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Alfred de VIGNY (1797-1863): La mort du loup

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Alfred de VIGNY (1797-1863): La mort du loup

Littérature

Aperçu du corrigé : Alfred de VIGNY (1797-1863): La mort du loup



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Document transmis par : Pierre15997


Publié le : 7/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

Alfred de VIGNY (1797-1863): La mort du loup
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Présentation


— Des poètes de la génération romantique, Alfred de Vigny est celui qui a publié le moins de vers, considérant qu'un auteur doit savoir «se connaître lui-même et se juger sévèrement«. Il ne publie lui-même qu'un seul recueil, Les Poèmes antiques et modernes, et c'est seulement après sa mort que paraissent Les Destinées, recueil de onze pièces, écrites entre 1838 et 1863.
— Plus encore que ses poèmes de jeunesse, ces oeuvres sont des poèmes philosophiques où Vigny tente d'énoncer sa vision du monde.
— La plus ancienne de ces onze pièces est La Mort du Loup, assez long poème (88 vers) composé pour l'essentiel en une seule nuit de 1838, à une époque où le poète avait été durement touché dans son existence intime : mort de sa mère et rupture avec Marie Dorval.
— (1) Après avoir longuement décrit le décor de cette chasse nocturne en forêt, et ses victimes : le loup, sa louve et ses deux louveteaux, Vigny en vient à la mort de l'animal elle-même.

 



I
 
 Les nuages couraient sur la lune enflammée
 Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
 Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
 Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
 Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
 Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
 Nous avons aperçu les grands ongles marqués
 Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
 Nous avons écouté, retenant notre haleine
 Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
 Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
 La girouette en deuil criait au firmament ;
 Car le vent élevé bien au dessus des terres,
 N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
 Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
 Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
 Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
 Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
 A regardé le sable en s'y couchant ; Bientôt,
 Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
 A déclaré tout bas que ces marques récentes
 Annonçait la démarche et les griffes puissantes
 De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
 Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
 Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
 Nous allions pas à pas en écartant les branches.
 Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
 J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
 Et je vois au delà quatre formes légères
 Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
 Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
 Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
 Leur forme était semblable et semblable la danse ;
 Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
 Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
 Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
 Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
 Sa louve reposait comme celle de marbre
 Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
 Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
 Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées
 Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
 Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
 Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
 Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
 Du chien le plus hardi la gorge pantelante
 Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
 Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
 Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
 Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
 Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
 Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
 Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
 Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
 Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
 Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
 Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
 Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
 Et, sans daigner savoir comment il a péri,
 Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
 
 II
 
 J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
 Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
 A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
 Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
 Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
 Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
 Mais son devoir était de les sauver, afin
 De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
 A ne jamais entrer dans le pacte des villes
 Que l'homme a fait avec les animaux serviles
 Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
 Les premiers possesseurs du bois et du rocher.
 
 Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
 Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
 Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
 C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
 A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
 Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
 - Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
 Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !
 Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
 A force de rester studieuse et pensive,
 Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
 Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
 Gémir, pleurer, prier est également lâche.
 Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
 Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
 Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. "


 

Mouvement du texte


(Ici encore, le mouvement est conditionné par le découpage des extraits.) Chaque fragment présente néanmoins une certaine diversité.
A. Le combat et la mort du loup (v. 1 à 20) (v. 41 à 60 du texte intégral) :
— Le dernier combat du loup (v. 1 à 12).
— Le dernier regard du loup et sa mort (v. 13 à 20).
B. La méditation du poète sur ce spectacle (v. 21 à 36) (v. 73 à 88 du texte intégral) :
— La leçon de courage du loup (v. 21 à 26).
— L'interprétation du dernier regard (v. 27 à 36).

 



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