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XII Plus tard, quand la flotte fut partie et que l'opinion mondiale connut à la fois son départ et les circonstances de la mort du consul, il n'y eut pas une voix pour l'approuver ou le comprendre.

Anthologie

Aperçu du corrigé : XII Plus tard, quand la flotte fut partie et que l'opinion mondiale connut à la fois son départ et les circonstances de la mort du consul, il n'y eut pas une voix pour l'approuver ou le comprendre.



Publié le : 30/10/2013 -Format: Document en format HTML protégé

XII
Plus tard, quand la flotte fut partie et que l'opinion mondiale connut à la fois son départ et les circonstances de la mort du
consul, il n'y eut pas une voix pour l'approuver ou le comprendre.
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XII
Plus tard, quand la flotte fut partie et que l'opinion mondiale connut à la fois son départ et les circonstances de la mort du
consul, il n'y eut pas une voix pour l'approuver ou le comprendre. Sans égard pour le petit homme dont il ne restait qu'une
flaque de sang au bord du Gange, après le piétinement de la foule sur son corps, on parlait de « la ridicule équipée du
consul Himmans «. Le mot de tragique, qui aurait mieux convenu, ne passait pas la gorge de ceux qui menaient alors le
ban. Tragique était la flotte, tragiques ses passagers, mais ridicule était le consul. Le seul éditorialiste à approcher de la
vérité le fit sur le ton de l'humour triste. Il intitula son article : « La dernière des canonnières ou la fin d'une politique «.
Citant les principales interventions armées de l'Occident chez les peuples jadis inférieurs, il en mesurait l'affaiblissement
progressif jusqu'à cet unique coup de fusil symbolique que tira le petit consul au nom d'une supériorité perdue.
Tout au moins dans ses formes extérieures, « l'équipée « du petit consul fut une sorte d'épure a posteriori, une somme
dépouillée, synthèse et conclusion, quelque chose d'aussi pur et parfait que le dernier tableau d'un peintre trop célèbre, qui
trace une simple ligne, ou un point, sur la toile en déclarant que c'est là son oeuvre maîtresse. Le petit consul n'appréciait
pas la pose. Il ne se cherchait pas de références ni de modèles, il ne se sentait pas l'âme épique ni le goût du théâtre et
cependant, sa mort fut du très beau théâtre. Son armée, par exemple, réduite à un seul homme, le sikh fidèle, n'était qu'une
armée symbolique de théâtre, figurant miteux et famélique traversant la scène d'un pas malhabile en tenant bêtement une
pancarte où le public pouvait lire : « Armée de M. le consul d'Occident. « Encore faut-il remarquer que l'armée du consul
respectait les vieilles traditions qui cimentèrent la grandeur et la puissance de l'Occident hors de ses murs : c'était une
armée indigène, conditionnée à marcher contre l'indigène comme le chien de l'homme blanc aboie aux talons de l'homme
noir. Que cette armée d'âme mercenaire, qui tint de vastes empires, à travers le monde, au service des dominateurs
d'Occident, fût réduite à un seul homme, voilà qui la rendait plus significative encore. Le petit consul se présenta donc seul
et maigrichon dans son short à l'anglaise et sa chemisette flottant sur une poitrine grise et creuse, suivi d'un seul soldat,
face à un million de sauvages gesticulant. Non qu'il y eût, dans cette foule déjà décrite, un seul être qui fût sauvage et
gesticulât de façon primitive, mais simplement parce que, dans toutes les belles histoires de conquérants occidentaux,
depuis Cortés et Pizarre jusqu'à l'homme à la vareuse rouge, l'homme blanc s'avance seul, ou presque, et fait fuir, par sa
seule présence, la horde déchaînée qui le menace. Il y a beau temps que le charme ne jouait plus. Le petit consul ressembla
tout à fait à un prestidigitateur vieux et fatigué qui sait qu'il va rater son tour et le rate, mais l'a quand même tenté,
publiquement, non pas pour l'honneur ou quoi que ce soit de ce genre, mais parce qu'un prestidigitateur raté se doit à luimême une fin logique, même ridicule, et qu'un Occidental raté se doit aussi une fin grotesque, face au public qui
l'applaudissait naguère. Car le grotesque est la seule issue raisonnable lorsque la grandeur n'est plus reconnue de tous. Et
qu'importe ! Les bouffons étaient plus intelligents que les rois. Dans ce monde de nouveaux rois sombres, le Blanc sera le
bouffon, voilà tout.
Fit son entrée sur les quais du port, en plein midi, le petit consul d'Occident à la tête de son armée. Dire que l'armée faisait
preuve d'un moral désastreux serait au-dessous de la vérité. L'armée se décomposait. Son vieux fusil tremblait au rythme
de sa peur. Mais s'abstenant de réfléchir et plaçant ses pas d'automate dans les pas de son général aux genoux de cadavre,
elle produisit encore un effet de surprise suffisant - tête haute selon les règlements du drill belge à l'anglaise, oeil vide :
surtout ne pas regarder ! - pour que la foule lui ouvrît le passage. La foule rissolait au soleil et le consul renifla. Puis il tira
e sa poche un large mouchoir blanc et se le noua autour de la bouche et du nez, à la façon des légionnaires de Bugeaud.
Sans doute ce geste de répulsion instinctive, c'est-à-dire ni raisonnée ni voulue, fut-il considéré comme hostile par ceux des
premiers rangs de la foule qui le virent, le comprirent ainsi et le racontèrent aussitôt aux seconds rangs, qui le traduisirent
aux suivants, jusqu'au plus profond de la mêlée d'où s'éleva bientôt une clameur de mort. L'armée serra les rangs, c'est-àdire que le sikh serra les fesses et sentit une sueur froid...


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