Chapitre 30 Candide de Voltaire

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Chapitre 30 Candide de Voltaire

Littérature

Aperçu du corrigé : Chapitre 30 Candide de Voltaire



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Document transmis par : Danielle15889


Publié le : 6/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

Chapitre 30 Candide de Voltaire
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Présentation du CANDIDE DE VOLTAIRE

Candide est le plus développé et le plus célèbre des contes de Voltaire. Celui-ci y travailla dix mois avec beaucoup de soin et le publia en 1759. Il avait déjà soixante-cinq ans et une riche expérience de la vie.

Le sous-titre du conte : ou l'Optimisme laisse entendre que Voltaire y engage le dialogue ou la polémique avec les philosophes optimistes, en particulier Leibniz (1646-1716) et ses disciples.

L'intrigue du conte est simple malgré la complexité des épisodes : nous suivons pas à pas un jeune homme, Candide, à qui son précepteur Pangloss avait enseigné que «tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes pos-sibles«. Mais Candide découvre à chaque instant l'existence du mal sur la terre : il est chassé du beau château qu'il habitait, perd sa fiancée Cunégonde, est enrôlé de force dans l'armée, échappe de peu au tremblement de terre qui détruisit Lisbonne en 1755, connaît de multiples aventures dont une qui le mène au pays imaginaire d'Eldorado. A la fin du conte, tous les personnages ou presque se retrouvent à Constantinople et cherchent à tirer la morale de leurs aventures et une règle de vie pour l'avenir.

 



Il y avait dans le voisinage un derviche très fameux, qui passait pour le meilleur philosophe de la Turquie ; ils allèrent le consulter ; Pangloss porta la parole, et lui dit : « Maître, nous venons vous prier de nous dire pourquoi un aussi étrange animal que l'homme a été formé. -- De quoi te mêles-tu ? dit le derviche, est-ce là ton affaire ? -- Mais, mon Révérend Père, dit Candide, il y a horriblement de mal sur la terre. -- Qu'importe, dit le derviche, qu'il y ait du mal ou du bien ? Quand Sa Hautesse envoie un vaisseau en Égypte, s'embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise ou non ? -- Que faut-il donc faire ? dit Pangloss. -- Te taire, dit le derviche. -- Je me flattais, dit Pangloss, de raisonner un peu avec vous des effets et des causes, du meilleur des mondes possibles, de l'origine du mal, de la nature de l'âme et de l'harmonie préétablie. « Le derviche, à ces mots, leur ferma la porte au nez. Pendant cette conversation, la nouvelle s'était répandue qu'on venait d'étrangler à Constantinople deux vizirs du banc et le muphti, et qu'on avait empalé plusieurs de leurs amis. Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques heures. Pangloss, Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d'orangers. Pangloss, qui était aussi curieux que raisonneur, lui demanda comment se nommait le muphti qu'on venait d'étrangler. « Je n'en sais rien, répondit le bonhomme, et je n'ai jamais su le nom d'aucun muphti ni d'aucun vizir. J'ignore absolument l'aventure dont vous me parlez ; je présume qu'en général ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu'ils le méritent ; mais je ne m'informe jamais de ce qu'on fait à Constantinople ; je me contente d'y envoyer vendre les fruits du jardin que je cultive. « Ayant dit ces mots, il fit entrer les étrangers dans sa maison : ses deux filles et ses deux fils leur présentèrent plusieurs sortes de sorbets qu'ils faisaient eux-mêmes, du kaïmac piqué d'écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka qui n'était point mêlé avec le mauvais café de Batavia et des îles. Après quoi les deux filles de ce bon musulman parfumèrent les barbes de Candide, de Pangloss et de Martin. « Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ? -- Je n'ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice, et le besoin. « Candide, en retournant dans sa métairie, fit de profondes réflexions sur le discours du Turc. Il dit à Pangloss et à Martin : « Ce bon vieillard me paraît s'être fait un sort bien préférable à celui des six rois avec qui nous avons eu l'honneur de souper. -- Les grandeurs, dit Pangloss, sont fort dangereuses, selon le rapport de tous les philosophes : car enfin Églon, roi des Moabites, fut assassiné par Aod ; Absalon fut pendu par les cheveux et percé de trois dards ; le roi Nadab, fils de Jéroboam, fut tué par Baaza ; le roi Éla, par Zambri ; Ochosias, par Jéhu ; Athalia, par Joïada ; les rois Joachim, Jéchonias, Sédécias, furent esclaves. Vous savez comment périrent Crésus, Astyage, Darius, Denys de Syracuse, Pyrrhus, Persée, Annibal, Jugurtha, Arioviste, César, Pompée, Néron, Othon, Vitellius, Domitien, Richard II d'Angleterre, Édouard II, Henri VI, Richard III, Marie Stuart, Charles Ier, les trois Henri de France, l'empereur Henri IV ? Vous savez... -- Je sais aussi, dit Candide, qu'il faut cultiver notre jardin. -- Vous avez raison, dit Pangloss : car, quand l'homme fut mis dans le jardin d'Éden, il y fut mis ut operaretur eum, pour qu'il travaillât, ce qui prouve que l'homme n'est pas né pour le repos. -- Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c'est le seul moyen de rendre la vie supportable. « Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents. La petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était à la vérité bien laide ; mais elle devint une excellente pâtissière ; Paquette broda ; la vieille eut soin du linge. Il n'y eut pas jusqu'à frère Giroflée qui ne rendît service ; il fut un très bon menuisier, et même devint honnête homme ; et Pangloss disait quelquefois à Candide : « Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n'aviez pas été chassé d'un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l'amour de Mlle Cunégonde, si vous n'aviez pas été mis à l'Inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. -- Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. «


 

Vue d'ensemble


Ce texte constitue la dernière page de Candide. Elle en est donc le dénouement et la conclusion. Mais son rôle est surtout de proposer une morale pratique. Les deux dernières rencontres de Candide et Pangloss leur enseignent l'inutilité de la Métaphysique (épisode du derviche) et la nécessité du travail (épisode du bon vieillard turc). Candide est alors capable de se libérer de l'enseignement de son maître, et de mettre en pratique la morale qu'il a adoptée. Les années d'apprentissage sont terminées.


Mouvement du texte


Tel qu'il nous est proposé le texte se découpe nettement en quatre parties :
A. Le derviche (I. 1 à 17)
Inutilité de la métaphysique.
B. Le bon vieillard (I. 18 à 47) :
— Refus de se mêler des affaires publiques.
— Bienfaits du travail.
C. La décision de se mettre au travail (I. 48 à 70).
D. Épilogue (I. 71 à 88) :
Les bienfaits d'une morale pratique fondée sur le travail. Elle n'est pas incompatible avec les rêveries philosophiques inutiles de Pangloss.

 



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