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Sujet : Parler une langue, est-ce la connaître ?

Définitions des termes :
  • parler : Faire usage d'une langue. Exprimer sa pensée.
  • langue : Une langue est un ensemble institué et stable de signes et de règles grammaticales que partage une communauté humaine donnée.
  • connaître : Savoir, être informé de.

Extrait du corrigé :  » Il est ainsi coutume de faire l'éloge de la « parole vraie », comme le fait Hegel[4] lorsqu'il écrit que "parmi les devoirs particuliers envers autrui, le premier est la véracité de la parole et de la conduite. Elle consiste dans la conformité entre ce qui est et dont on a conscience et ce que l'on dit et montre aux autres." La parole apparemment inutile ou trompeuse est en fait d'une grande utilité sociale. L'expression populaire « parler pour ne rien dire » souligne le vide informatif de certains échanges verbaux mais néglige leur utilité sociale, comme le fait d'établir un contact avec autrui par souci de politesse, pour éviter le malaise dû au silence. Simone de Beauvoir écrit à ce sujet que « la parole ne représente parfois qu'une manière, plus adroite que le silence, de se taire. ». « Croire sur parole » est un terme qui souligne un autre intérêt de la parole que l'échange d'informations : la force de persuasion,  Descartes[5] soutient par exemple que « la parole a beaucoup plus de force pour persuader que l'écriture. » Les rhéteurs ont développé l'art de convaincre. Malebranche[6] écrit en ce sens qu'"il faut distinguer la force et la beauté des paroles, de la force et de l'évidence des raisons." Enfin, la parole non-informative a également le sens d'une démonstration de la perspicacité individuelle et de son utilité dans un groupe humain solidaire.

Parler une langue, est-ce la connaître ?

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Définitions

  • parler : Faire usage d'une langue. Exprimer sa pensée.
  • langue : Une langue est un ensemble institué et stable de signes et de règles grammaticales que partage une communauté humaine donnée.
  • connaître : Savoir, être informé de.

Plan détaillé

I.    La plupart des gens pensent qu’une connaissance théorique d’une langue suffisante pour pratiquer cette langue suffit à connaître cette langue ; ils font une dissociation stricte entre le langage d’une communauté et sa culture.  

II.    L’utilisation d’une langue a une dimension culturelle et contextuelle que l’on ne peut pas ignorer si l’on veut connaître réellement cette langue ; c’est pourquoi il faut associer à une connaissance théorique ou habituelle d’une langue un vécu de cette langue. C’est en ce sens que Denis Diderot écrit « Requiescat in pace. Il faut entendre la langue des couvents pour connaître l'espèce de menace contenue dans ces derniers mots. » 

III.    Pour connaître une langue, il faut l’avoir véritablement intégrée dans un mode de pensée, connaître une langue, c’est aussi la pratiquer en tant qu’elle est un mode de pensée spécifique. C’est pourquoi Saussure écrit : « La langue est [...] comparable à une feuille de papier : la pensée est le recto et le son le verso; on ne peut découper le recto sans découper en même temps le verso. »  Par pensée, il faut comprendre la création et l’utilisation de concepts et de symboles.



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