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Ainsi se définit un bonheur simplement possible, jamais certain, puisque tributaire d'une intervention providentielle de la chance. Cela peut-il satisfaire notre désir et notre exigence de bonheur ? Si le bonheur ne dépendait que du sort, il ne possèderait pas de valeur par lui-même. Or tous les hommes le désirent comme un bien. Peut-on faire de la chance...
Mais dans des circonstances où nous savons que l'impunité est absolument certaine, pourquoi le suivons-nous, ou pourquoi nous sentons-nous coupables ?¦ Le plus souvent les coupables cachent leur faute, et ceux qui font leur devoir aiment qu'on le sache. Ne fait-on pas son devoir par goût d'une bonne renommée, ne cache-t-on pas ses fautes par peur de la...
L'enfant nouveau-né ne connaît que l'opposition entre plaisir et déplaisir (ou douleur). Le psychisme s'organise donc dans un premier temps selon le principe de plaisir, qui sera peu à peu corrigé par les épreuves de réalité, sources d'un principe de réalité, qui permet de différer et d'attendre la satisfaction, ou de tenir compte du caractère possible ou impossible...
C'est à une compréhension véritable du plaisir, et à une gestion rationnelle des désirs que la philosophie d'Épicure nous invite, philosophie des « sombres temps », de l'époque troublée, violente, des successeurs d'Alexandre le Grand. La « Lettre à Ménécée » est une description de la méthode apte à nous procurer le bonheur. Car si tous les hommes cherchent le bonheur, ils sont,...
La bonne volonté, la pureté de l'intention valent par elles-mêmes, quels qu'en soient les résultats ou l'utilité. Il n'est donc de bien absolu que la volonté bonne. Mais le souverain bien reste l'union (non nécessaire) de la vertu et du bonheur. Il m'appartient donc, non de poursuivre mon bonheur, mais de m'en rendre digne. « Le Maître : Ce qui tend...
Mais il l'expliquait seulement par le fait qu'« il est autrement difficile de produire le plaisir en laboratoire que de provoquer et de doser la douleur ». En fait, on comprend que la douleur d'abord ressentie comme échec et comme scandale suscite l'étonnement et la réflexion. M. Svagelski remarque : « Seule en effet la douleur est une...
Tous les discours de Socrate sont d'ailleurs fondés sur ce même principe d'opposition : il y a d'un côté Socrate qui détient une idée sur un concept et de l'autre un protagoniste qui est toujours convaincu du contraire. Et c'est cette contradiction qui est la source même du dialogue, qui est la source même de la pensée et de...
, la curiosité anecdotique s'adonne à la recherche des causes, surtout pour montrer combien il y a de disproportion entre la petitesse des causes et la grandeur des effets. C'est (par exemple) le grain de sable dans l'uretère de Cromwell [...]. Mais l'histoire philosophique, la grande histoire, s'arrête peu à ces causes microscopiques. Elle cherche une raison suffisante...
Ét Schopenhauer de railler Leibniz qui, dans la Théodicée, affirme que notre monde est le meilleur des mondes possibles, ainsi que son disciple Wolf. Que l'on dresse le bilan des joies et des souffrances d'une vie humaine prise dans son entier, on découvrira que la colonne « peines » l'emporte sur la colonne « joies ». A quoi...
d) Vertus cardinales : la sagesse, le courage, la tempérance et la justice, que les morales antiques considèrent comme la condition de possibilité de la vie heureuse. Pour Aristote, le bonheur est la fin suprême au-delà de laquelle on ne saurait penser d'autres fins. Il réside dans l'activité raisonnable et maîtrisée qui prend comme fin l'accomplissement plénier de soi-même...
Ne va-t-il pas en user pour se livrer à des excès ? « Bref il est incapable de déterminer, avec une entière certitude, d'après quelque principe, ce qui le rendrait heureux. » Certes des conseils empiriques sont toujours bons à recevoir : un régime alimentaire, l'économie, la politesse, la réserve, « toutes choses qui, selon les enseignements de l'expérience, contribuent en thèse générale...
Il est nécessaire que les hommes craignent la loi.Dans la République, II, Platon relate un mythe qui illustre l'idée qu"'on ne pratique la justice que malgré soi et par impuissance de commettre l'injustice. Gygès était berger. Lors d'un tremblement de terre accompagné d'un orage, la terre se fendit pour laisser apparaître une crevasse. Il y descendit et trouva...
De là découle une certaine difficulté quant à la définition de ce que recouvre la possibilité d'une bonne interprétation. Toute interprétation, et on le voit par exemple dans l'interprétation d'un rôle par un acteur au théâtre, est subjective. La bonne interprétation est-elle la plus fiable, la plus vraie, la plus objective ? Est-ce d'ailleurs en termes de vérité que...
Mais la béatitude se distingue surtout du bonheur par son rapport au temps ou, comme dirait Spinoza, à l'éternité (cf. livre V de l'Ethique). Toute chose, y montre Spinoza, peut être conçue de deux manières, selon qu'on la considère dans le temps ou dans l'éternité. C'est le cas aussi du bonheur. En tant qu'il est conçu dans le...
Elle découle de la logique propre du désir. En effet, si l'on meurt avec encore en son âme toutes sortes de désirs inassouvis, de regrets, d'appétits nécessairement on se réincarne dans un être animé de ces désirs. Or, plus on a de désirs, plus on souffre. Le « karma » n'est rien d'autre que ceci : la souffrance que...
Autrement dit, ce ne sont jamais que ses propres perfections et ses propres attributs que l'homme adore en Dieu. L'homme s'est ainsi dépouillé de son être pour l'attribuer à une réalité étrangère, Dieu : « Pour enrichir Dieu, l'homme doit s'appauvrir ; pour que Dieu soit tout, l'homme doit n'être rien » (« L'essence du christianisme ») La...
La prudence est une vertu à caractère humain et, à ce titre, elle ne peut prétendre l'emporter sur une sagesse à caractère divin. « Il est absurde en effet de penser que la prudence soit la forme la plus élevée de savoir, s'il est vrai que l'homme n'est pas ce qu'il y a de plus excellent dans le...
b) Loin d'exclure totalement le bonheur, la raison pratique doit lui faire sa part, car le malheur ou la misère constituent autant de tentations d'enfreindre son devoir ; assurer son propre bonheur devient ainsi un devoir indirect. Certes, le bonheur n'est pas encore une fin, il reste le moyen légitime d'écarter les obstacles à la moralité.c) La morale...
Un plaisir esthétique a sa source « dans le libre jeu de l'imagination et de l'entendement ». Libre jeu car l'imagination n'est pas subordonnée à l'entendement comme dans la connaissance où elle doit se plier à ses règles : si elle ne s'y plie pas elle divague, elle rêve, elle entrave la connaissance. Face au beau qui n'est pas l'objet...
. C'est dire aussi combien les hommes résistent à l'idée d'un bonheur où notre imagination serait restreinte par l'exigence rationnelle et où les désirs et les plaisirs seraient réduits au profit d'un amour de la Raison. Ils préfèrent voir le bonheur comme un état de contentement durable dans lequel l'homme accomplit ce qu'il vise et satisfait ses désirs. L'idée...
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