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Extrait du corrigé : Parmi les objections à cette idée de soumission au devenir, on peut trouver dans la théorie de l'être et du non-être de Parménide une remise en cause radicale du devenir lui-même. En somme, si devenir, pour une chose, consiste à changer d'état, il faut qu'elle devienne ce qu'elle n'est pas encore, c'est-à-dire une autre chose, mais aussi et en même temps qu'elle reste ce qu'elle, qu'elle demeure elle-même. Ce changement d'état qui caractérise le devenir interroge donc les rapports entre l'être et le non-être. Or pour Parménide, seul l'être est, et le néant n'est pas. La conclusion qui s'impose est que le devenir est impossible. L'être est ici un et immuable, et c'est sa persistance même qui nous empêche de subir le devenir. Le problème est ici que la réalité du monde physique, toujours changeant et en mouvement, est totalement remise en question, ce qui semble contradictoire avec l'expérience que nous en faisons. Platon, avec sa théorie du mélange des genres, semblait proposer une solution médiane en ce qu'il considérait que le devenir implique le mélange mutuel de l'être et du non-être, avec comme conséquence qu'une chose ne devient qu'à partir du moment où elle à la fois identique et différente d'elle-même. Mais ce mouvement, ce va-et-vient plus que difficile à concevoir que l'on se place du côté d'Héraclite ou de Parménide, est-il passif ou peut-on penser qu'il est actif ? En effet, si l'on veut parvenir à accepter l'idée que nous ne subissons pas le devenir, il faut être en mesure de montrer que nous pouvons influer sur le mouvement qui nous fait changer.
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