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   On répondra que l'État, représentant du salut public ou de l'intérêt commun de tous, ne retranche une partie de la liberté de chacun que pour lui en assurer tout le reste. Mais ce reste, c'est la sécurité, si vous voulez, ce n'est jamais la liberté. La liberté est indivisible : on ne peut en retrancher une partie sans la tuer tout entière. Cette petite partie que vous retranchez, c'est l'essence même de ma liberté, c'est le tout. Par un mouvement naturel, nécessaire et irrésistible, toute ma liberté se concentre précisément dans la partie, si petite qu'elle soit, que vous en retranchez. C'est l'histoire de la femme de Barbe-Bleue, qui eut tout un palais à sa disposition avec la liberté pleine et entière de pénétrer partout, de voir et de toucher tout, excepté une mauvaise petite chambre, que la volonté souveraine de son terrible mari lui avait défendu d'ouvrir sous peine de mort. Eh bien, se détournant de toutes les magnificences du palais, son âme se concentra tout entière sur cette mauvaise petite chambre ; elle l'ouvrit, et elle eut raison de l'ouvrir, car ce fut un acte nécessaire de sa liberté, tandis que la défense d'y entrer était une violation flagrante de cette même liberté. C'est encore l'histoire du péché d'Adam et d'Ève : la défense de goûter du Fruit de l'arbre de la science, sans autre raison que telle était la volonté du Seigneur, était de la part du Bon Dieu un acte d'affreux despotisme ; et si nos premiers parents avaient obéi, toute la race humaine resterait plongée dans le plus humiliant esclavage. Leur désobéissance au contraire nous a émancipés et sauvés. Ce fut, mythiquement parlant, le premier acte de l'humaine liberté. BAKOUNINE

Ce texte est extrait du troisième point (antithéologisme) qui relève d’une Proposition motivée au comité central de la ligue de la paix et de la liberté par Bakounine. Fidèle au mouvement anarchiste dont il est l’un des pères fondateurs, Bakounine entend produire ici une critique de l’Etat au non de la liberté de l’individu. La pierre centrale de l’édifice est l’individu face à l’Etat qui le phagocyte. Dans le premier point, Bakounine a évoqué le fédéralisme et dans le second le socialisme. Ainsi le premier point est une défense du « salutaire principe du Fédéralisme, — principe dont les derniers événements dans les États-Unis de l'Amérique du Nord nous ont donné d'ailleurs une démonstration triomphante ». Ce sera le modèle d’Etat qu’entend défendre la ligue. Le second point se fait l’apologie du socialisme : « La seconde question pour le peuple est celle de loisir après le travail, condition sine qua non de l'humanité ; mais pain et loisir ne peuvent jamais être pour lui obtenus que par une transformation radicale de l'organisation actuelle de la société, ce qui explique pourquoi la Révolution poussée par une conséquence logique de son propre principe, a donné naissance au socialisme ». Enfin le point qui nous intéresse cristallise sur une critique virulente de la religion : « Après avoir exposé nos idées sur le Fédéralisme et le Socialisme, nous croyons devoir, messieurs, vous entretenir d'une troisième question, que nous croyons indissolublement liée aux deux premières, c'est-à-dire sur la question religieuse ». Et c’est au cours de ce débat avec la religion et sa composition avec les institutions politiques que se pose la question du rapport de l’Etat et de la liberté. Ainsi l’Etat est-il un oppresseur et c’est bien ce que montre la première partie de ce texte (du début jusqu’à « Par un mouvement naturel, nécessaire et irrésistible, toute ma liberté se concentre précisément dans la partie, si petite qu'elle soit, que vous en retranchez ») et cette démonstration sera illustrée longuement par un exemple (de « C'est l'histoire de la femme de Barbe-Bleue » à « la défense d'y entrer était une violation flagrante de cette même liberté ») ce qui permet alors à Bakounine de redéfinir la liberté tout en retournant l’idée d’une chute originaire, donc d’une catastrophe pour l’humanité, en en faisant l’acte de naissance de la liberté humaine (de « C'est encore l'histoire du péché d'Adam et d'Ève » à la fin). C’est suivant ces trois moments logiques que nous entendons rendre compte du texte.

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