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Un auteur partisan du droit divin, Ramsay (1686-1743), décrit les principes de ses adversaires et les points sur lesquels portent le désaccord des deux courants : « Rien n'est plus faux que cette idée des amateurs d'indépendance que toute autorité réside originairement dans le peuple, et qu'elle vient de la cession que chacun fait, à un ou plusieurs magistrats...
* En s'inspirant à la fois de Marx et de Freud, Herbert Marcuse évoque, à propos de la société moderne, un « enrégimentement du temps libre » : le loisir ne doit plus être l'occasion d'un plaisir authentique satisfaisant les pulsions. Dominée par ce qu'il nomme un « principe de rendement » qui cherche à étouffer le «...
[Une démocratie peut rester une société libre même si les citoyens n'exercent plus leur esprit critique - ils suffit qu'ils se rallient à l'opinion de la majorité et aux décisions du gouvernement.] On peut être libre et ne pas réfléchir Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique, classique de la pensée politique, évoque le problème du paternalisme. L'État paternaliste est un État qui,...
ils sont ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés." Si on tient l'homme en état de folie pour irresponsable, c'est bien que la responsabilité tient aussi à la raison, elle désigne une certaine faculté psychologique de bien juger, de prendre des décisions avisées et raisonnées. Dès lors, la liberté comme réflexion et connaissance qui nous aide...
Dans toutes les affaires importantes de la vie, nul ne nous oblige en effet que notre propre volonté. L'homme est «un être pour la mort» L'expression est de Martin Heidegger, elle exprime parfaitement que la mort est un destin inéluctable que rencontre toute réflexion sur la liberté. On ne connaît que la mort, attendue ou accidentelle, des autres. La mort...
et que l'on nous reproche sous ce nom même. Mais que dire par là, sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre ou la table ? Car nous voulons dire que l'homme existe d'abord, c'est-à-dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans...
Cette antinomie se résout à peu près de la même façon que celle qui, dans la « CRP », mettait aux prises la nécessité naturelle et la liberté. Là aussi, en effet, nous devons distinguer deux plans, le plan du sensible et le plan de l'intelligible. la thèse selon laquelle le désir du bonheur serait le mobile des maximes de...
Les périodes les plus barbares de l'histoire de l'humanité sont toujours des périodes marquées par l'obscurantisme. Que l'on songe ici à la période moyenâgeuse, à l'Inquisition, aux bûchers, aux excommunications. [L'excès de connaissances est en soi une perversion. La valeur morale de l'homme dépend bien plus de sa volonté de faire le bien que de l'étendue de son savoir. L'on peut...
L'homme respecte rarement la loi parce que sa raison morale lui commande de le faire. Ce n'est pas le souci de gêner autrui qui interdit à l'automobiliste de se garer devant une porte de garage, mais bien la crainte d'une sanction matérielle (l'amende). Il en ira de même pour des délits autrement plus graves. [Les sanctions n'ont jamais empêché...
Autrement dit, l'homme ne peut que penser la vie. En effet, la métaphysique matérialiste d'Epicure va permettre de délivrer l'humanité d'une de ses plus grandes craintes : la crainte de la mort. Les hommes ont peur de la mort. Mais que redoutent-ils en elle ? C'est précisément le saut dans l'absolument inconnu. Ils ne savent pas ce qui les...
« Un homme sans passion serait un roi sans sujets » (Vauvenargues). Stendhal voit dans la passion l'énergie qui alimente nos décisions volontaires. La passion, c'est « l'effort qu'un homme qui a mis son bonheur dans telle chose est capable de faire pour y parvenir ». Et Descartes lui-même, qui voit dans la passion le signe de la dépendance de l'âme, en partie...
Mais la philosophie ainsi interprétée doit avouer son échec. Elle n'est pas un savoir déjà constitué, car les systèmes succèdent aux systèmes : on y dispute à l'infini sans jamais se convaincre. Elle n'est pas non plus un vrai pouvoir, car la sagesse ne donne pas le bonheur. Nous pouvons mépriser, comme les stoïciens, la misère, la maladie,...
Pour bien penser, il faut d'abord n'accepter aucune vérité sans la soumettre à un examen critique. Mais le doute de Descartes est provisoire et non sceptique, et, a pour but de trouver une certitude entière & irrécusable. On le sait cette certitude sera celle du cogito. On sait que les « Méditations » de Descartes commencent, elles aussi,...
La religion permet au croyant de sublimer la figure du père. La sublimation est un travestissement et un détournement de pulsions moralement inacceptables (et donc censurées) vers des activités socialement valorisées : arts, travail, effort intellectuel, religion, etc. La pulsion orientée vers le père, double désir inconscient de le supprimer et d'en prolonger la présence protectrice au-delà de...
« Règles pour la direction de l'esprit » (IV). La méthode garantit donc : La certitude (l'élimination de l'erreur) ; La facilité et l'économie d'efforts ; La fécondité et l'augmentation progressive des connaissances ; La sagesse, en ce sens que l'homme qui s'y soumet atteindra la connaissance de tout ce qu'on peut humainement savoir. La connaissance de nous-mêmes augmente notre...
Lacan symbolisera cette attente du sujet à lui-même en désignant l'inconscient comme l'instance de l'autre. Chaque individu est ainsi traversé par un ensemble de données qu'il ne contrôle pas, mais qui le constitue. La traditionnelle unité du moi autour de la conscience se trouve ruinée et la notion même d'identité est mise en doute : révolution assez radicale...
Or chaque fois que j'admets comme vraie une chose que je ne connais pas assez bien, je prends le risque de tenir pour vraie une chose fausse, puisque, ne la connaissant pas bien, j'ignore si en réalité elle est vraie ou fausse. Explication. Mais qu'est-ce que bien connaître ? C'est connaître distinctement. Ce mot, qui d'ordinaire s'emploie pour qualifier une...
Si l'État nie la notion de personne au nom de l'intérêt général, il multiplie les injustices; ces injustices qui caractérisent toutes les formes de totalitarisme. Favoriser l'intérêt privé est une injustice Le rôle de l'État est de veiller à maintenir une cohésion sociale, d'éviter qu'il y ait une trop grande disparité dans la répartition des richesses. Si l'État favorise les...
Dans un premier temps, Hobbes mous montre comment, dans l'état de nature où les hommes vivent dispersés et sans lois pour les gouverner, les inégalités physiques et intellectuelles sont réduites à rien : la mort constituant pour tous la grande peine, la possibilité donnée à chacun de tuer l'autre établit entre les hommes une égalité rigoureuse. Une fois...
Nous appelons les esprits à la convergence en annonçant la nouvelle scientifique, en transmettant du même coup une pensée et une expérience, liant la pensée à l'expérience dans une vérification: le monde scientifique est donc notre vérification. Au-dessus du sujet, au delà de l'objet immédiat la science moderne se fonde sur le projet. Dans la pensée scientifique la...
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