LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE
EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- objet : (n. m., étym. : latin ob-jectum : ce qui est placé devant ; chose). 1. Tout ce qui est présenté par la perception, avec un caractère stable et indépendant du sujet (objet externe) ; pour la phénoménologie, l'objet est déterminé par la visée de la conscience (cf. sens 3). 2. Tout ce qui se présente à un sujet, s'offre à la pensée, et qui est distinct de l'acte de représentation ou du sentiment (donc du sujet), c.-à-d. aussi bien le percept, l'image, l'idée, que l'objet externe ou la personne aimée. 3. Le but qu'on se propose d'atteindre (cf. un objectif).
- technique : Du grec "tecknè", "art, métier". Procédés de travail ou de production qui supposent un savoir-faire. La technique désigne aussi les applications de la science proprement dite.
- penser : Exercer une activité proprement intellectuelle ou rationnelle; juger; exercer son esprit sur la matière de la connaissance; unir des représentations dans une conscience.
- seulement : * Sans rien ou personne de plus que ceux qui sont indiqués : Il est resté deux jours seulement. * À l'exclusion de toute autre chose : J'ai fait cela seulement pour lui rendre service. * Marque l'opposition, la restriction : Je voudrais bien y aller, seulement je n'ai pas le temps.
- vivre : Exister, être au monde.
Extrait du corrigé : Elles obéissent à la philosophie théorique et pratique de la modernité : devenir maître et possesseur de tout ce qui est, transférer vers le haut les problèmes insolubles d'ici-bas, affronter le néant. L'éthique de la volonté de puissance et de la volonté de volonté qui régit l'homme moderne et la technique planétaire se manifeste dans toutes les branches du savoir et de la science, théoriquement et pratiquement, pendant que sciences et technique veulent prendre en charge l'éthique, la constituer, la réglementer. Que devient dans cette configuration le problème éthique ? Quel est le lieu à partir d'où rayonne sa question ? Ce problème et ce lieu subsistent-ils encore, ou sont-ils d'ores et déjà organisés et administrés technoscientifiquement ? » Une première partie de la réflexion pourrait être consacrée à définir le rapport que l'homme entretient avec la technique et à proposer ainsi une première réponse à l'alternative que le sujet demande de trancher. Le texte d'Axelos devrait permettre de souligner l'ambiguïté de ce rapport, fait d'un souci d'une vie pratique meilleure mais aussi d'une interrogation sur le rapport au monde de l'homme. La prise en compte de cette ambiguïté permettra d'envisager avec précision l'alternative manière de vivre / façon de penser. * De la manière de vivre à la façon de penser Bergson « Quand on fait le procès du machinisme, on néglige le grief essentiel. On l'accuse d'abord de réduire l'ouvrier à l'état de machine, ensuite d'aboutir à une uniformité de production qui choque le sens artistique.
Corrigé de 2878 mots (soit 4 pages) directement accessible
Le corrigé du sujet "Les objets techniques nous imposent-ils une façon de penser ou seulement une manière de vivre ?" a obtenu la note de : aucune note
réponse certaine façon exacte liberté nous vivre illusions seulement penser techniques esclaves dévoilement manière meilleur sommes-nous objets s'oublier agir développement l'art vérité plus "qui d'une sciences pas monde limites progrès conscience suis-je est-ce pourquoi mort être vouloir juger question soi-même
Comment les objets techniques peuvent-ils nous imposer quoi que ce soit, puisque ce ne sont que des objets, et que théoriquement ils ne devraient pas avoir d'impact sur notre liberté, ou sur notre volonté ? Comment parviennent-ils à s'imposer à nous ? Quelle distinction peut-on faire entre les deux expressions "façon de penser" et "manière de vivre" ? Les deux ne sont- elles pas en elles-mêmes problématiques ? Et s'opposent-elles nécessairement ? La technique ne nous impose-t-elle pas l'une et l'autre, ou aucune ? Si les objets techniques, produits de la raison humaine, nous imposent quelque chose, n'est-ce pas dans leur fin ? La technique n'a-t- elle pas pour but d'améliorer notre manière de vivre ? Et si elle améliore notre vie au quotidien, ne prend-elle pas une part dans notre façon de penser (qui devient plus utilitaire, ou différente, par un facteur temps, rendu plus souple par la technique) ? Mais le verbe "imposer" ne remet-il pas en question ces effets ? La technique doit-elle apparaître comme un facteur de déshumanisation, d'esclavage de la pensée comme de la manière de vivre ?
Bergson
« Quand on fait le procès du machinisme, on néglige le grief essentiel. On l'accuse d'abord de réduire l'ouvrier à l'état de machine, ensuite d'aboutir à une uniformité de production qui choque le sens artistique. Mais si la machine procure à l'ouvrier un plus grand nombre d'heures de repos, et si l'ouvrier emploie ce supplément de loisir à autre chose qu'aux prétendus amusements qu'un industrialisme mal dirigé a mis à la portée de tous, il donnera à son intelligence le développement qu'il aura choisi, au lieu de s'en tenir à celui que lui imposerait, dans des limites toujours restreintes, le retour (d'ailleurs impossible) à l'outil, après suppression de la machine. Pour ce qui est de l'uniformité de produit, l'inconvénient en serait négligeable si l'économie de temps et de travail, réalisée ainsi par l'ensemble de la nation, permettait de pousser plus loin la culture intellectuelle et de développer les vraies originalités. »
HTML clipboard
Gilbert Simondon, Du mode d'existence des objets techniques
« L'opposition dressée entre la culture et la technique, entre l'homme et la machine, est fausse et sans fondement ; elle ne recouvre qu'ignorance ou ressentiment. Elle masque derrière un facile humanisme une réalité riche en efforts humains et en forces naturelles, et qui constitue le monde des objets techniques, médiateurs entre la nature et l'homme. La culture se conduit envers l'objet technique comme l'homme envers l'étranger quand il se laisse emporter par la xénophobie primitive. Le misonéisme orienté contre les machines n'est pas tant haine du nouveau que refus de la réalité étrangère. Or, cet être étranger est encore humain, et la culture complète est ce qui permet de découvrir l'étranger comme humain. De même, la machine est l'étrangère ; c'est l'étrangère en laquelle est enfermé de l'humain, méconnu, matérialisé, asservi, mais restant pourtant de l'humain.
La plus forte cause d'aliénation dans le monde contemporain réside dans cette méconnaissance de la machine, qui n'est pas une aliénation causée par la machine, mais par la non connaissance de sa nature et de son essence, par son absence du monde des significations, et par son omission dans la table des valeurs et des concepts faisant partie de la culture. (...) En fait, cette contradiction inhérente à la culture provient de l'ambiguïté des idées relatives à l'automatisme, en lesquelles se cache une véritable faute logique. Les idolâtres de la machine présentent en général le degré de perfection d'une machine comme proportionnel au degré d'automatisme. Dépassant ce que l'expérience montre, ils supposent que, par un accroissement et un perfectionnement de l'automatisme, on arriverait à réunir et à interconnecter toutes les machines entre elles, de manière à constituer une machine de toutes les machines.
Or, en fait, l'automatisme est un assez bas degré de perfection technique. Pour rendre une machine automatique, il faut sacrifier bien des possibilités de fonctionnement, bien des usages possibles. L'automatisme, et son utilisation sous forme d'organisation industrielle que l'on nomme automation, possède une signification économique ou sociale plus qu'une signification technique. Le véritable perfectionnement des machines, celui dont on peut dire qu'il élève le degré de technicité, correspond non pas à un accroissement de l'automatisme, mais au contraire au fait que le fonctionnement d'une machine recèle une certaine marge d'indétermination.
C'est cette marge qui permet à la machine d'être sensible à une information extérieure. C'est par cette sensibilité des machines à de l'information qu'un ensemble technique peut se réaliser, bien plus que par une augmentation de l'automatisme. Une machine purement automatique, complètement fermée sur elle-même, dans un fonctionnement prédéterminé, ne pourrait donner que des résultats sommaires. La machine qui est douée d'une haute technicité est une machine ouverte, et l'ensemble des machines ouvertes suppose l'homme comme organisateur permanent, comme interprète vivant des machines les unes par rapport aux autres. Loin d'être le surveillant d'une troupe d'esclaves, l'homme est l'organisateur permanent d'une société des objets techniques qui ont besoin de lui comme les musiciens ont besoin du chef d'orchestre. »
![]() | ![]() |
15000 corrigés de disseration en philosophie