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Article de presse: Les communes populaires, révolution socialiste

Histoire-géographie

Aperçu du corrigé : Article de presse: Les communes populaires, révolution socialiste



Publié le : 8/1/2012 -Format: Document en format HTML protégé

Article de presse: Les communes populaires, révolution socialiste
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15 septembre 1958 - Une nouvelle révolution est en cours dans les campagnes chinoises, peut-être la plus draconienne de toutes celles que connaît ce pays depuis 1949. Elle risque de bouleverser la vie de cinq cents millions de paysans jusque dans les détails de l'existence quotidienne, le boire et le manger, la lessive et la cuisine. A cette révolution est attaché un mot que la propagande a lancé au début de septembre, et qui maintenant roule et retentit à travers la Chine entière : la commune. Une première révolution avait donné la terre au paysan. Une deuxième la lui reprit, et créa les kolkhozes chinois sous le nom de " coopératives ". La troisième, celle d'aujourd'hui, crée, sous le nom de commune, une nouvelle unité sociale qui devient même l'unité de base de la société, et supprime, en les absorbant, les unités inférieures : groupement familial et kolkhoze même. Telle commune de la province du Honan, par exemple, vient de se former par la fusion de vingt-sept kolkhozes, comprenant neuf mille trois cents familles, qui font toutes ensemble quarante-trois mille personnes. Cette commune s'appelle Spoutnik. Abolition de la vie familiale Dans les descriptions et explications données à Pékin, ce que l'observateur occidental retiendra avant tout, c'est que l'instauration d'une commune signifie en fait-si l'on en croit l'exemple des communes modèles, ou communes " pilotes " -l'abolition de toute vie familiale. D'un trait de plume, le mode de vie familial et individuel que la Chine-avec le reste du monde-a pratiqué depuis des milliers d'années est remplacé par une vie véritablement collective et communiste, où les êtres, hommes et femmes, devenus membres des brigades de travail, sont complètement " libérés " des attaches du foyer et du village, pour être mis à la disposition de l'Etat et du parti. Pour le paysan chinois membre de la commune, c'en est fini du repas familial pris chaque jour à la maison. A l'heure dite, tout le monde se rend à des " réfectoires du peuple ". Les femmes n'ont plus à faire la cuisine : les cuisines collectives les remplacent, avec leurs brigades de cuisinières il n'y a plus de ménagères. Une production industrielle campagnarde Les mères n'ont plus à s'occuper des enfants : la commune les prend en charge dans ses crèches et ses écoles. Ils y apprendront à servir la communauté et l'Etat, et visiteront de temps en temps leurs parents. Que faire des personnes âgées et des vieillards ? Ils iront vivre dans des établissements communaux. Les épouses n'ont plus à faire la lessive ni la couture : il y a désormais des laveries communales, des ateliers de tailleurs communaux. La commune est chargée d'instaurer, de même, des bains publics, des ateliers de coiffeurs et barbiers, etc. La " libération " chinoise étant ainsi poussée jusqu'à ses conséquences extrêmes, les paysans " libérés " de leurs foyers sont disponibles pour se consacrer entièrement à la vie collective. Les femmes elles-mêmes, dont la " libération " est plus frappante encore que celle des hommes, rejoignent ces derniers pour travailler à leurs côtés, dans des " brigades orpool " des masses de main-d'oeuvre beaucoup plus considérables que celles dont disposaient les éphémères kolkhozes des années 1954-1957. Cela doit permettre deux nouveaux " bonds en avant ", comme dit le slogan officiel du jour. Le premier touche à quelque chose que nous connaissons déjà : les grands travaux publics du régime dans les régions rurales. On va assister à une multiplication des chantiers, qui réunissent par milliers, et parfois par centaines de mille, les paysans chinois pour la construction de barrages, de canaux d'irrigation, etc. Le deuxième " bond en avant " est nouveau, et c'est même la nouveauté centrale de la révolution qui commence : on va créer dans les régions rurales de la Chine entière de petites unités de production industrielle utilisant de la main-d'oeuvre paysanne. La commune partagera ses activités entre les travaux des champs et la mise en marche de petits hauts fourneaux, de forges, d'ateliers mécaniques, le forage de mines et de carrières, la fabrication d'outils agricoles ou industriels. Le régime va demander, désormais, aux campagnes de lui fournir même du fer et de l'acier. Et c'est probablement en comptant sur cette nouvelle production industrielle... campagnarde que Pékin a décidé un doublement de la production métallique de 1958 par rapport à celle de 1957, le plus étonnant " bond en avant " qu'ait jamais osé entreprendre la Chine populaire. On peut seulement se demander quelle sera la qualité du métal produit... Discipline militaire pour le paysan En attendant, le paysan chinois dans la commune tend à n'être plus seulement un paysan, mais en même temps un ouvrier , ou les deux à la fois. Bien plus, il est par surcroît un soldat, soldat d'un nouveau genre : celui de la production planifiée. C'est un dernier aspect de la révolution en cours, et les commentaires de Pékin insistent beaucoup là-dessus. La commune organise sa main-d'oeuvre en " brigades " où tout doit être organisé selon des règles quasi militaires. Les membres des brigades doivent pratiquer l'obéissance " de masse ". " Le peuple doit être organisé d'une manière militaire, écrit le Drapeau rouge, revue destinée à l'instruction des cadres du parti. Il doit faire les choses comme on fait son devoir au combat, et vivre une vie collective ". " ...L'expansion rapide de l'agriculture exige que le peuple (rural) renforce beaucoup son organisation, agisse plus rapidement avec une plus grande discipline, afin que, comme les ouvriers d'usine et les soldats, il puisse être utilisé avec plus de liberté et sur une plus large échelle ". Industrialiser sans urbaniser La revue ajoute que le système des communes permettrait éventuellement une mobilisation de la nation entière contre les agresseurs impérialistes. Le système de la commune a d'abord été essayé dans quelques régions pilotes à partir du début de 1958. L'expérience ayant réussi, on l'a étendue à une province entière, le Honan, province voisine de celle de Pékin, au sud du fleuve Jaune. Au 15 septembre, le passage des kolkhozes aux communes était accompli dans cinq provinces, et le mouvement est maintenant en train de s'étendre avec une grande rapidité dans l'ensemble du pays. Les textes laissent entendre qu'il faudra à peu près six ans pour que les communes aient mis complètement sur pied le nouveau système de production industrielle dans les campagnes. Faut-il dans tout cela faire la part de la propagande et ne prendre ces grands projets que cum grano salis ? Le système des communes n'est-il pas, dans une certaine mesure, un écran de fumée qui doit permettre au régime de masquer un échec des kolkhozes et de se dégager de ceux-ci ? Quand la vaste agitation du début sera calmée, la commune ne laissera-t-elle pas le paysan retourner à son mode de vie traditionnel ? Les réfectoires collectifs ou la " libération " des ménagères pourraient, après tout, ne fonctionner que pour la durée limitée de " périodes " quasi militaires, celles où la main-d'oeuvre est réquisitionnée à la saison creuse pour les grands travaux. Si ce n'est pas cela, si la Chine pousse vraiment à fond l'entreprise qu'elle annonce, elle se lance dans une expérience que l'Union soviétique a souvent évoquée en théorie, avec ses projets d'agrovilles, sans jamais oser passer à l'exécution sur une grande échelle. Son ambition la plus surprenante peut se résumer en une formule : obtenir l'industrialisation sans l'urbanisation. Parmi les terribles problèmes que pose à Mao Zedong l'inflation démographique de la Chine, les plus effrayants sont ceux qu'annonce la folle accélération de la croissance des villes. Le brutal effort d'industrialisation bouleverse les cités anciennes et en fait naître de nouvelles avec une telle rapidité que le moment vient où les autorités vont être complètement débordées par les problèmes de logement, de transport, de ravitaillement et d'hygiène dans les villes, sans parler des problèmes de police. D'où l'idée d'une innovation draconienne : freiner les villes sans cesser d'accélérer l'industrie, donc de maintenir sur la terre une bonne partie du prolétariat en expansion, et pour cela, demander aux campagnes de se charger d'une partie de la production industrielle. Reste à savoir ce qu'en penseront cinq cents millions de paysans chinois. ROBERT GUILLAIN Le Monde du 27 septembre 1958




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