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Acte V, scène 2: Don Juan épouse l'hypocrisie (Dom Juan de Molière)

Littérature

Aperçu du corrigé : Acte V, scène 2: Don Juan épouse l'hypocrisie (Dom Juan de Molière)



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Document transmis par : nathalie16512


Publié le : 11/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

Acte V, scène 2: Don Juan épouse l'hypocrisie (Dom Juan de Molière)
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Don Juan s'était montré si insolent avec son père, Don Louis (IV, 4), qu'on n'imaginait pas que celui-ci puisse revenir le voir.

Mais, entre l'acte IV et l'acte V, le « grand seigneur méchant homme« a fait courir le bruit de sa conversion. Cette nouvelle a mis du baume au coeur de Don Louis qui ne doute pas un instant de la sincérité de son fils et lui rend visite (V, 1). Don Juan confirme alors qu'il a été l'objet d'une illumination du Ciel et qu'il a maintenant choisi la vertu. Son père repart dupé et ravi.

Le spectateur, lui, n'est pas dupe. Molière, en effet, dans les didascalies, conseille un jeu outré, lequel a pour but d'éviter toute ambiguïté.

Sganarelle, pourtant, tout comme Don Louis, se laisse prendre aux propos de son maître. Au début de la scène suivante (V, 2), il exprime sa satisfaction de constater un tel changement. Don Juan le détrompe immédiatement en le traitant de benêt, puis entreprend de lui expliquer les tenants et aboutissants de sa nouvelle méthode.

Nous constatons donc que l'acte V a commencé par une mise en oeuvre — réussie — de la nouvelle méthode. Cette mise en oeuvre est suivie d'un exposé théorique: le passage qui nous intéresse ici. Cette profession de foi sera suivie d'une seconde mise en oeuvre de la méthode — qui échouera —: l'entretien entre Don Juan et Don Carlos où Don Juan tentera vainement de satisfaire Don Carlos par l'annonce de sa conversion (V, 3).

 



 

Dom Juan
Il n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. C’est un art de qui l’imposture est toujours respectée ; et quoiqu’on la découvre, on n’ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine. On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti. Qui en choque un, se les jette tous sur les bras ; et ceux que l’on sait même agir de bonne foi là-dessus, et que chacun connaît pour être véritablement touchés, ceux-là, dis-je, sont toujours les dupes des autres ; ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers, et appuient aveuglément les singes de leurs actions. Combien crois-tu que j’en connaisse qui, par ce stratagème, ont rhabillé adroitement les désordres de leur jeunesse, qui se sont fait un bouclier du manteau de la religion, et, sous cet habit respecté, ont la permission d’être les plus méchants hommes du monde ? On a beau savoir leurs intrigues et les connaître pour ce qu’ils sont, ils ne laissent pas pour cela d’être en crédit parmi les gens ; et quelque baissement de tête, un soupir mortifié, et deux roulements d’yeux rajustent dans le monde tout ce qu’ils peuvent faire. C’est sous cet abri favorable que je veux me sauver, et mettre en sûreté mes affaires. Je ne quitterai point mes douces habitudes ; mais j’aurai soin de me cacher et me divertirai à petit bruit. Que si je viens à être découvert, je verrai, sans me remuer, prendre mes intérêts à toute la cabale, et je serai défendu par elle envers et contre tous. Enfin c’est là le vrai moyen de faire impunément tout ce que je voudrai. Je m’érigerai en censeur des actions d’autrui, jugerai mal de tout le monde, et n’aurai bonne opinion que de moi. Dès qu’une fois on m’aura choqué tant soit peu, je ne pardonnerai jamais et garderai tout doucement une haine irréconciliable. Je ferai le vengeur des intérêts du Ciel, et, sous ce prétexte commode, je pousserai mes ennemis, je les accuserai d’impiété, et saurai déchaîner contre eux des zélés indiscrets, qui, sans connaissance de cause, crieront en public contre eux, qui les accableront d’injures, et les damneront hautement de leur autorité privée. C’est ainsi qu’il faut profiter des faiblesses des hommes, et qu’un sage esprit s’accommode aux vices de son siècle.

 




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