Article de presse: Mossadegh, l'Iranien qui fit trembler l'Occident

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Article de presse: Mossadegh, l'Iranien qui fit trembler l'Occident

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Article de presse: Mossadegh, l'Iranien qui fit trembler l'Occident
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Article de presse: Mossadegh, l'Iranien qui fit trembler l'Occident




21 décembre 1953 - La cour martiale a délibéré pendant huit heures dans le vieux palais Qadjar de Saltanabad transformé en prison-tribunal. Les juges entrent dans la salle des miroirs qui ressemble plus à la salle des fêtes d'une mairie de banlieue qu'à la Galerie des glaces. L'accusé est amené dans un silence de mort, soutenu ou traîné, on ne sait trop, par un officier. Crâne lisse comme un oeuf, visage émacié, regard flamboyant, d'une maigreur fascinante, ce vieillard a fait trembler l'Occident : le premier, il a osé nationaliser le pétrole, avant d'être lâché par le parti Toudeh (communiste) et foudroyé par la CIA. Le docteur Mohamed Mossadegh écoute, debout, le greffier qui lit d'une voix nasillarde, pendant trois quarts d'heure, les vingt pages d'attendus. Quatorze chefs d'accusation : haute trahison, désobéissance au chah, atteinte à la couronne et à la Constitution, tentative de renverser le régime, intention de proclamer la République... " Pour tous les crimes précités, Mossadegh est condamné à mort conformément à la loi, mais, sur intervention du chah, sa peine est commuée à trois ans de prison ", conclut étrangement l'huissier au terme des cinquante-trois jours. Un officier a préparé des sels pour le condamné qui a l'habitude de s'évanouir. Mais l'ancien premier ministre surprend la salle-une centaine de personnes, dont la moitié de journalistes-en remerciant les juges de leur clémence. Quel contraste avec ce matin du 9 novembre où le " vieux lion rugissant ", comme on l'appelait, s'était écrié à la première audience : " Même si le chah m'accordait la grâce, je la refuserais. On ne gracie que les traîtres, et je ne suis, moi, qu'une victime de l'étranger! " Sous trois robes de chambre superposées à son pyjama, il s'était livré à un numéro d'acteur extraordinaire, passant du rire à l'imprécation, de l'évanouissement au clin d'oeil malicieux au public, à la flèche décochée aux juges médusés et au procureur embarrassé. " Il y a trois mois, lance-t-il à ce dernier, le général Azemodeh, vous n'étiez qu'un simple officier du génie. Je vous reconnais. Vous aviez décliné un poste dans la justice militaire parce que votre niveau d'éducation était... insuffisant! " Ayant mis les rieurs de son côté, il proclame l'incompétence du tribunal : " Le chah règne mais ne gouverne pas. Premier ministre d'un royaume constitutionnel, je ne peux être démis que par une décision du Parlement et non par un firman impérial, apporté en pleine nuit, pendant qu'on arrêtait les ministres et qu'on coupait le téléphone ". Moribond infatigable, il raconte, cinq heures durant, ce qu'a été son action. Il le redit, plus brièvement, dans sa dernière plaidoirie dont il fait son " testament politique " : " Le seul crime que j'ai commis est la nationalisation du pétrole. J'ai lutté contre le plus grand empire du monde... J'ai lutté également contre la plus grande entreprise d'espionnage du monde. Mais ces gens que j'ai battus veulent montrer aux peuples d'Orient ce qu'ils réservent à un homme qui ose les braver... Je voulais maintenir la neutralité de l'Iran entre les deux blocs occidental et oriental, afin de ne fournir, ni à l'un ni à l'autre, l'occasion de détruire notre pays... Hommes et femmes d'Iran, poursuivez notre mouvement national jusqu'à la victoire prochaine! " S'il a accepté la grâce, c'est que le chah est intervenu dès le début du procès pour reprocher au procureur d'avoir qualifié l'accusé de " traître ". La presse britannique a présenté le " patriote en pyjama " comme un bouffon-et sans doute avait-il parfois donné prise à cette critique-mais le souverain éprouvait secrètement de l'estime pour cet aristocrate qui, comme lui, avait voulu la grandeur de l'Iran. Peut-être pressentait-il que ce diable d'homme, qu'abhorrait déjà l'ayatollah Khomeiny, entrerait dans l'histoire pour avoir mené, en 1951, la première bataille économique des pays pauvres qui préfigurait la nationalisation par Nasser, cinq ans plus tard, de la Compagnie universelle du canal de Suez. Deux batailles qui allaient modifier l'équilibre des forces au Proche-Orient et en Méditerranée, par l'émergence du tiers-monde et l'effacement des anciennes puissances coloniales-France et Grande-Bretagne-au profit des Etats-Unis et de l'URSS. Né officiellement en 1881, mais sans doute plus tôt, en réalité, il appartenait, par sa mère, à la dynastie des Qadjar. Il avait épousé la fille de Nasser ed-Din chah qui régna de 1848 à 1896. Grand propriétaire foncier-ce qui ne l'empêchera pas d'inspirer une réforme foncière,-immensément riche, il tranchait sur les autres politiciens d'un pays où la corruption fait partie des moeurs : il était intègre et avait le sens de la chose publique. Après des études de droit à Paris et à Genève, il devient ministre dans les derniers gouvernements qadjar avant qu'un colonel des cosaques, Reza khan, s'empare du pouvoir et fonde la dynastie Pahlevi. Mossadegh est favorable aux mesures de modernisation, mais il condamne le pouvoir absolu au nom de la Constitutio...


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