LE SITE D'AIDE A LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

banniere

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits
<< En conséquence, les fonctionnaires mâles avai ... pas ! Napoléon, ça sera toujours Napoléon ! - ... >>


Partager

perspicacité maligne.

Anthologie

Aperçu du corrigé : perspicacité maligne.



Publié le : 15/12/2013 -Format: Document en format HTML protégé

perspicacité maligne.
Zoom

perspicacité maligne. Oui, oui, bien sûr, dit-elle en lui montrant ses dents crénelées, couvertes de mousse verte. Repéré, il
e lève, laisse un billet sur la table et s'expulse, oubliant son whisky.
49
ans les rues, fleuves nourriciers des isolés, mangeant des arachides rôties achetées à un semblable, un vieux Juif de
Salonique aux cheveux blancs ondulés et aux tendres yeux d'odalisque, il erre, parfois s'ar-rêtant devant les vitrines des
magasins de confection, puisant dans le cornet d'arachides dont les pellicules brunes tombent sur les revers du veston,
considérant les mannequins de cire aux belles couleurs, tous impeccables et heureux de vivre, sans cesse charmés,
soudain reprenant son errance et à mi-voix se parlant et parfois souriant, entrant dans des boutiques, en sortant avec des
objets qui lui tiendront compagnie dans sa chambre, qui seront des connaissances à regarder, à aimer.
Dans un magasin de jouets, il achète un petit skieur articulé et des billes en cornaline. Un faux nez de carton attire son
attention.
Il l'achète aussi, dit à la vendeuse que ça amusera son petit garçon. Aussitôt dehors, il sort le skieur du sac de papier, le
tient par le petit bras, le balance. On se promène ensemble. Une librairie. Il s'arrête, entre, achète le Mystère du
Perroquet, un roman policier sorti de la petite cervelle d'une grosse vieille Anglaise. Un magasin de fleurs. Il s'airête,
entre, commande trois douzaines de roses à livrer au George V, mais il n'ose pas dire son nom. Appartement trois cent
trente, c'est urgent, c'est pour un ami. Je t'aime, tu sais, murmure-t-il, sorti dans la rue. En somme, il a été bien reçu par
ce fleuriste. Il tape une fois dans ses mains. Allons, amusons-nous, murmure-t-il.
Tout seul dans la grande ville, il se promène, traîne son coeur dans les longues rues, se traîne, regarde ces deux officiers
qui passent gaiement, parlant fort, ayant le droit de parler fort. Pour s'en consoler et avoir une
950
compagnie, il achète une plaque de chocolat au lait. La plaque mangée, il reprend sa marche, seul de nouveau. L'oeil
vague, la bouche ailleurs, il va faiblement, les pieds glissants, fredonnant tout bas mais avec expression une chanson gaie,
pour remplir le vide. Il sort de sa poche le Mystère du Perroquet, lit tout en marchant, pour ne pas penser.
Une foule devant une église. Il s'arrête, met son livre sous son bras, regarde. Un tapis rouge sur les marches. Des
subalternes importants ordonnent la mise en place des plantes vertes. Maintenant le gros suisse de l'église apparaît avec
sa hallebarde. Un grand mariage va être célébré. Des autos de luxe.
Une dame bleu ciel tend sa main à un général ganté de blanc.
Humilié, il file, chantonnant pour exorciser, balançant son skieur.
Il tressaille, apercevant un agent de police à sa gauche, qui va du même pas que lui. Il sifflote faux pour lui montrer qu'il
n'a rien à se reprocher, il fait un petit sourire désintéressé, pas préoccupé, innocent. Je te déteste, lui dit-il en lui-même.
Lui demander d'un air honnête où est la Madeleine pour égarer les soupçons? Non, mieux vaut n'avoir pas de rapports
avec la police. Hâtant le pas, il change de trottoir. Je t'ai eu, murmure-t-il, et il reprend sa marche, raclant sa gorge à
coups réguliers, solitaire scandant ses pensées par des raclements de gorge.
La devanture d'un photographe. Il s'arrête pour voir des visages en état de douceur, sans la méchanceté de tous les jours.
Quand les gens posent pour une photographie, ils sourient, ils sont bons, leur âme est endimanchée. C'est agréable de les
regarder, on a le meilleur d'eux. Agréable, cet ouvrier en costume neuf, debout, un pied sur sa pointe, tenant un livre sur
un 951
guéridon. Assez. Il traverse, attiré par des arbres. Il s'assied sur un banc. Tous ces gens qui passent font un tas de choses
inutiles, vont chez le coiffeur ou au salon des arts ménagers. Mais le sauver, lui, s'il le leur demandait, le sauver en
acceptant de signer une pétition, jamais. Causer avec un coiffeur, oui, passer des heures à regarder des aspirateurs, oui,
sauver un homme, non. Toutes ces femmes qui passent en croyant qu'elles seront toujours vivantes, sur les trottoirs
mignonnettes allantes, des talons tapantes.
Un petit vieux vient s'asseoir sur le banc, dit bonjour. Tu me dis bonjour parce que tu ne sais pas qui je suis. Beau temps
aujourd'hui, dit le vieux, mais les pluies de la semaine passée ont été terribles pour ses rhumatismes. À son âge, avec ses
rhumatismes, puis l'estomac qui va pas, il peut plus faire du travail qualifié. C'est de lever les bras qui lui donne le vertige,
pourtant faut ça quand on est dans la peinture, plus possible de faire du plafond, aussitôt sur l'échelle, adjugé, c'est le
vertige, total, il fait plus que de la bricole. Et vous, ça serait quoi, votre profession? Violoniste, dit Solal. C'est un don de
nature, on l'a ou on l'a pas, dit le vieux. La conversation continue, devient amicale. Oui, ses amitiés seront toutes de
passage, désormais.
Un quart d'heure avec un inconnu, et puis fini. Tant pis, ramasser ces miettes, écouter le gâteux. Depuis plus d'un an il ne
parle qu'avec elle. Remarquez que le Français est individualiste, dit le vieux. Ça aussi, c'est de l'amitié. Le bonhomme sort
pour lui ce qu'il a de mieux dans sa petite tête, un mot de luxe, lu ou appris de quelque copain. Il l'exhibe, s'en délecte.
C'est bon d'avoir des mots au-dessus de sa classe. Tout ça, c'est la faute aux Juifs, conclut le vieux. Évidemment, ça ne
pouvait manquer. Pauvre innocent. Pickpocket à l'envers, il glisse en douce un billet de banque dans la poche du vieux qui
récite
952
ingénument les méfaits des Juifs. Il se lève, serre la main rugueuse, sourit aux yeux bleus et s'en va. Ce philosophe Sartre

qui écrit que l'homme est totalement libre, moralement responsable. Idée bourgeoise, idée de protégé, de préservé.
ues et rues. Soudain, deux autos fracassées, un agent de police dressant un constat, des badauds discutant de l'accident.
l écoute, il se mêle à la discussion, honteux de sa déchéance, mais c'est bon. Un groupe est anonyme, n'est pas un
individu qu'on devine et qui vous glace. Et puis, c'est du social. On en est, on appartient, on dit la sienne, on est d'accord
sur la cause de l'accident, on se sourit, on est des égaux, on fraternise, on dit du...


Signaler un abus

administration
Echange gratuit

Pour pouvoir consulter gratuitement ce document et

TOUCHER DES DROITS D'AUTEUR

Vous disposez de documents dont vous êtes l'auteur ?

monnaie-euro-00008Publiez-les et gagnez 1 euro à chaque consultation.
Le site devoir-de-philosophie.com vous offre le meilleur taux de reversement dans la monétisation de vos devoirs et autres rapports de stage.
Le site accepte tous les documents dans toutes les matières (philosophie, littérature, droit, histoire-géographie, psychologie, etc.).

N'hésitez pas à nous envoyer vos documents.

, nous vous prions tout simplement de faire don d'un document pour le site en cliquant sur le boutton ci-dessous :




Le corrigé du sujet "perspicacité maligne." a obtenu la note de : aucune note

Sujets connexes :
  • Aucun sujet trouvé

150000 corrigés de dissertation en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit