Albert CAMUS, La mort heureuse.

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Albert CAMUS, La mort heureuse.

Littérature

Aperçu du corrigé : Albert CAMUS, La mort heureuse.



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Document transmis par : Louis50266


Publié le : 10/3/2011 -Format: Document en format HTML protégé

Albert CAMUS, La mort heureuse.
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• Noces, L'étranger, Le Mythe de Sisyphe, La Peste, La Chute, pour ne citer que quelques-uns des romans ou essais, Les Justes, Le Malentendu, Caligula au théâtre, directeur du journal Combat, partageant un temps le mouvement existentialiste avec Sartre et De Beauvoir, Prix Nobel, puis maître à penser de toute une génération... qui ne connaît ce palmarès?...
 
 • ... et ceci... pour être fauché encore jeune par la plus absurde des morts !
 
 • Pied-noir, logeant à Belcourt, Bab-el-Oued (Alger), orphelin de père, voyant sa mère se « tuer à faire des ménages pour nourrir sa nichée «, il est à la fois produit de la misère, de ce quartier populaire loquace et « surexalté « qui fleure Marseille plus que Marseille, et des rivages méditerranéens (M. Lebesque).
  



« Il lui fallait maintenant s'enfoncer dans la mer chaude, se perdre pour se retrouver, nager dans la lune et la tiédeur pour que se taise ce qui en lui restait du passé et que naisse le chant profond de son bonheur. Il se dévêtit, descendit quelques rochers et entra dans la mer. Elle était chaude comme un corps, fuyait le long de son bras, et se collait à ses jambes d'une étreinte insaisissable et toujours présente. Lui, nageait régulièrement et sentait les muscles de son dos rythmer son mouvement. À chaque fois qu'il levait un bras, il lançait sur la mer immense des gouttes d'argent en volées, figurant, devant le ciel muet et vivant, les semailles splendides d'une moisson de bonheur. Puis le bras replongeait et, comme un soc vigoureux, labourait, fendant les eaux en deux pour y prendre un nouvel appui et une espérance plus jeune. Derrière lui, au battement de ses pieds, naissait un bouillonnement d'écume, en même temps qu'un bruit d'eau clapotante, étrangement clair dans la solitude et le silence de la nuit. À sentir sa cadence et sa vigueur, une exaltation le prenait, il avançait plus vite et bientôt il se trouva loin des côtes, seul au cœur de la nuit et du monde. Il songea soudain à la profondeur qui s'étendait sous ses pieds et arrêta son mouvement. Tout ce qu'il avait sous lui l'attirait comme le visage d'un monde inconnu, le prolongement de cette nuit qui le rendait à lui-même, le cœur d'eau et de sel d'une vie encore inexplorée. Une tentation lui vint qu'il repoussa aussitôt dans une grande joie du corps. Il nagea plus fort et plus avant. Merveilleusement las, il retourna vers la rive. À ce moment il entra soudain dans un courant glacé et fut obligé de s'arrêter, claquant des dents et les gestes désaccordés. Cette surprise de la mer le laissait émerveillé. Cette glace pénétrait ses membres et le brûlait comme l'amour d'un Dieu d'une exaltation lucide et passionnée qui le laissait sans force. Il revint plus péniblement et sur le rivage, face au ciel et à la mer, il s'habilla en claquant des dents et en riant de bonheur. «


 

Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez, par exemple, étudier comment Camus suggère le bonheur qu'engendre cette plongée régénératrice dans les flots.




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