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Article de presse: L'investiture de Pierre Mendès France

Histoire-géographie

Aperçu du corrigé : Article de presse: L'investiture de Pierre Mendès France



Publié le : 25/5/2012 -Format: Document en format HTML protégé

Article de presse: L'investiture de Pierre Mendès France
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18 juin 1954 - Le succès de M. Pierre Mendès France restera, quoi qu'il arrive, celui du courage. Car il en fallait au leader radical il y a quelques années, il y a quelques mois encore, pour dire la vérité sur la guerre d'Indochine. Il lui en a coûté jusqu'au dernier moment d'être l'objet de soupçons trop imbéciles pour être injurieux. Contre lui se sont acharnées, hier encore, les fausses confidences de feuilles plus ou moins clandestines, d'où bien entendu un certain antisémitisme n'était pas absent, cet antisémitisme dont certains communistes feraient bien, eux aussi, de se méfier. Du courage, il en fallait encore, même à un homme politique, pour refuser les voix dont l'appoint aurait de toute manière assuré son investiture. Il y a eu deux grands moments au cours de cette séance. D'abord celui où, justifiant son refus des suffrages communistes, M. Mendès France fut l'objet d'une ovation comme on en a rarement entendu à l'Assemblée nationale. En quelques phrases le président du conseil dissipa l'équivoque. L'extrême gauche a pour règle d'émettre non des votes personnels mais des votes politiques. Celui d'hier est dans la ligne définie par le comité central d'Ivry d'octobre 1953 et illustrée par le concours apporté malgré eux aussi à MM. Naegelen à Versailles et Le Troquer au Palais-Bourbon. Et s'il est vrai que l'investiture d'un président du conseil est un acte qui engage plus directement la conduite des affaires du pays que la désignation d'un président de la République ou d'Assemblée, il est juste de reconnaître qu'avant même sa tentative M. Mendès France avait refusé l'appoint des amis de M. Jacques Duclos. L'autre moment de cette grande séance fut celui où un jeune député, M. Lecanuet, qui se révéla l'un des rares orateurs que compte l'Assemblée, vint expliquer à la tribune l'abstention du MRP. Avant lui, Mme Poinso-Chapuis avait adressé à M. Mendès France des reproches qui sont valables pour tout candidat à l'investiture, dont la déclaration constitue toujours un peu un " cadre vide ". Il est vrai également que les objectifs du nouveau président du conseil sont ceux du gouvernement précédent. Mais en la circonstance l'esprit et la méthode peuvent y conduire de manière différente. Le mérite de M. Lecanuet est, tout en procédant par interrogations, d'avoir loyalement opposé celle de M. Bidault à celle de M. Mendès France. L'erreur que longtemps ont commise les adversaires du président d'aujourd'hui et certains amis du ministre d'hier a été de contester qu'il puisse y avoir une autre conduite nationale des affaires intérieures et extérieures. Le patriotisme et la sincérité ne sont jamais d'un seul côté. Le MRP en a voulu à M. Mendès France beaucoup moins de sa déclaration d'investiture que de son discours de la semaine dernière où, parlant en leader de l'opposition, il avait non sans excès critiqué la conduite des négociations de Genève. M. Lecanuet n'a pas fait le même procès d'intention au nouveau président du conseil : il a préféré à juste titre définir de nouveau la position de son parti sur l'affaire d'Indochine, où elle se comprend mal, et sur l'organisation de l'Europe, où elle se défend mieux. Mais le désir de paix de l'Assemblée a justement profité à M. Mendès France. Il ne s'agit pas de nier les efforts de M. Bidault, à qui est due la réunion de la conférence de Genève, ni-comme on l'a entendu dans les couloirs-de lui " voler la paix " au moment où elle peut être espérée en Extrême-Orient. Il s'agit d'obtenir cette paix le plus sûrement et le plus rapidement possible et de la considérer non comme un aboutissement mais comme un point de départ de toute entreprise nouvelle en France ou en Europe. Pour un homme qui s'est écarté du gouvernement depuis neuf ans, qui veut renouveler le style du régime et qui porte les espérances d'une partie de l'opinion, l'épreuve du pouvoir est plus redoutable que pour un autre mieux " rodé " ou moins exigeant. N'étant pas l'homme d'un parti-pas même du sien,-sa tâche est d'autant plus difficile que la composition de son gouvernement ne peut être à l'image de sa majorité d'investiture. La confiance, le contrat à terme fixe et rapproché, qu'il a sollicité et obtenu, ne peuvent l'empêcher de songer aux autres étapes qui se présenteront après le 20 juillet, s'il obtient d'ici là l'arrêt des hostilités en Indochine. C'est alors qu'avec lui-même sa majorité sera mise à l'épreuve puisqu'elle comprend, comme la précédente, et comme toute autre possible, des partisans et des adversaires de la CED. JACQUES FAUVET Le Monde du 19 juin 1954




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