LE SITE D'AIDE A LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

banniere

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits
<< I La piste de la viande De chaque côté du f ... au milieu du groupe, magnifique, transfigurée ... >>


Partager

VIII La loi de la viande Le développement du louveteau fut rapide.

Anthologie

Aperçu du corrigé : VIII La loi de la viande Le développement du louveteau fut rapide.



Publié le : 30/10/2013 -Format: Document en format HTML protégé

VIII

La loi de la viande

Le développement du louveteau fut rapide.
Zoom

VIII

La loi de la viande

Le développement du louveteau fut rapide. Après deux jours de repos, il s'aventura à nouveau hors de la caverne. Il
rencontra dans cette sortie la jeune belette dont il avait, avec la louve, mangé la mère. Il la tua et la mangea. Il ne se
perdit pas cette fois et, par le même chemin, lorsqu'il se sentit fatigué, s'en revint à la tanière pour y dormir. Désormais,
chaque jour le vit dehors à rôder et élargir le cercle de ses courses.
Il commença à mesurer plus exactement le rapport de sa force et de sa faiblesse ; il connut quand il convenait d'être
hardi et quand il était utile d'être prudent. Il décida que la prudence devait être de règle générale sauf quand il était sûr
du succès, auquel cas il pouvait s'abandonner à ses impulsions combatives.
Il devenait un vrai démon, et sa fureur s'éveillait dès qu'il avait le malheur de tomber sur un ptarmigan. S'il
rencontrait un écureuil jacassant en l'air sur un sapin, il ne manquait pas de lui répondre à sa façon par une bordée
d'injures. La vue d'un oiseau-des-élans poussait sa colère au paroxysme, car il n'avait jamais oublié le coup de bec qu'un
de ces oiseaux lui avait appliqué sur le nez. Il se souvenait aussi du faucon et, dès qu'une ombre mouvante passait dans le
ciel, il courait se blottir sous le plus proche buisson.
Mais une époque arriva où ces divers épouvantails cessèrent de l'effrayer. Ce fut quand il sentit que lui-même était
pour eux un danger. Sans plus ramper et se traîner sur le sol, il prenait déjà l'allure oblique et furtive de sa mère, ce
glissement rapide et déconcertant à peine perceptible, presque immatériel.
Les poussins du ptarmigan et la jeune belette avaient été ses premiers meurtres, la première satisfaction de son désir
de chair vivante. Ce désir et l'instinct de tuer s'accrurent de jour en jour, et sa colère grandit contre l'écureuil dont le
bavardage volubile prévenait de son approche toutes les autres bêtes. Mais de même que les oiseaux s'envolent dans
l'air, les écureuils grimpent sur les arbres, et le louveteau ne pouvait rien contre eux que de tenter de les surprendre
lorsqu'ils se posaient sur le sol.
Le louveteau éprouvait pour sa mère un respect considérable. Elle était savante à capturer la viande et jamais elle ne
manquait de lui en apporter sa part. De plus, elle n'avait peur de rien. Il ne se rendait pas compte qu'elle avait plus appris
et en connaissait plus que lui, d'où sa plus grande bravoure, et ne voyait que la puissance supérieure qui était en elle. Elle
e forçait aussi à l'obéissance et, plus il prenait de l'âge, moins elle était patiente envers lui. Aux coups de nez et aux coups
e pattes avaient succédé de cuisantes morsures. Et, pour cela encore, il la respectait.
Une troisième famine revint qui fut particulièrement dure, et le louveteau connut à nouveau, cette fois avec une
onscience plus nette, l'aiguillon de la faim. La louve chassait sans discontinuer, quêtant partout un gibier qu'elle ne
rouvait pas, et souvent ne rentrait même pas dormir dans la caverne.
En mortelle angoisse le louveteau chassait comme elle, et lui non plus ne trouvait rien. Mais cette détresse
ontribuait à développer son esprit et il grandit en science et en sagesse. Il observa de plus près les habitudes de
'écureuil et s'appliqua à courir sur lui plus prestement pour s'en saisir. Il étudia les moeurs des souris des bois et s'exerça
creuser le sol avec ses griffes, afin de les tirer de leurs trous. L'ombre même du faucon ne le fit plus fuir sous les taillis.
ssis sur son derrière, en terrain découvert, il allait même, dans son désespoir jusqu'à provoquer l'oiseau redoutable qu'il
oyait planer dans le ciel. Car il savait que là-haut, dans le bleu, c'était de la viande qui flottait, de cette viande que
éclamaient si intensément ses entrailles. Mais le faucon dédaigneux refusait de venir livrer bataille au louveteau qui s'en
llait en gémissant de désappointement et de faim.
Un jour, la famine se termina. La louve apporta de la chair au logis. Une chair singulière et différente de la chair
outumière.
C'était un petit de lynx, de l'âge approximatif du louveteau mais un peu moins grand. Il était tout entier pour lui. La
ouve, il l'ignorait, avait déjà satisfait sa faim en dévorant tout le reste de la portée. Il ne savait pas non plus tout ce qu'il y
vait de désespéré dans cet acte. La seule chose qui l'intéressait était la satisfaction de son estomac, et chaque bouchée
u petit lynx qu'il avalait augmentait son contentement.

Un estomac plein incite au repos et le louveteau, étendu dans la caverne, s'endormit contre sa mère. Un grondement
de la louve, tel qu'il n'en avait encore ouï de semblable, le réveilla en sursaut. Jamais peut-être, dans sa vie, elle n'en avait
poussé d'aussi terrible. Car elle savait bien, elle, que l'on ne dépouille pas impunément une tanière de lynx. La mère-lynx
arrivait. Le louveteau la vit, dans la pleine lumière de l'après-midi, accroupie à l'entrée de la caverne.
À cette vue, sa fourrure se souleva puis retomba le long de son échine. Point n'était ici besoin d'instinct ni de
raisonnement. Commencé en sourd grognement, puis s'enflant tout à coup en un horrifique hurlement, le cri de rage de
l'intruse disait claire...


Signaler un abus

administration
Echange gratuit

Pour pouvoir consulter gratuitement ce document et

TOUCHER DES DROITS D'AUTEUR

Vous disposez de documents dont vous êtes l'auteur ?

monnaie-euro-00008Publiez-les et gagnez 1 euro à chaque consultation.
Le site devoir-de-philosophie.com vous offre le meilleur taux de reversement dans la monétisation de vos devoirs et autres rapports de stage.
Le site accepte tous les documents dans toutes les matières (philosophie, littérature, droit, histoire-géographie, psychologie, etc.).

N'hésitez pas à nous envoyer vos documents.

, nous vous prions tout simplement de faire don d'un document pour le site en cliquant sur le boutton ci-dessous :




Le corrigé du sujet "VIII La loi de la viande Le développement du louveteau fut rapide." a obtenu la note de : aucune note

150000 corrigés de dissertation en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit