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Jean-François DORTIER (1956-) L'intelligence animale Alex a eu 25 ans en l'an 2000.

Anthologie

Aperçu du corrigé : Jean-François DORTIER (1956-) L'intelligence animale Alex a eu 25 ans en l'an 2000.



Publié le : 21/10/2016 -Format: Document en format HTML protégé

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Jean-François DORTIER (1956-)
L'intelligence animale
Alex a eu 25 ans en l'an 2000.
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Jean-François DORTIER (1956-) L'intelligence animale Alex a eu 25 ans en l'an 2000.



Jean-François DORTIER (1956-)
L'intelligence animale
Alex a eu 25 ans en l'an 2000. Il vit et travaille à l'Université de Tucson, en Arizona. Alex est un étudiant d'un genre particulier. Ce n'est pas un humain, mais un perroquet ; un perroquet gris (Psittacus erithatus). Les perroquets gris vivent, généralement, dans la forêt d'Afrique équatoriale. Mais Alex, lui, travaille dans un laboratoire de recherche avec la psychologue Irene Pepperberg, qui étudie les capacités cognitives des oiseaux.
On sait que les perroquets imitent la voix humaine. Mais peuvent-ils vraiment parler, c'est-à-dire utiliser des mots choisis pour répondre à des questions précises, sans que la réponse ne soit apprise par cœur ? Qu'on en juge. Voici un type de dialogue mené entre Irene (le chercheur) et Alex (le perroquet). Irene Pepperberg présente à Alex un plateau sur lequel est posée une dizaine d'objets de formes (cubes ou boules) et couleurs (rouges ou bleus) différentes.
Irene : Alex, voici ton plateau. Tu peux me dire combien il y a d'objets bleus ?
Alex : Objet.
Irene : C'est ça, objet… Combien d'objets bleus ?
Alex : Quatre.
Irene : C'est ça, tu veux cet objet ?
Alex : Veux une noix.
Irene : D'accord, voilà une noix (Alex mange sa noix).
Irene : Maintenant, tu peux me dire combien il y a de pelotes de laine verte ?
Alex : Siss.
Irene : Six, c'est bien !
Alex ne se contente donc pas d'imiter la voix humaine. Il parle vraiment. Alex a appris ainsi à reconnaître et à nommer 50 types d'objets différents : pierres, noix, clés, cubes, papier, etc., lorsqu'on les lui présente. Mais Alex sait aussi classer les objets selon leur forme, leur couleur, leur nombre. Ainsi, si on lui présente un plateau où sont déposés des cubes et des boules de différentes couleurs et qu'on lui demande combien il y a de cubes, Alex va les compter et donner la réponse : 2, 3, ou 5 (il peut compter jusqu'à 6). Alex donne en moyenne 80 % de réponses exactes. Si on place trois cubes verts et deux bleus sur le plateau, Alex est capable de répondre correctement à la question « combien y a-t-il de cubes bleus ? » C'est-à-dire qu'il catégorise (il classe les objets selon des catégories de formes, de couleurs). Lorsque, chaque soir, Irene quitte son laboratoire, elle le salue. Alex lui répond : « Bonsoir, je vais dîner. À demain. » Le cas Alex est troublant. Car ce petit perroquet remet en cause bien des idées reçues sur les capacités intellectuelles des animaux. Le perroquet ne se contente pas de parler avec des formules stéréotypées : il doit comprendre la question, observer, compter, puis formuler la bonne réponse. Bien sûr, Alex se trompe quelquefois ; il a aussi du mal à se concentrer longtemps. Et parfois, il interrompt la tâche pour demander une noix. Mais n'est-ce pas là la preuve qu'il n'est pas qu'une machine à répéter inlassablement la même formule, comme le sont généralement les perroquets ? Depuis les années 1980, de nombreuses recherches sur l'apprentissage, l'intelligence, la conscience, les intentions, le langage et la culture animale ont bouleversé nos conceptions sur les frontières qui séparent l'homme des autres animaux. La première remise en cause concerne l'aptitude à apprendre. Depuis un siècle, la psychologie a amplement démontré les aptitudes des animaux à l'apprentissage. Des chiens de Pavlov aux pigeons de Skinner (le père du béhaviorisme), en passant par les rats et les singes, ce sont d'ailleurs les animaux qui ont été les principaux sujets pour étudier les mécanismes de l'apprentissage. Mais curieusement, la philosophie n'avait tiré aucune leçon de ce constat. Le distinguo animal/humain continuait à reposer sur l'idée que les comportements animaux seraient guidés par les instincts, tandis que les comportements humains seraient acquis. Or l'éthologie a amplement montré que l'apprentissage fait partie des conduites nécessaires à l'animal dans le milieu naturel. Durant toute leur enfance, le lion apprend à chasser, le singe apprend à se nourrir de certaines plantes et à en éviter d'autres. Le loup doit apprendre les règles sociales au contact de ses congénères. La difficulté à réintroduire des animaux élevés en captivité dans leur milieu naturel montre que nombre de conduites animales ne sont pas instinctives. Élevés ensemble, chiens et chats deviennent les meilleurs amis du monde. Le léopard peut devenir un gros chat pacifique. Les oies cendrées élevées par Konrad Lorenz se sont plus attachées à leur maître qu'à leurs congénères.
000200000F4700001182F41,L'intelligence, elle non plus, n'est pas une caractéristique exclusivement humaine. Depuis les travaux de Wolfgang Kölher ou ceux de Edward L. Thorndike, on sait que les animaux sont capables de résoudre différents types de problèmes : les singes savent faire des puzzles, un poulpe peut trouver une façon d'ouvrir une boîte pour y saisir une proie, un corbeau découvrira comment attirer à lui un morceau de viande attaché au bout d'une ficelle en utilisant ses griffes et son bec, le chat comprendra vite comment ouvrir une porte en sautant sur la poignée… Récemment, les spécialistes de la cognition animale ont montré que nombre d'espèces d'oiseaux ou de mammifères ont des capacités à catégoriser et à compter des objets, comme le montrent les expériences avec le perroquet Alex. Depuis que Gordon Gallup a démontré l'existence d'une conscience de soi chez les chimpanzés (qui peuvent se reconnaître dans un miroir), des expériences similaires ont été réalisées avec les dauphins et les orques. On admet aujourd'hui que les mammifères supérieurs possèdent des formes de représentations mentales, qu'ils font des rêves imagés, qu'ils possèdent une intelligence stratégique, voire machiavélique.
Un autre pas a été franchi avec les études sur le langage. Les expériences menées aux États-Unis avec les chimpanzés Washoe, Sarah ou Kanzi ont établi que les singes pouvaient manipuler correctement plus de 200 signes abstraits et les associer entre eux pour former des miniphrases. Certes, leur langage est limité, ils ne parviennent pas à former des phrases grammaticalement correctes, leur dialogue se limite à des demandes ou à des constats élémentaires (« Washoe veut poupée u, o ça pas bon o). Certes, ils ne parviennent pas à manipuler des concepts abstraits. Mais, même dans ce cadre limité, comment ne pas être troublé lorsque l'on voit Washoe montrer son ventre du doigt, puis demander à Roger Fouts : « Washoe veut un bébé. » Si les spécialistes en débattent aujourd'hui, c'est que la ligne de démarcation traditionnellement établie entre l'homme et les autres animaux n'est plus aussi claire.
La technique et la culture furent longtemps tenues pour une frontière infranchissable entre l'humain et l'animal. Dès les années 1960, des primatologues japonais avaient découvert comment une innovation technique (le lavage des patates douces par les macaques) s'était diffusée et transmise à un groupe à partir d'un individu. Au même moment, Jane Goodall avait observé les chimpanzés utiliser des bâtonnets pour « pêcher » les termites, ou des pierres pour casser des noix. Depuis, les recherches sur la « culture chimpanzé » se sont multipliées. En 1999, une étude comparative internationale révélait qu'il existe bien des traditions techniques différentes chez les chimpanzés. Alors que ceux d'Afrique de l'Ouest utilisent des outils pour casser des noix, ceux d'Afrique centrale ne savent pas le faire. Les chimpanzés de Guinée ne cassent qu'une espèce de noix, ceux du Sud-Ouest ivoirien ont appris à en briser six sortes différentes. Tous ne s'y prennent pas de la même manière. Au Liberia, les chimpanzés utilisent des percuteurs en pierre, leurs cousins de Côte-d'Ivoire des percuteurs en bois… Tout porte à croire que ces savoir-faire ont été inventés, puis transmis de génération en génération, et que l'instinct n'y est pour rien. Faut-il ou non parler de culture à propos de ces traditions techniques ? Les spécialistes ne sont pas tous d'accord sur ce point. Pour Frans De Waal, spécialiste mondialement connu, cela ne fait aucun doute. D'autres préfèrent parler de protoculture, ou tout simplement de traditions techniques. Une chose est sûre : plus personne n'oserait affirmer que les animaux ne disposent pas de techniques, de tradition, de savoir-faire acquis. Il faut plusieurs années pour qu'un singe acquière l'aptitude à bien casser ses noix. On ne naît pas singe : on le devient.
00020000007A000020C375,« Le bien-être animal », Jean-François Dortier, Sciences Humaines hors-série n° 34, septembre-octobre-décembre 2001.


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