progresse, et, par là, s'ouvre à la nouveauté et à l'avenir. La conscience est tension.
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