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L'Argent Dans "Illusions Perdues" De Balzac

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Document transmis par : Inno26722


Publié le : 26/9/2010 -Format: Document en format HTML protégé

L'Argent Dans
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Lukács, a écrit, dans la préface de Balzac ou le réalisme français : « Personne n'a ressenti aussi profondément que Balzac les tourment qu'entraînent [...] le passage à la production capitaliste, la profonde dégradation spirituelle et morale qui accompagne nécessairement cette évolution dans toutes les couches de la société «. Cette citation pose d'emblée les prémices nécessaires pour appréhender le thème de l'argent, fondamental dans l'oeuvre balzacienne. L'argent c'est, d'après le Larousse 2007, la monnaie, en pièces, en billets, en valeurs mais aussi la monnaie qu'elle représente ; il conditionne également les comportements. Cela est évoqué dès le début des Illusions perdues, comme nous l'avons vu à l'occasion de  la première explication de texte faite en classe. L'avarice du père Séchard a ainsi été mise en lumière, ce personnage demandant à son fils ce qu'il a fait de ses banques (page 72). Le compte de l'argent gagné par les Chardon, et les revenus de l'imprimerie sont évoqués peu après, respectivement aux pages 77 et 79. 

Lukács nous invite à penser l'argent comme indispensable à la vie intellectuelle, ce qui pousse inévitablement Lucien à se demander comment s'en procurer une fois à Paris. De même, David ne sera pas épargné, puisque son beau-frère a contracté des dettes en son nom alors que l'imprimeur s'était promis de faire fortune dans l'imprimerie. Ainsi, la question financière et matérielle est prépondérante, s'inscrivant en profondeur dans le destin des personnages. C'est pourquoi nous pouvons nous demander comment Honoré de Balzac parvient à écrire une oeuvre littéraire à partir des questions économiques telles qu'elles se concoivent sous la Restauration. Puisque, pour Balzac, il est nécessaire de peindre la vie telle qu'elle est au 19ème siècle, dans les moindres détails, ce que nous démontrerons dans une première partie consacrée à l'évocation de l'argent. Puis, nous nous focaliserons sur le rôle de l'argent dans le parcours des personnages. Enfin, nous inscrirons ce thème dans la satire sociale que propose Balzac dans Illusions perdues. 

 

I - ÉVOQUER L'ARGENT

 

Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à l'argent, et tout ce qui s'y rapporte, tel que Balzac en fait état dans l'oeuvre. 

 

1. L'importance de l'argent durant la Restauration

 

Pour cela, il nous faut tout d'abord rappeler le contexte historique, puisque la primauté accordée à l'argent se fait au nom d'une visée réaliste, c'est-à-dire que Balzac veut décrire avec une extrême précision la société telle qu'elle existe au temps de Lucien de Rubempré, sous la période de la Restauration. On appelle cette période ainsi parce qu'il s'agit de restaurer l'ancien régime monarchique en rappelant les Rois Bourbons sur le trône. Les deux frères de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X vont s'y succéder. Ils accordent une importance énorme au clergé et à la noblesse, désireux de retrouver leurs anciennes prérogatives d'avant la Révolution. Ils octroient alors une charte, qui ferme  toute ascension sociale aux jeunes gens qui n'appartiennent pas à la noblesse : il faut avoir trente ans et payer beaucoup d'impôts pour être électeur, quarante ans pour être éligible, et payer encore plus d'impôts. Autrement dit, un jeune homme sans titre et sans argent n'est rien, et c'est tout le drame de Lucien Chardon, de même que c'est le cas de Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir de Stendhal. 

Ainsi, l'argent est un facteur important à cette époque, et faire comme si les questions d'argent n'existaient pas relèverait d'une sorte d'hyprocrisie littéraire. Les natures les plus poétiques doivent prendre en compte cette réalité-là, et le lecteur fait son apprentissage en même temps que Lucien. Si celui-ci, à Angoulême, ne se soucie guère des questions d'argent, le problème crucial se pose dès qu'il est question de partir à Paris : « Il entrevoyait mille difficultés qui se comprenaient toutes dans ce mot terrible : « Et de l'argent ? « « (page 179). En effet, la famille du héros vit en province et serait incapable de soutenir un grand train de vie à Paris. Du coup, elle imprime de bonne heure dans l'esprit du jeune homme la conscience de la valeur de l'argent. À Paris, il est obligé d'apprendre à compter ses sous, puisqu'au bout d'une semaine,sur les 2000 francs, il ne lui reste que « 360 francs « et qu'il doit encore une « centaine de francs « à son hôtel. Toute sa lettre à Ève témoigne du calcul d'une vie organisée sou à sou. C'est bien parce que Balzac écrit à une époque où l'argent se met à dominer le monde, qu'il est l'un des seuls écrivains à saisir ce mouvement du capitalisme naissant, qu'il fait une place importante au sein de ses romans, aux petits calculs auxquels se livre chaque individu, ce que témoigne la retranscription des cahiers de comptes, notamment aux pages 493 et 499. Mais aussi, Balzac, avec le personnage de Lucien, et avant lui celui de Raphaël dans La peau de chagrin, invente un topos romanesque, celui du jeune homme pauvre faisant le compte de ses dépenses et de ses plaisirs. C'est pourquoi l'argent est présenté dans une double optique : il s'agit soit de le perdre, soit de le gagner. 

 

2. Gagner de l'argent

 

Dans Illusions perdues, on gagne sa vie par son travail, comme nous pouvons le voir à la page 63 avec le personnage du père Séchard : « L'imprimerie de Nicolas Séchard possédait alors le seul journal d'annonces judiciaires qui existât dans le département, la pratique de la préfecture et celle de l'évêché, trois clientèles qui devaient procurer une grande fortune à un jeune homme actif. « . Et la principale figure du gain concerne l’argent, élément fondamental dans la vie du père de David, dont l'obsession transparaît dans de nombreux discours :  « Je te donnerai peut-être... je verrai si je puis te donner... bah !... vingt-cinq mille francs, à la condition de m'en faire gagner autant tous les ans... « (page 526). En effet, Jérôme-Nicolas est le modèle de l'économe et de l'avare, cherchant le profit et ne voulant pas dépenser inutilement, au point d'abandonner les projets de décoration entrepris par sa défunte épouse (page 67). Il vante également à son fils la qualité de l’antique matériel qu’il lui vend à un prix exorbitant (page 70). David, de son côté, s’est promis de « gagner une belle fortune « sans importuner son père. Mais, Marion l’incite d'abord à payer ses dettes que Lucien a contractées en son nom pour pouvoir ensuite chercher à son aise « tous [ses] trésors « (page 517) si bien qu’il finit par se demander si elle n’a pas raison : « pourquoi, comme le lui disait Marion, ne pas gagner assez d'argent pour pouvoir faire plus tard sa découverte à loisir ? « (page 606).

De plus, Balzac précise que gagner de l'argent n'est pas un privilège exclusivement masculin, en évoquant les dix sous quotidiens de Marion (page 512), les quinze sous d’Ève, les vingt sous de Mme Chardon (page 77). Dans le cas d’Ève, il s’agit avant tout de permettre à Lucien d’ « aller dans le beau monde « (page 144). Bérénice, la servante de Coralie, n’hésite pas à se prostituer pour compenser les pertes au jeu de Lucien (page 455).

Quant à Lucien, il vit essentiellement du travail des autres, notamment celui de David et Ève : « Donner mille francs à ton frère, c'est donner notre pain, compromettre notre tranquillité. «, remarque l'imprimeur (page 181). Ce n’est qu’à Paris que le père Doguereau, l'un des premiers libraires que Lucien rencontre, pense que trop d’argent « dissiperait « Lucien (page 230) qui aspire naïvement à devenir un rédacteur bien payé. Néanmoins, il gagnera de l’argent en attaquant un livre de Nathan qu’il admire pourtant, mènera une vie précaire de bohème et oubliera promptement les nécessités du travail. Ainsi, Lousteau représente pour lui une sorte de double noir qui a déjà perdu ses illusions et qui lui dévoile avec cynisme ses stratégies comme ses petits arrangements avec l’Art pour faire du profit (pages 302 et 303). 

Balzac se plaît ainsi à dévoiler à ses lecteurs les pratiques financières en cours dans les mondes de la librairie, de la presse, du théâtre, de la justice et de la banque. Partout, l’unique mot d’ordre est : gagner de l’argent. Nous reviendrons sur l'argent dans l'univers littéraire et journaliste au cours de notre troisième partie.

 

3. Dépenser et perdre de l'argent

 

Cependant, si l'argent peut être synonyme de « gain « dans Illusions perdues, il constitue également un élément très important lié à la perte. La plupart des personnages mis en scène se trouvent concernés par ce cas-là. 

Lucien découvre tout d'abord le coût de la vie à Paris (page 224 : « il se défendit de pénétrer dans le Palais Royal, ce lieu de perdition où, pendant une seule journée, il avait dépenser cinquante francs chez Véry, et près de cinq cents en habits. « ). Il s'illusionne en pensant qu'il va « gagner six cents francs par mois, en travaillant comme un cheval « (page 351), et se retrouve rapidement couvert de dettes. Néanmoins, faire des dettes à Paris ne lui porte pas préjudice : « Les dettes ! Il n'y a pas d'homme fort sans dettes ! Les dettes représentent des besoins satisfaits, des vices exigeants. « (page 403). Alors qu'en province, les dettes conduisent à l'emprisonnement, notamment celui de David Séchard. 

De plus, les libraires se livrent sans cesse à des calculs où la valeur d’un ouvrage ne se jauge qu’en termes d’investissements, d’immobilisation de capitaux et de pertes possibles : « Nathan ne souffrait que dans son amour-propre, il n'avait rien à perdre, il était payé ; mais Dauriat pouvait perdre trente mille francs. « (pages 362-363).

Ève est également concerné par une certaine perte d'argent, ce qui se voit notamment dans ses rapports avec les frères Cointet, quand celle-ci veut leur céder l'imprimerie. Elle met en avant une perte hypothétique d'argent, en présentant sa proposition comme rentable (page 474).

David se promet de réparer à l’aide de sa découverte les pertes faites avec les Cointet (page 476) dont les propos tournent sans arrêt autour de « faire des pertes «, de dépenser « beaucoup d’argent «.

À cela s'ajoute une façon particulière de perdre de l’argent, celle qui consiste à perdre au jeu. Au début, Lucien ne sait pas jouer au whist que Rastignac se charge de lui apprendre et qui va devenir « une passion chez lui « (page 399). Le jeu réprésente pour Lucien une occasion de perdre tout son argent – ou plutôt le Jeu, avec une majuscule, ce qui inspirera au narrateur une anticipation : « Il fut emmené par Coralie, et les délices de l'amour lui firent oublier les terribles émotions du Jeu qui, plus tard, devait trouver en lui l'une de ses victimes «. (page...



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