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Antoine Adam définit ainsi l'esthétique classique : «L'art rïest pas autre chose qu'imitation, ou, pour prendre le mot des esthéticiens modernes, expression. Sa perfection est d'exprimer. Il dévie et se perd dès qu'il s'assigne une autre tâche, dès qu'il se complaît en lui-même, dès qu'il déforme, dès qu'il grossit l'objet qu'il imite. [...] L'esprit se règle sur la nature, il se borne à l'interpréter, il s'interdit toute recherche gratuite des effets : voilà des vérités premières que nul, en 1660, n'oserait même discuter.» (Histoire de la littérature française au XVI\e siècle, t.lll, Domat, 1952.) Or en 1984 le critique Roger Zuber écrit : «Les «réguliers» risquaient d'avoir sclérosé la notion, en forgeant le mythe d'une «nature humaine», éternelle et immuable, sur laquelle se serait fondée la psychologie rudimentaire qu'ils prêtaient au public de tous les temps. Et voilà que l'école des agréments se met à raffiner sur les nuances du naturel. Plus question de considérer la Nature comme une espèce de bloc compact. Ce sont ses chatoiements qui intéressent l'homme d'esprit. Nulle part on ne sent le «goût» classique plus proche de la rhétorique de toujours. Le problème, sans cesse le même, est de ne pas sacrifier aux nécessités de la compréhension collective la multiplicité des génies singuliers. Les orateurs avaient une réponse ancienne à cette difficulté. Boileau (Chant I) l'a parfaitement mise en vers : «Voulez-vous du public mériter les amours ? Sans cesse en écrivant variez vos discours. Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.» Le principe de varietas transporte au sein de l'art, par un heureux mélange des styles, la palette des impressions qu'inspire une nature complexe. Ce classicisme-là est le contraire d'une méthode simpliste.» (Le classicisme français, t. IV, Arthaud, 1984.) Quelles réflexions vous inspire le rapprochement de ces deux textes ?

Anthologie

Aperçu du corrigé : Antoine Adam définit ainsi l'esthétique classique : «L'art rïest pas autre chose qu'imitation, ou, pour prendre le mot des esthéticiens modernes, expression. Sa perfection est d'exprimer. Il dévie et se perd dès qu'il s'assigne une autre tâche, dès qu'il se complaît en lui-même, dès qu'il déforme, dès qu'il grossit l'objet qu'il imite. [...] L'esprit se règle sur la nature, il se borne à l'interpréter, il s'interdit toute recherche gratuite des effets : voilà des vérités premières que nul, en 1660, n'oserait même discuter.» (Histoire de la littérature française au XVI\e siècle, t.lll, Domat, 1952.) Or en 1984 le critique Roger Zuber écrit : «Les «réguliers» risquaient d'avoir sclérosé la notion, en forgeant le mythe d'une «nature humaine», éternelle et immuable, sur laquelle se serait fondée la psychologie rudimentaire qu'ils prêtaient au public de tous les temps. Et voilà que l'école des agréments se met à raffiner sur les nuances du naturel. Plus question de considérer la Nature comme une espèce de bloc compact. Ce sont ses chatoiements qui intéressent l'homme d'esprit. Nulle part on ne sent le «goût» classique plus proche de la rhétorique de toujours. Le problème, sans cesse le même, est de ne pas sacrifier aux nécessités de la compréhension collective la multiplicité des génies singuliers. Les orateurs avaient une réponse ancienne à cette difficulté. Boileau (Chant I) l'a parfaitement mise en vers : «Voulez-vous du public mériter les amours ? Sans cesse en écrivant variez vos discours. Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.» Le principe de varietas transporte au sein de l'art, par un heureux mélange des styles, la palette des impressions qu'inspire une nature complexe. Ce classicisme-là est le contraire d'une méthode simpliste.» (Le classicisme français, t. IV, Arthaud, 1984.) Quelles réflexions vous inspire le rapprochement de ces deux textes ?



Publié le : 2/3/2011 -Format: Document en format HTML protégé

Antoine Adam définit ainsi l'esthétique classique : «L'art rïest pas autre chose qu'imitation, ou, pour prendre le mot des esthéticiens modernes, expression. Sa perfection est d'exprimer. Il dévie et se perd dès qu'il s'assigne une autre tâche, dès qu'il se complaît en lui-même, dès qu'il déforme, dès qu'il grossit l'objet qu'il imite. [...] L'esprit se règle sur la nature, il se borne à l'interpréter, il s'interdit toute recherche gratuite des effets : voilà des vérités premières que nul, en 1660, n'oserait même discuter.» (Histoire de la littérature française au XVI\e siècle, t.lll, Domat, 1952.) Or en 1984 le critique Roger Zuber écrit : «Les «réguliers» risquaient d'avoir sclérosé la notion, en forgeant le mythe d'une «nature humaine», éternelle et immuable, sur laquelle se serait fondée la psychologie rudimentaire qu'ils prêtaient au public de tous les temps. Et voilà que l'école des agréments se met à raffiner sur les nuances du naturel. Plus question de considérer la Nature comme une espèce de bloc compact. Ce sont ses chatoiements qui intéressent l'homme d'esprit. Nulle part on ne sent le «goût» classique plus proche de la rhétorique de toujours. Le problème, sans cesse le même, est de ne pas sacrifier aux nécessités de la compréhension collective la multiplicité des génies singuliers. Les orateurs avaient une réponse ancienne à cette difficulté. Boileau (Chant I) l'a parfaitement mise en vers :    «Voulez-vous du public mériter les amours ?    Sans cesse en écrivant variez vos discours.    Un style trop égal et toujours uniforme    En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.»    Le principe de varietas transporte au sein de l'art, par un heureux mélange des styles, la palette des impressions qu'inspire une nature complexe. Ce classicisme-là est le contraire d'une méthode simpliste.» (Le classicisme français, t. IV, Arthaud, 1984.) Quelles réflexions vous inspire le rapprochement de ces deux textes ?
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Antoine Adam définit ainsi l'esthétique classique : «L'art rïest pas autre chose qu'imitation, ou, pour prendre le mot des esthéticiens modernes, expression. Sa perfection est d'exprimer. Il dévie et se perd dès qu'il s'assigne une autre tâche, dès qu'il se complaît en lui-même, dès qu'il déforme, dès qu'il grossit l'objet qu'il imite. [...] L'esprit se règle sur la nature, il se borne à l'interpréter, il s'interdit toute recherche gratuite des effets : voilà des vérités premières que nul, en 1660, n'oserait même discuter.« (Histoire de la littérature française au XVI\e siècle, t.lll, Domat, 1952.) Or en 1984 le critique Roger Zuber écrit : «Les «réguliers« risquaient d'avoir sclérosé la notion, en forgeant le mythe d'une «nature humaine«, éternelle et immuable, sur laquelle se serait fondée la psychologie rudimentaire qu'ils prêtaient au public de tous les temps. Et voilà que l'école des agréments se met à raffiner sur les nuances du naturel. Plus question de considérer la Nature comme une espèce de bloc compact. Ce sont ses chatoiements qui intéressent l'homme d'esprit. Nulle part on ne sent le «goût« classique plus proche de la rhétorique de toujours. Le problème, sans cesse le même, est de ne pas sacrifier aux nécessités de la compréhension collective la multiplicité des génies singuliers. Les orateurs avaient une réponse ancienne à cette difficulté. Boileau (Chant I) l'a parfaitement mise en vers :

 

«Voulez-vous du public mériter les amours ?

 

Sans cesse en écrivant variez vos discours.

 

Un style trop égal et toujours uniforme

 

En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.«

 

Le principe de varietas transporte au sein de l'art, par un heureux mélange des styles, la palette des impressions qu'inspire une nature complexe. Ce classicisme-là est le contraire d'une méthode simpliste.« (Le classicisme français, t. IV, Arthaud, 1984.) Quelles réflexions vous inspire le rapprochement de ces deux textes ?




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Le corrigé du sujet "Antoine Adam définit ainsi l'esthétique classique : «L'art rïest pas autre chose qu'imitation, ou, pour prendre le mot des esthéticiens modernes, expression. Sa perfection est d'exprimer. Il dévie et se perd dès qu'il s'assigne une autre tâche, dès qu'il se complaît en lui-même, dès qu'il déforme, dès qu'il grossit l'objet qu'il imite. [...] L'esprit se règle sur la nature, il se borne à l'interpréter, il s'interdit toute recherche gratuite des effets : voilà des vérités premières que nul, en 1660, n'oserait même discuter.» (Histoire de la littérature française au XVI\e siècle, t.lll, Domat, 1952.) Or en 1984 le critique Roger Zuber écrit : «Les «réguliers» risquaient d'avoir sclérosé la notion, en forgeant le mythe d'une «nature humaine», éternelle et immuable, sur laquelle se serait fondée la psychologie rudimentaire qu'ils prêtaient au public de tous les temps. Et voilà que l'école des agréments se met à raffiner sur les nuances du naturel. Plus question de considérer la Nature comme une espèce de bloc compact. Ce sont ses chatoiements qui intéressent l'homme d'esprit. Nulle part on ne sent le «goût» classique plus proche de la rhétorique de toujours. Le problème, sans cesse le même, est de ne pas sacrifier aux nécessités de la compréhension collective la multiplicité des génies singuliers. Les orateurs avaient une réponse ancienne à cette difficulté. Boileau (Chant I) l'a parfaitement mise en vers : «Voulez-vous du public mériter les amours ? Sans cesse en écrivant variez vos discours. Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.» Le principe de varietas transporte au sein de l'art, par un heureux mélange des styles, la palette des impressions qu'inspire une nature complexe. Ce classicisme-là est le contraire d'une méthode simpliste.» (Le classicisme français, t. IV, Arthaud, 1984.) Quelles réflexions vous inspire le rapprochement de ces deux textes ?" a obtenu la note de : aucune note

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