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H. Bazin : Vipère au poing

Anthologie

Aperçu du corrigé : H. Bazin : Vipère au poing



Publié le : 3/3/2011 -Format: Document en format HTML protégé

H. Bazin : Vipère au poing
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Le jeune héros de Vipère au poing a une violente altercation avec sa mère, qu'il a surnommée Folcoche ; il se décharge de sa hargne envers les adultes, responsables de cette «escroquerie« qu'on appelle « l'éducation «.

«Ne fais pas cette tête de conquérant, mon petit ami. Je te prédis, moi, ta mère, un avenir dont tu n'auras pas le droit d'être fier. «

Tu as refermé le couvercle, bouclé ma malle à double tour 5 sans t'apercevoir, Folcoche, qu'entre cuir et carton j'avais glissé quatre billets de cent francs, dont deux venaient d'être chipés dans ton sac. Tu ne m'as pas pris en flagrant délit, mais ce don de seconde vue que tu possèdes à certains moments, cette prescience, qui n'est donnée qu'aux anges et aux 10 démons, te permet de bien augurer de mon avenir. Tu as forgé l'arme qui te criblera de coups, mais qui finira par se retourner contre toi-même. Toi qui as déjà tant souffert pour nous faire souffrir, tu te moques de ce que je te réserve, pourvu que mûrisse ce que je me réserve à moi-même. La 15 mentalité que j'arbore, hissée haut par le drapeau noir, tu en as cousu tous les plis, tu les as teints et reteints dans le meilleur jus de pieuvre. J'entre à peine dans la vie et, grâce à toi, je ne crois plus à rien, ni à personne. Celui qui n'a pas cru en mon Père, celui-là n'entrera pas dans le royaume des deux. 20 Celui qui n'a pas cru en sa mère, celui-là n'entrera pas dans le royaume de la terre. Toute foi me semble une duperie, toute autorité un fléau, toute tendresse un calcul. Les plus sincères amitiés, les bonnes volontés, les tendresses à venir, je les soupçonnerai, je les découragerai, je les renierai. L'homme 25 doit vivre seul. Aimer, c'est s'abdiquer. Haïr, c'est s'affirmer. Je suis, je vis, j'attaque, je détruis. Je pense, donc je contredis. Toute autre vie menace un peu la mienne, ne serait-ce qu'en respirant une part de mon oxygène. Je ne suis solidaire que de moi-même. Donner la vie n'a aucun sens si l'on ne donne pas 30 aussi la mort : Dieu l'a parfaitement compris, qui a fait toute créature périssable. Ni au commencement ni à la fin de ma vie, je n'ai l'occasion de donner mon consentement. On me fait naître et mourir. A moi, seulement, ce qui se trouve entre les deux, ce qui s'appelle pompeusement le destin. Mais ce 35 destin lui-même, des Folcoche le préfacent, l'engagent, l'escroquent : cette escroquerie s'appelle l'éducation. Je dois dire non à toute cette éducation, à tout ce qui m'a engagé sur une voie choisie par d'autres que moi et dont je ne puis que détester le sens, puisque je déteste les guides. Le bien, c'est 40 moi. Le mal, c'est vous. Les principes sont des préjugés de grande taille, c'est tout. L'honorabilité n'est que la réussite sociale de l'hypocrisie. La spontanéité du cœur est un réflexe malheureux.

Vipère au poing, ch. 25, Éd. Grasset
  




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