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Sociologie des Institutions

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Publié le : 5/12/2016 -Format: Document en format HTML protégé

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Sociologie des Institutions
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Sociologie des institutions

27. 09. 13.

Lectures pour bien commencer dans la matière:
La sociologie de Patrick Champagne ? permet d'avoir un bon bagage pour appréhender la sociologie
Pierre Bourdieu de Patrick Champagne

Chapitre 1 : La sociologie des institutions, un programme de recherche.

Introduction :

Ce que l'on met généralement sous le terme d'institution est résumé par un politiste : Jacques Lagroye. Ce politiste on va en parler très souvent pcq il a consacré une grande partie de sa vie à faire des recherches sur les institutions. Prof de la Sorbonne, a publié bcp de thèses qui sont devenues des références. Mort en 2009. Dans un de ses livres de 2006 dans lesquels étudiait l'église catholique en tant qu'institution « l'emploi du terme institution n'est pas anodin, dans le langage courant ? » (à récupérer dans la fiche de td) =dans La vérité dans l'église catholique.

L'objet du cours ça va être de comprendre une démarche, une perspective, un point de vue sur les enquêtes que font les sociologues, les politistes ou historiens.

Les institutions sont diverses, vastes: le mariage, la religion, un parti politique, la prison, le voile etc par exemple.

Place qu'occupe la sociologie au sein de la science politique / comment elle s'est insérée dans la matière :

L'intérêt de ce cours de sociologie dans la filière rencontre les intérêts immédiats des étudiants = avoir un diplôme, une mention, comprendre les fichiers... Quand ils arrivent en science politique les étudiants comprennent qu'on leur demande de citer des auteurs, des concepts, de formuler des problèmes etc. Cela a d'autant plus d'importance que nous venons de filières éloignées de la matière.
Cela aide aussi à décrypter certains manuels. Il y a un Manuel de science politique de Jacques Largroye d'ailleurs.

Ici on va faire un peu l'histoire de la discipline pour savoir comment la sociologie s'est introduite dans la science politique, car n'a pas toujours été le cas.

La science politique est née à la fin 19ème siècle, elle a été pour un long moment au service de l'activité politique et administrative. Elle doit servir les élus/les élites en les aidant à mieux gouverner, elle participe à les former, c'est pour cela qu'elle a été créée à l'origine. Cette fonction existe toujours. Il existe des instituts politiques notamment Science politique Paris dont la fonction est toujours celle-là. On trouve aussi dans les IP (institutions politiques) des gens qui produisent des éléments essentiels tels que des sondages ou des résultats électoraux. C'est un savoir qui vise à servir les acteurs politiques, qui répond aux questions qui les intéressent.

C'est un savoir qui se vend très bien, notamment car il sert le pouvoir, il y a une proximité entre la science politique et le pouvoir. Il y a de grands éditorialistes ou hommes politiques qui ont fait science politique. Il y a un autre pôle que l'on pourrait appeler le pôle scientifique qui existe aussi à Science politique Paris qui a développé la recherche.

Une partie de la science politique s'est autonomisée, a ses propres lois. On va produire des savoirs gratuits, des savoirs pour la science.
L'idée n'est plus désormais de faire une science pour la politique mais une science sur la politique.

L'idée de pôles
du pouvoir
de la science
résume bien les choses. On est plus ou moins loin ou prêt de l'autre plutôt que d'y être attaché exclusivement. Il ne s'agit pas de disqualifier l'un ou l'autre car les deux ont leur utilité.
Exemple : il y a des gens qui vont faire l'histoire de la participation politique, le vote, l'abstention etc. Pour ces chercheurs qui ont progressivement essayé de se distinguer, la sociologie mais aussi l'histoire ont constitué une ressource importante.

A partir des 70s-80s, la science politique a connu en France un tournant sociologique, ce qui signifie que les méthodes de la sociologie ont été importées davantage en science politique, notamment l'enquête de terrain. On a également apporté en science politique davantage de concepts de sociologie notamment ceux de Bourdieu.

Les théories sociologiques on été utiles à la science politique pour plusieurs raisons, plusieurs théories, notamment deux raisons :

D'une part toutes ces disciplines de sciences sociales cherchent à décrire/définir le monde. Or décrire une situation, raconter un événement implique de faire des choix dans une réalité potentiellement infinie, peut amener à parler de multiples choses. Exemple pour définir la salle de cours : nos vêtements, d'autres s'intéresseront à l'occupation de l'espace, si il y a plus de filles ou garçons. On pourrait multiplier les points de vue.

Pendant des siècles ceux qui décrivaient l'histoire ne s'intéressaient qu'au roi, à leurs favoris etc. Depuis le 19ème siècle et encore plus au 20ème l'écriture de l'histoire est devenue beaucoup plus riche. Les historiens disent que leur questionnaire s'est allongé, ils posent de plus en plus de questions, voient de plus en plus de choses. L'intérêt des historiens s'est porté sur des choses qui auparavant étaient considérés comme importantes.

Exemple de cet allongement du questionnaire à propos de la 1GM car deux historiens très réputés s'y sont intéressé : Antoine Prost et Jay Winter dans Penser la grande guerre : un essai d'historiographie = ils se sont intéressés à la manière dont on avait écrit l'histoire de cette guerre. Ils se sont basés sur 50000 ouvrages, sur une bibliographie énorme pour leur essai.
Ils distinguent trois configurations historiques :
ce sont les nations,
les sociétés,
puis les gens qui se sont retrouvés au coeur de l'analyse des historiens.

Configurations :
première = militaire et diplomatique ; ce sont les acteurs même de la guerre dans un premier lieu qui vont raconter la guerre, qui a commencé, qui est responsable de cette guerre? On s'intéresse à l'histoire de la guerre vue d'en haut.
après la 2GM, on a une configuration sociale notamment liée à l'influence du Marxisme mais aussi au fait que le public de l'histoire c'est l'archive. Plus de gens s'intéressent à la guerre et du coup regard de l'historien va être plus global. On va s'intéresser aux soldats et aux civils en plus des états majors. Ces questions n'étaient pas là d'emblée, elles se sont posées au fil du temps.
culturelle et sociale ; histoire par en bas, on se base sur des cas particuliers, cmt a-t-on vécu la guerre, en tant que soldat? Comment on a fait le deuil? etc. Prost par exemple a travaillé avec des témoignages de soldats, ce qu'ils ont ressentit quand ils ont tué. On se pose des questions différentes sans que les questions posées avant ne soient disqualifiées.

Pour choisir un bon sujet de mémoire il faut savoir ce qui mérite d'être étudié et donc avoir une bonne culture sinon on ne saura pas bien choisir, bien savoir où il y a un problème. Ce cours a aussi cette fonction = donner les moyens de voir davantage de choses et de problématiser. Notre regard va changer, on va voir différentes choses.

Jacques Lagroye dit qu'il a décidé d'étudier l'église catholique sous la forme d'institution mais qu'aurait pu adopter un autre point de vue, aurait pu porter son attention sur autre chose, l'étudier comme organisation, l'étudier sur sa hiérarchie etc.

? Première raison justifiant l'utilité de la sociologie en science politique = observer des choses que l'on ne verrait pas sans elle.

D'autre part, la deuxième raison ; il ne s'agit pas seulement de décrire mais aussi de comprendre et expliquer ce que l'on décrit dans la matière. Pour cela, les sociologues, historiens, politistes vont produire des enquêtes, des documents sur leurs sujets d'étude etc. Pour les sociologues et politistes il va s'agir de faire des enquêtes de terrain, aller voir directement, cerner leur sujet d'étude. Ils ne travaillent pas seulement à travers de la presse ou la littérature comme peuvent le faire les historiens et produisent un point de vue à partir de ces connaissances = peut être intéressant mais ne permet pas d'aller très loin, limité. L'intérêt de l'enquête = donner des idées au plus prêt des sujets.
Exemple en science politique : si on décide de travailler sur les mobilisations étudiantes, on va faire une revue de presse et ensuite après avoir vu les déclarations des gens on va dire qu'on va choisir un terrain, par exemple aller au campus pour passer du temps avec les gens qui font les blocus pour savoir pourquoi et comment le font par exemple. Mais il y en a d'autres = ceux qui viennent pour sécher notamment. On vient pour savoir qui sont les gens en faite. Et après on déduit.
On sait par exemple que ceux qui se mobilisent le plus sont ceux issus de familles où l'on parle politique souvent. On voit si notre théorie marche ou pas et pourquoi.

Une théorie en sociologie n'est pas une pensée abstraite. On va nous donner un système de questions dans ce cours, pas un savoir préconçu.

Le concept d'institution renvoie à un certains nombre de problèmes, de questions des politistes au sujet de problèmes qu'ils étudient.

I) La sociologie comme « science des institutions ».

Ce sont Durkheim et Prost qui ont beaucoup contribué à parler de la sociologie comme « science des institutions ».

A) Quelques éléments d'histoire de la sociologie en France.

Ce que l'on appelle les sciences humaines s'affirment en France à partir des 60-70's où se développe la recherche universitaire sur le modèle allemand (on institutionnalise notamment des lieux voués à la recherche). C'est à peu près à cette période que les sciences humaines entament ainsi leur différenciation. Des disciplines sont créées, il y a des revues spécialisées, on se constitue des méthodes etc. Ces disciplines se professionnalisent et se séparent les unes des autres. C'est l'époque où est créée en 1871 l'école libre des sciences politiques, à l'initiative de Boutmy. Cette école s'intéresse à l'étude du présent, qui est plus complexe que celle du passé car celle du présent va surtout relever de l'art social, il faut des connaissances sur notre société pas pour la connaître mais pour la changer, la réformer, ou la gouverner. On va développer l'art de gouverner = école pour les élites qui discutent des problèmes afin d'y répondre.

Cependant premier mouvement de fondation de la sociologie en tant que science dans années 80-90 autour de plusieurs personnalités :
Worms,
Tarde,
qui disent faire de la science sociale. Cela dit ces figures qui ont été un peu oubliées, ne sont pas reconnues comme fondateurs de la sociologie en France car le « fondateur » est Durkheim. Guillemets car le fondateur lui-même est celui qui commence à souligner des points, D avait déjà des éléments de base.

D est né en 1858 et mort en 1917. C'est le 4ème enfant d'une famille juive traditionnelle dont le père est rabbin. Reçu à l'agrégation de philo en 1882, appartient au réseau républicain. Début années 1880 République pas bien installée, on se demande si on va revenir à monarchie. Donc c'était une vraie prise de position à l'époque, un vrai engagement. En 1887 D tient un cours de Sciences de l'éducation à la fac de Bordeaux.

D va publier successivement plusieurs livres,
1893, sa thèse = De la division du travail social
1895, Les règles de la méthode sociologique ; où il fonde la sociologie, son objet, sa méthode.
1897, Le suicide ; il applique sa méthode, donne un exemple de l'oeuvre de 1895.
1898, il créée L'année sociologique = la première revue sociologique, où il se dote d'une équipe et de collaborateurs pour tous ceux qui veulent faire de la sociologie une science

Son attention scientifique est reconnue car passe de Bordeaux à Paris (Sorbonne). En 1913, peu avant sa mort, le terme de sociologie est reconnu à la Sorbonne comme discipline qui peut être enseignée. Meurt en 1917 mais son projet de fonder la sociologie ne meurt pas avec lui car son travail est continué notamment par son neveu Marcel Mauss, et ses collaborateurs obtiennent des postes dans différentes universités françaises. Cependant la sociologie devient invisible mais son autonomie n'est pas encore acquise. Tous les sociologues sont des philosophes de formation, soutiennent une thèse de philo et ensuite se spécialisent en sociologie.

Il y a un mouvement de sociologie car, de plus, en 1958 sont créés un master et une licence en sociologie à l'initiative de Raymond Aron.

A) L'objet de la sociologie.

Dans son livre Les règles de la méthode sociologique D fonde la sociologie. Les faits qui la fondent sont ce qu'il appelle les « faits sociaux » qui se distinguent des faits organiques étudiés par la biologie, et ceux psychiques étudiés par la psychologie. Il est important pour lui de les distinguer car la psychologie est institutionnalisée juste avant la sociologie. Certains pensent que sociologie et psychologie sont les mêmes matières à l'époque.

Comment identifier ces faits sociaux ? Il tente de les définir de manière précise et définitive. Il dit que ce ne sont pas l'ensemble des évènements humains ayant une certaine généralité sinon serait trop immense.

Deux caractères :
Il dit que les faits sociaux « sont des manières d'agir de penser de sentir qui ont des caractères extérieurs à l'individu », c'est en ce sens qu'ils se distinguent des faits psychiques (= conscience individuelle).
Il dit également que « ces manières d'agir de penser et sentir sont douées d'une puissance impérative et coercitive en vertu de laquelle ils s'imposent à lui ». Pour D si les faits sociaux sont des faits collectifs c'est parce qu'il y a contrainte, parce qu'ils s'imposent aux individus.


1er aspect - Pr D l'extériorité de l'institution renvoie à plusieurs choses :
L'institution existe avant l'individu, il dit que « la majeure partie des institutions sociales nous sont légués ». Par ex : Le langage.
L'individu trouve l'institution en question déjà toute formée. Par ex : Le langage est déjà codifié.
L'institution existe au-delà de l'usage individuel qui peut en être fait, cad que la langue n'existe pas uniquement parce-que l'on en parle, par la parole, mais parce qu'il y a des livres, des dictionnaires qui définissent la langue, il y a des institutions, des gens payés pour la transmettre, l'utiliser. L'institution existe dans les choses, elle est réifiée, chosifiée.
Parce qu'elle est extérieure à l'individu elle fait l'objet d'un processus pédagogique visant à l'inculquer. Si elle était naturelle il n'y aurait pas besoin de l'éducation. Nous sommes éduqués à intérioriser ce qui est dans les choses, dans les livres par ex. On parle d'intériorisation de l'intériorité.

2ème aspect :
La puissance impérative et coercitive de l'institution, idée de contrainte : c'est la dimension contraignante ; le processus pédagogique en lui-même est une action contrainte « toute éducation consiste dans un effort continu d'imposer à l'enfant ... ». Toute pédagogie est une action contrainte.
Pour D, la contrainte sociale n'est pas la contrainte physique, c'est une contrainte morale qui « est due au prestige dont sont investies certaines représentations » ; représentation = l'idée, la valeur que l'on se fait de certaines choses. On a parfois tendance à penser que cette contrainte est légitime. Distinction entre contrainte morale et physique très importante. Exemple du port du voile.
Cette contrainte sociale n'est pas ressentie par ceux pour qui elle est devenue une seconde nature (exemple des professeurs de pensée, ne pensent plus à orthographier correctement).
Cependant cette contrainte se manifeste quand on y résiste aux institutions, notamment quand on peut être sanctionné si on transgresse les règles de l'institution. Ces sanctions sont souvent informelles (réprobation morale, des pratiques de commérages) mais il y en a aussi des officielles qui sont prévues, transcrites. La sanction peut venir de nous même.

Est-il si simple d'étudier les faits sociaux d'un point de vue scientifique ?
D dit qu'il y a un obstacle dans l'étude des faits sociaux = « les hommes n'ont pas attendu ... » = le premier obstacle principal à cette étude est qu'il existe déjà des représentations de ces faits sociaux, des représentations ordinaires, pré-scientifiques. Il dit que ces idées qui existaient avant la science on peut les appeler « pré-notions ».
Pré-notions : Représentations faites sans méthode et sans critique. D dit que le problème que cela (les pré-notions) pose aux sociologues est que c'est comme un « voile ... qui marche d'autant mieux qu'on le pense transparent » = comme on pense savoir on a tendance à se détourner des faits.

D pour essayer d'aller au-delà de l'impression de savoir il faut traiter les faits sociaux comme des choses, cad se mettre dans l'état d'esprit du physicien quand étudie quelque chose car les faits sociaux sont des choses, nous sommes les faits sociaux. Il faut que le sociologue se mette en disposition de dire qu'il va être déconcerté même en travaillant sur quelque chose de familier. La difficulté est de prendre des distances avec le sens commun, les moeurs, ce que l'on nous a inculqué.

D observe 3 facteurs qui expliquent cette difficulté de rompre avec les pré-notions:
Ces pré-notions, du fait de l'habitude, de la répétition, prennent de l'autorité, ce qui les rend indiscutables parce qu'à nos yeux cela va de soit. Les sociologues essaient de voir comment ces idées se sont imposées, comment rompre avec elles.
Il dit que si c'est difficile c'est parce que « le sentiment se met souvent de la partie ? »
Il considère que les différentes idées que l'on se fait d'une institution n'ont pas pour premier critère la vérité mais l'utilité, les pré-notions sont formées « par la pratique et pour elle » ; les pré-notions indiquent la marche à suivre dans la vie quotidienne.

Face à ces obstacles selon D : il faut adopter une certaine attitude mentale ; ce qui peut vouloir dire prendre conscience du fait que nos représentations premières sur un sujet ne sont peut être pas justes, il faut une posture de doute.
Si on veut vaincre nos idées premières il faut les prendre pour objet et non pas seulement comme idée qui peut être fausse ; « le sentiment est objet de science », on va se demander pourquoi les gens accordent tant d'importance à l'institution, qui sont les porteurs d'une telle représentation de l'institution, on identifie. On ne s'intéresse pas qu'aux usages de l'institution mais aux discours dessus.
Il faut suivre une certaine méthode selon D, il ne faut pas partir de l'idée que nous ou un penseur nous faisons de l'institution, il faut essayer d'avoir une base objective ? il faut partir des signes extérieurs de l'institution. Il dit qu'une étude de sociologie de la morale par exemple ne va pas partir d'une idée préconçue car chacun a sa version. Pour l'étudier on va donc voir les règles morales qui existent à un moment donné et s'imposent à l'individu. D justifie ainsi la définition qu'il avait du fait social et d'un point de vue scientifique. Les faits sociaux existent objectivement dans les choses. On peut se distancier grâce à une base objective solide.
On peut aussi distancier un fait social en mesurant, grâce aux statistiques aussi pour connaitre son importance (exemple : Le suicide, Durkheim). Là nous ne sommes plus dans la subjectivité, on peut compter donc savoir exactement qui fait quoi.

Cette objectivité des Institution est due au fait qu'il existe des règles de droit, les institutions s'inscrivent dans les choses, elles sont un objet.

A) Un exemple d'Institution : la prière.

Marcel Mauss, 1909, La prière.

Il est le neveu de Durkheim, relativement méconnu mais qui a une grande influence en France en ethnologie, sociologie, voir économie.

Il applique les règles, la démarche de Durkheim. Avant de commencer ses recherches, il va s'intéresser au discours qui existe sur la prière (les pré-notions). Notamment à deux types de discours «savant» sur la prière, cad à des personnes de haute fonction à qui on reconnait des qualités savantes :
les théologiens
les philosophes.
Il y a deux types de discours concurrent à qui Mauss doit se confronter.

Mauss observe que les théologiens ont développé de nombreuses théories sur la prière, ils ont cherché pourquoi ils priaient, pourquoi ils employaient telle ou telle prière en telle ou telle circonstance, ils ont été amenés à expliquer leur prière. Ce discours s'apparente à un discours scientifique (avec un discours, des sources), et tente de classer leurs prières.

Mais Mauss considère que ces discours n'ont rien de scientifique en raison de leur « croyance positive en la religion qu'ils pratiquent, et c'est cette croyance qui les pousse à l'étudier et la classer ». Les rites comme la prière seront interprétés selon le dogme de la religion actuelle. On ne la ramène pas au contexte de sa création mais à la vision actuelle. On reste donc à l'intérieur du discours religieux et on ne se donne pas les moyens de saisir les origines impures de telle ou telle prière, cad ne répondant pas à des intérêts strictement religieux et ne s'inscrivant pas strictement dans la religion en question (exemple : issue d'une autre religion).

De plus, pour Mauss il ne faut pas perdre de vue que la théologie à avant tout un but pratique, ils n'ont pas pour ambition de comprendre pour comprendre (savoir gratuit), pour le théologien il s'agit de comprendre pour mieux faire comprendre, enseigner la prière. Convaincre du bien fondé de telle ou telle prière en la rattachant à un Dieu, Prophète ou un Saint et éventuellement de dire quelle est l'efficacité de telle prière.
Pour MAUSS ce n'est pas une démarche scientifique, mais théologique, de religieux. Ces rationalisation sur la prière, ces discours nous renseignent davantage sur ce que pense les religieux sur la prière sur ce qu'elle est vraiment, donc ces discours sont pour lui des document, de la matière pour la recherche, des faits à étudier et non des vérités à reprendre telles quelle.

Le discours que tient l'Institution sur elle-même, ici la religion, ne doit pas être repris tel quel, ce discours est un matériau pour l'enquête, pour la recherche.

Ensuite, Mauss écoute les théories produites par les philosophes. Mauss dit que leur démarche est bien sur différente de celle des théologiens, car ils ont tenté une explication rationnelles de la prière, ont essayé d'en déterminer les causes humaines.
Il dit que pour les philosophes, il y a différentes formes de prières qui ne sont que la déclinaison de prédispositions qu'il y a chez l'homme. Si la prière découle d'un sentiment religieux présent chaque homme, les philosophes vont procéder à l'introspection, scruter leurs propres sentiments. Mauss dit que finalement ce qu'ils pensent étudier n'est pas la prière mais l'idée qu'ils s'en font. C'est la manière dont la prière est comprise par eux et autour d'eux qui devient la matière de leur étude.

Mauss pense la même chose que ce qu'il pense du discours théologien ? documents pour les sociologues. Reflet de la religiosité d'une couche sociale particulière.

Par ailleurs, la démarche que les philosophes utilisent n'est pas scientifique pour MAUSS, pour deux raisons :

Ils n'étudient que quelques faits qu'ils ont eux-même choisis, qu'ils utilisent comme preuves. Ils connaissent ces faits et font des exemples sur leur propre idée de ce qu'est la prière. Sans connaissance scientifique, on a des stéréotypes avec des exemples.

Les questions que traitent les philosophes ne sont pas celles qu'imposent les faits, mais celles que lui suggèrent ses préoccupations personnelles ou celles du public. Ce ne sont pas celles qui intéressent les scientifiques, mais celles qui intéressent le grand public ou les philosophes personnellement.

Mauss illustre sa critique en s'arrêtant sur deux livres écrits par des philosophes de son époque. Il montre que ces auteurs admettent comme préalable à la question la doctrine chrétienne, et définissent la prière telle qu'ils la connaissent, et la pratiquent.
Mauss dit que le problème que la forme de prière qu'ils pratiquent et telle qu'ils la définissent comme la prière, est une des formes les plus récente de prière. Pour Mauss, reconnaitre une seule forme de prière individuelle, revient à méconnaitre qu'il existe de nombreuses religions.

Ces discours philosophiques permettent de voir qu'il n'y a pas seulement l'Institution qui produit ce qu'elle est, il existe également d'au tres formes de discours sur l'Institution, émanant de ceux qui ont des intérêts par rapport à cette Institution, qui sont intéressés par elle. On pourrait penser que ces intérêts ne sont pas directement visibles, on n'est pas censés penser que ce discours est une prise de position sur ce qu'est l'Institution.

Ces discours pseudo savants constituent donc pour les sociologues des matériaux. Il s'agit d'un discours sur ce que ces « savants » pensent de la prière, de ce qu'est une bonne forme de prière. Pour Mauss ils partent d'un mauvais point de départ, et la prière devient un événement insaisissable, on est dans la subjectivité totale. Au mieux, on interroge des gens qui prient, et on fait des statistiques. Mauss conteste cette manière de faire, l'observation intérieure est incompétente, insatisfaisante pour la prière, car ses éléments son origine et sa nature nous est inconnue. Cette démarche est complètement fausse, trop subjective. Mauss prend l'exemple d'une formule religieuse simple utilisée quotidiennement par les fidèles et les prêtres, qui sont en fait le produit d'une histoire très longue et est infiniment complexe.

Il donne l'analyse de « In nomine patrice phili spiritus santi » ? attention, les formules qu'on emploie dans le cadre de nos prières, sont le fruit d'une très longue histoire, et pour qu'elles se cristallisent il faut qu'il y est un ensemble d'éléments qui se soient mis en place (une église, etc.), au fil des siècles. C'est le produit d'effort cumulé sur plusieurs siècles.

Mauss pense donc que la prière est un phénomène social. « La religion est système de notions et de pratiques collectives ayant trait aux êtres sacrés qu'elle reconnait ».

Mauss observe que même lorsque la prière est individuelle et libre (ce qui est le cas à la fin du 19ème), le fidèle ne prononce que des phrases consacrées, reconnues sacrées par l'Eglise à laquelle il appartient, et il ne parle que de choses consacrées par la société religieuse à laquelle il appartient. Ces choses consacrées, les formules qu'il faut dire et bien dire sont apprises, il y a un travail d'inculcation, et de discipline, de formalisation. Ces choses sont codifiées parfois et prescrites, et ceci pèse sur nos pratiques.

Mauss évoque également la forme de la prière : les circonstances, les moments, le lieu où les prières doivent être faites et les attitudes, sont également fixées. « La prière apparait comme une série de mots dont le sens est déterminé et qui sont rangés dans l'ordre rendu orthodoxes par le groupe [?] c'est avec les phrases rituels qu'on compose son discoures intérieur ».

Mauss rappelle qu'il y a des religions où la prière n'est dite que par le groupe ou l'autorité.
Exemple : en Inde, les bravanes sont les prieurs, et il est interdit à quiconque d'autre de prier. De même chez les hébreux, la prière individuelle n'est pas interdite, mais elle est de fait collective.

Mauss conclut qu'il existe des Institutions qui sont des faits sociaux, mais ces pratiques collectives sont individualisées, ou peuvent l'être. Cela n'empêche pas que l'individualisation, que la pratique collective se fasse sous contrainte de l'Institution, du collectif. Il y a des variations individuelles malgré la dimension collective.
De plus, une prière individuelle peut devenir collective, peut devenir une Institution.

Cette conclusion de MAUSS invite à s'interroger sur plusieurs éléments de l'Institution : sa genèse et son institutionnalisation. Cad le travail permanent, incessant par lequel l'Institution est inventée, construite, codifiée. Comment une pratique devient une Institution, comme est elle instituée, institutionnalisée ?
On peut également s'interroger sur la force de l'Institution. En effet, quand bien même il y a la possibilité d'un usage individuel de l'Institution, l'Institution n'en persévère pas moins dans ce qu'elle est, et peut aller parfois dans une très forte codification, formalisation, elle laisse peu de marge de man?uvre (emprise de l'Institution).

I) Un intérêt renouvelé pour les institutions dans la sociologie politique française.

Plusieurs courants des sciences sociales s'intéressent aujourd'hui aux Institutions. Par exemple, en économie. Ici, on va se focaliser sur le programme de sociologie des Institutions et également en science politique établit en France.

En science politique, l'approche sociologique des Institutions, a été une manière d'avoir un autre point de vue sur les Institutions politiques, que celui du droit constitutionnel. En effet, les constitutionnalistes ont été en quelque sorte, ceux qui se sont saisi professionnellement des Institutions, on attend d'eux qu'ils étudient les Institutions. Les politistes ont du prendre position par rapport à la discipline qui étudiait les Institutions.
Pendant longtemps la discipline de science politique, appartenait à la faculté de droit, donc elle était considérée comme très proche. Sur le fond, les juristes pensaient qu'il suffisait d'analyser la Constitution pour comprendre le fonctionnement d'un régime

Exemple : Maurice Hauriou « les Institutions naissent, vivent et meurent juridiquement. Elles naissent pas des opérations de fondation qui leur donne leur fondement juridique, elles vivent d'une vie à la fois subjective et objective grâce à des instruments juridiques, prévus et encadrés par le droit, les Institutions meurent par des opérations juridiques d'abrogation et de dissolution ».
Dans cette perspective, les Institutions se confondent avec le droit, c'est le droit qui réglemente leur existence, donc l'explique.

Au milieu des 80s, une approche proprement politiste (celui qui fait de la science politique) des Institutions va se développer et cette approche va adopter un point de vue critique par rapport à l'approche juridique.
Un ouvrage notamment a donné de la visibilité à cette approche, Jacques Lagroye et Bernard Lacroix, Le Président de la République. Usages et genèses d'une Institution. ? Proximité au droit, dans l'objet même de cette sociologie des Institutions (= le Président de la République).

Cette approche politiste est intéressante car elle relativise la force du droit. Ces politistes montrent que l'efficacité du droit dépend en fait de certaines conditions sociales et politiques. On va avoir un regard différent sur les choses, on ne considère plus que pour savoir ce qu'est le Président de la République, il suffit de prendre la Constitution.

Exemple : crise du 16 mai 1877, qui démontre que la Constitution ne s'impose aux acteurs que si son interprétation fait son l'unanimité. Tout début de la IIIème République, et on sort du 2nd Empire, deux lectures des prérogatives du Président de la République s'opposent :
On a d'une part une vision, lecture République, qui dit que le Président de la République, doit nommer un Président du Conseil (= 1er Ministre) en fonction de la majorité parlementaire. Cette lecture est à l'origine peu forte, peu d'influence, car les républicains sont minoritaires à la Chambre (=Assemblée). Cela dit la crise est provoquée par le fait que ce soient les républicains qui ont rapporté les élections, et sont majoritaires, ils souhaitent que la lecture qu'ils font de la Constitution soit respectée.
Mais il y a également la lecture faite par le Président de la République Mac Mahon, qui est un monarchiste convaincu, et qui refuse de nommer un Président du Conseil qui mènerait une politique différente de celle qu'il souhaite. Mac Mahon décide donc de dissoudre la Chambre et d'organiser de nouvelles élections. Il considère que la Président doit être celui qui décide pour le pays. Il y a donc ici, une divergence de conception du rôle présidentiel. En l'occurrence, ce n'est pas la force du droit Constitutionnel qui va décider l'issu de ce conflit, mais la force du nombre. Puisque les républicains gagnent à nouveau les élections réorganisées, ce qui fait que Mac Mahon est obligé de se soumettre.

Il y a donc des conditions à ce que la règle de droit s'applique, et il y a des lectures de ces règles de droit qui sont plurielles et différentes, et c'est la capacité d'une vision à imposer sa lecture qui va donner une bonne lecture. Il y a des conditions sociales à l'efficacité du droit.

Cette approche juridique considère les individus comme des variables secondaires dans leur analyse. A l'inverse les politistes vont redonner un statut d'acteur à ces individus. Les acteurs politiques ont une capacité (relative car il y a des règles à respecter) à jouer avec des règles de droit. Par exemple ils peuvent neutraliser une règle de droit, la contourner, voir la fabriquer, mais sans recourir au droit (usages et coutumes Constitutionnelles, qui ont force de droit).

Exemple : celui du renoncement au droit de dissolution à la suite de la crise du 16 mai 1877. Le premier Président républicain Jules Grevy, à peine élu, annonce qu'il ne se servira pas du droit de dissolution. Il considère en effet que ce droit est un résidu du statut de monarque. Grevy considère que ce droit de dissoudre est une arme aux mains des usurpateurs, ceux qui n'aiment par la République. Il va ainsi créer un usage, une coutume constitutionnelle, une tradition républicaine qui va persister sous la IIIème et IVème République. En débit des entreprises pour redonner une force au Président de la République, la tradition persiste.
On a donc neutralisé une règle qui existe. Et Grevy en a formé une nouvelle en dehors du droit écrit.

Loin d'opposer l'acteur et l'Institution la sociologie politique s'intéressera en fait à la manière dont l'un est l'autre se construisent.

J. Lagroye a observé à propos de l'Eglise catholique, le paradoxe de l'Institution = « corps objectivé de règles, de rapports de pouvoir, de savoir et de savoir-faire, inscrit de surcroit dans des lieux et des rites pour partie hérités du passé, donc tenus par des logiques sur lesquelles les individus ont d'autant moins de prise, qu'elles sont l'objet d'un travail incessant de légitimation mais sans que cette Institution est d'autre existence concrète que la multiplicité des pratiques auxquelles s'activent ceux qui par de leurs propres mouvements la font vivre ». Article « L'Institution en pratique ».

Ainsi l'acteur doit faire sien, un rôle Institutionnel, il va contribuer lui même à définir. La notion de rôle renvoie ici à l'ensemble des attentes de la position qu'on occupe, qui font exister cette position. Mais malgré tout, même s'il y a des choses auxquelles on est confronté, les comportements qu'on va adopter vont participer à faire l'Institution. On va occuper l'Institution d'une certaine manière (ex : Mac Mahon/Grevy).

Sociologie de l'Institution, Lagroye. Le programme de recherche de la sociologie des Institutions est donc le suivant : « étudier au cas par cas la rencontre dynamique entre l'objectivé (comprendre l'Institution) et les investissements dont il est l'objet ».

L'Institution est objectivée, elle est donc faite chose. Elle pèse donc sur l'action des individus.
Dans le cas de l'Eglise catholique, il existe des églises pour le lieu, des objets pour le culte, une liturgie pour le culte, des dogmes, des textes canonisés, des commentaires de ces textes, et tout cela objectivisation ou Institutionnalisation enlève une part de la subjectivité des individus de laquelle dispose les individus. On ne peut pas être catholique n'importe comment, on doit suivre ce qui est institué. Mais la contrainte imposée par l'Institution varie forcément en fonction de la position qu'on occupe dans l'Institution, nous ne sommes pas égaux face aux contraintes qu'impose l'Institution. Le simple pratiquant (pratique privée et domestique) a davantage de marge de man?uvre qu'un évêque ou le Pape, mais ceux-ci sont davantage rétribués.

Donc l'institué, nous dit Lagroye, est tout ce qui est susceptible d'assurer un minimum de cohérence dans les conduites démentes. Conception du mal et du bien, du juste et de l'injuste? Normalisation des pratiques et des représentations, qui pousse à abandonner le coté critique.

Lagroye observe que les variations qui émanent des gens qui ont de l'autorité vont devenir des nouvelles possibilités, les agents sociaux pourront suivre un modèle ou un autre. Donc l'institué peut changer, il n'est pas figé.

L'enjeu n'est donc pas de prendre l'Institution telle quelle, telle qu'elle est, ou se donne à voir, mais il faut s'intéresser aux processus de l'Institution, et aux capacités d'agir dont disposent les individus par rapport aux Institutions et à ces processus. En sociologie des Institution, on travail sur des processus, des dynamiques. Il y...


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Sociologie des Institutions

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