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Acte III, scène 1 - DOM JUAN de Molière

Littérature

Aperçu du corrigé : Acte III, scène 1 - DOM JUAN de Molière



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Document transmis par : Laure16492


Publié le : 10/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

Acte III, scène 1 - DOM JUAN de Molière
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Au moment où commence ce passage, Don Juan et son valet Sganarelle ont déjà connu bien des mésaventures. Don Juan a subi les reproches de sa femme abandonnée; tous deux ont failli se noyer suite à une tentative d'enlèvement manquée; Don Juan séduit deux paysannes qui se disputent son coeur; enfin, ils doivent fuir à la nouvelle que douze hommes armés les poursuivent.
 Don Juan montrera par la suite qu'il est courageux mais, dans ce cas, estimant que la partie est trop inégale, il juge compatible avec l'honneur d'échapper par ruse au danger. Il se déguise donc, abandonnant les beaux habits qui éblouissaient Pierrot pour un simple habit de campagne. Sganarelle, de son côté, a revêtu un habit de médecin.
 L'acte III commence donc d'une manière tout aussi surprenante que l'acte II puisque le spectateur découvre maître et valet dans une tenue tout à fait inhabituelle. Sganarelle, rendu confiant et inspiré par son habit de médecin, se lance dans un plaidoyer qui devrait amener Don Juan à changer de vie.
 Ce dialogue permet à Molière de parodier le débat, très actuel de son temps, entre les dévots et les libertins, les partisans d'une religion qui glorifie l'ignorance et ceux qui prônent la raison critique.



om Juan
Ce que je crois ?

Sganarelle
Oui.

Dom Juan
Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.

Sganarelle
La belle croyance et les beaux articles de foi que voici ! Votre religion, à ce que je vois, est donc l’arithmétique ? Il faut avouer qu’il se met d’étranges folies dans la tête des hommes, et que, pour avoir bien étudié, on en est bien moins sage le plus souvent. Pour moi, Monsieur, je n’ai point étudié comme vous, Dieu merci, et personne ne saurait se vanter de m’avoir jamais rien appris ; mais, avec mon petit sens, mon petit jugement, je vois les choses mieux que tous les livres, et je comprends fort bien que ce monde que nous voyons n’est pas un champignon qui soit venu tout seul en une nuit. Je voudrais bien vous demander qui a fait ces arbres-là, ces rochers, cette terre, et ce ciel que voilà là-haut, et si tout cela s’est bâti de lui-même. Vous voilà, vous, par exemple, vous êtes là : est-ce que vous vous êtes fait tout seul, et n’a-t-il pas fallu que votre père ait engrossé votre mère pour vous faire ? Pouvez-vous voir toutes les inventions dont la machine de l’homme est composée sans admirer de quelle façon cela est agencé l’un dans l’autre ? ces nerfs, ces os, ces veines, ces artères, ces…, ce poumon, ce cœur, ce foie, et tous ces autres ingrédients qui sont là et qui… Oh ! dame, interrompez-moi donc, si vous voulez. Je ne saurais disputer, si l’on ne m’interrompt. Vous vous taisez exprès, et me laissez parler par belle malice.

Dom Juan
J’attends que ton raisonnement soit fini.

Sganarelle
Mon raisonnement est qu’il y a quelque chose d’admirable dans l’homme, quoi que vous puissiez dire, que tous les savants ne sauraient expliquer. Cela n’est-il pas merveilleux que me voilà ici, et que j’aie quelque chose dans la tête qui pense cent choses différentes en un moment, et fait de mon corps tout ce qu’elle veut ? Je veux frapper des mains, hausser le bras, lever les yeux au ciel, baisser la tête, remuer les pieds, aller à droit, à gauche, en avant, en arrière, tourner…

Il se laisse tomber en tournant.

Dom Juan
Bon ! voilà ton raisonnement qui a le nez cassé.

Sganarelle
Morbleu ! je suis bien sot de m’amuser à raisonner avec vous. Croyez ce que vous voudrez : il m’importe bien que vous soyez damné !




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