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L'ÂGE DES LABYRINTHES

Beaux-arts

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Publié le : 3/12/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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L'ÂGE DES LABYRINTHES
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L\'ÂGE DES LABYRINTHES

« Eh bien, nous y voilà » : sous les yeux des visiteurs, en ce début de juillet, s\'étend - au cœur du Centre Georges-Pompidou - une longue promenade en forme de point d\'interrogation. L\'architecte et designer italien Gaetano Pesce (né en 1939) n\'est pas mécontent de l\'effet. L\'exposition « le Temps des questions », dans laquelle il retrace plus de trente ans de travail sur la ville, les bâtiments, les meubles et les objets, s\'ouvre en son lieu, à son heure. Coloris pimpants ou criards, formes fantaisistes, caoutchouc, bois, résine, polyuréthane et autres jerseys synthétiques... Dans le temple du rêve moderne flotte, à sa demande, une odeur de minestrone vaporisée sur deux étages. « J\'avais même prévu que chaque visiteur reçoive à la fin de son parcours une glace à l\'eau, elle aussi de forme interrogative, afin de procurer à chacun le plaisir de lécher, de sucer et de consommer la question. Malheureusement, le budget... »

D\'un geste joyeux, l\'Italien désigne alors le Centre - quelque peu malmené par le temps -, l\'afflux de visiteurs et le fléchissement des enthousiasmes. Avant d\'appareiller pour quatre ans de travaux, assortis d\'une importante redéfinition de son identité, le navire Beaubourg affichait un mélange de bonne humeur et de désillusion. « Notre époque n\'est plus celle des points d\'exclamation, ajoute Pesce, mais plutôt celle des points d\'interrogation. En d\'autres termes, nous ne vivons plus le temps des réponses, mais celui des questions. Nous sortons, en effet, d\'un moment historique - qu\'on le nomme internationaliste, pragmatique ou fonctionnaliste - où, dans le déclin des dernières décennies, les besoins imposés par la réalité étaient tellement définis que l\'attitude la plus commune consistait à leur fournir des réponses toutes faites. La perte de stabilité nous contraint au mouvement. »

UNE FIN DE SIÈCLE FIGÉE ?

A ce doute, Gaetano Pesce réagit donc avec optimisme et astuce. Il escamote les facilités du retour en arrière. Mais tous ne résistent pas aussi bien que lui à la tentation de flatter ce « marché de la nostalgie », dont Bernard Cathe-lat - directeur du Centre de communication avancée (CCA) - décrit, comme d\'autres sociologues, les contours.

Engouement des plus jeunes pour les variétés des années soixante et soixante-dix, retour du vinyle et du fluo, emprise toujours croissante de la musique ancienne, des mises en scène ou des ballets reconstitués « à la manière de... ». « Les techniques de diffusion de la télévision évoluent, ajoute l\'ancien gourou des socio-styles dans un entretien publié dans le Monde (14-15 juillet 1996), mais ce que l\'on voit le plus ce sont des rediffusions. Quant aux CD-ROM, ils permettent surtout de visiter des musées !» Il est vrai que le record en la matière reste détenu, pour l’année 1996, par les explorations virtuelles du Louvre et du musée d\'Orsay, vedettes de l\'engouement tardif des Français pour le multimédia. De même, la bande dessinée s\'est enfin refait une santé -mais grâce au tir groupé des grands anciens : Astérix (la Galère d\'Obélix), Blake et Mortimer ((\'Affaire Francis Blake), Lucky Luke (le Klon-diké), Alix (Ô Alexandrie), bientôt suivis par Gaston Lagaffe (Gaffe à Lagaffe !) et Achille Talon (le Musée).

L’an 1996 serait-il l\'an I du surplace, avant clôture pour cause de fin de siècle ? Le verdict rendu par une vingtaine de critiques internationaux, chargés d\'établir pour l\'Hebdo de Lausanne (mai 1996) la liste des plus grands écrivains vivants, ne brille pas par sa nouveauté : Gabriel Garcia Marquez, Milan Kundera et Umberto Eco se trouvent aux trois premières places. Sans doute aurait-on obtenu le même résultat en 1986...

En plaçant le héros de son Ile du jour d’avant sur un navire désert, par 180° de longitude - ligne du changement de date universel -, au cœur d\'un xviie siècle traité comme une « encyclomédia », Eco ne s\'amuse qu\'à demi. Nous vivons « l\'histoire tout à fait onaniste d\'un homme seul qui jouerait sur la mémoire et l\'imagination ». Le verdict est valable pour le narrateur de l\'Organisation, roman où Jean Rolin (prix Médicis) sublime avec humour et beau style son expérience des gauchismes révolutionnaires d\'après-68. Même constat, sur un registre plus visionnaire, dans le Port intérieur, d\'Antoine Volodine. Ecœuré et fasciné par la dérive de ceux qui crurent au terrorisme, l\'écrivain campe son personnage, Breughel, à Macao, en marge d\'une Chine absurde. Laissé pour compte de l\'insurrection mondiale, Breughel, pour qui le Parti n\'est plus qu\'un paradis perdu, voit un éléphant mourir dans les barbelés d\'un poste de contrôle, tandis que la foule indifférente se presse d\'une chicane l\'autre - avant que la plupart soient refoulés. On ne passe plus. Les vieux éléphants, désormais invisibles^ hantent une fin de siècle qui les évite. A ces constats mitigés - mais inventifs -, on peut certes opposer la puissance de best-sellers au contenu forcément optimiste.

Côté cinéma, 1996 a vu le triomphe mondial d\'Independence Day (plus de 5 millions d\'entrées en France), dernier-né des films à effets spéciaux hollywoodiens, qui ressemble déjà pourtant à son futur remake. La trame en est simple : le monde va succomber à la menace venue d\'ailleurs (image de la crise sans visage et sans nom), mais le sportif président des Etats-Unis sauve athlétiquement la mise (symbole du Nouveau Monde où le meilleur a toujours ses chances de gagner). Le thème, récurrent, ne surprend guère, pas plus que l\'inévitable happy end infligé au Bossu de Notre-Dame par Walt Disney. Là encore, la qualité technique et le réemploi de bonnes vieilles recettes s\'inscrivent dans la tradition. On remarquera simplement que ces succès internationaux sont talonnés par Mission : impossible, exemple type de la brillante reprise d’une série ancienne, bien rodée, et par Seven. Ce dernier film, efficace et violent, repose d\'ailleurs sur la transposition dans le monde du polar d\'une symbolique vénérable : celle des sept péchés capitaux.

Quelques productions nationales concurrencent toutefois ces poids lourds sur le territoire français . Comédies « à la française », les Trois Frères - premier film des Inconnus - et Le bonheur est dans le pré d\'Etienne Chatiliez, tous deux sortis en décembre 1995, ont également franchi la barre des 5 millions d\'entrées. Sans être, bien sûr, avant-gardistes, ils offrent l\'un comme l\'autre des conclusions grinçantes, assez éloignées des habituelles pirouettes grâce auxquelles le Français débrouillard s\'en tirait jadis. Finie l\'époque du « Nous n\'avons pas de pétrole, mais nous avons des idées ». Les Français ont beaucoup ri, et ils se sont peut-être
Ô ALEXANDRIE
reconnus dans ces trajectoires qui tournent court. Au bout du compte, les personnages, ici, reviennent à la case départ. Il n\'y a ni mobilité sociale ni réussite. Une société suspendue, à laquelle Beaumarchais, l\'innocent (Edouard
Jean Rolin, écrivain et baroudeur, lauréat du prix Médicis pour l \'Organisation.
Molinaro, 2 millions d\'entrées) et Ridicule (Patrice Leconte, 1 million d’entrées) tendent - sans zèle révolutionnaire, il est vrai - le miroir de l\'Ancien Régime sur son déclin.

Le contraste avec l\'inattendue fortune du film Microcosmos des entomologistes Marie Pérennou et Claude Nuridsany n’est qu’apparent. Certains critiques ont vu dans cette fresque documentaire un éloge de la « bulle » écologique, véritable euphorie à la Bernardin de Saint-Pierre. Mais sont-ils bien sûrs que le bonheur se trouve dans ce pré-là, parmi les fourmis, coccinelles, araignées et pucerons somptueusement filmés ? Cette « journée symbolique » dans l\'immensité minuscule montre au contraire, selon les réalisateurs, « des êtres vivants confrontés comme toutes les espèces aux handicaps, aux difficultés du destin, et qui cherchent simplement à se faire leur place au



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