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chapitre XIII de la deuxième partie de Madame Bovary.

Littérature

Aperçu du corrigé : chapitre XIII de la deuxième partie de Madame Bovary.



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Document transmis par : Guillaume16097


Publié le : 8/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

chapitre XIII de la deuxième partie de Madame Bovary.
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Le thème de la jeune fille séduite et abandonnée est au centre du genre mélodramatique, un genre dont la cruauté est le ressort conventionnel.
 Ainsi Emma est-elle ici l'objet d'une double cruauté : elle est à l'improviste quittée par un amant qui ne l'a jamais aimée vraiment, et son chagrin demeure incompris d'un mari dont l'attitude et les propos ne font qu'approfondir son désarroi. En bref, elle se trouve être la victime caricaturale d'une caricaturale injustice du destin.
 Par ailleurs, Flaubert emprunte plusieurs éléments au roman populaire. Sûr de son effet, il n'hésite pas à jouer de la coïncidence. Ce sont d'abord les propos de Charles qui rencontrent de manière fortuite les préoccupations d'Emma et les approfondissent insupportablement.



Elle s'était appuyée contre l'embrasure de la mansarde, et elle relisait la lettre avec des ricanements de colère. Mais plus elle y fixait d'attention, plus ses idées se confondaient. Elle le revoyait, elle l'entendait, elle l'entourait de ses deux bras ; et des battements de coeur, qui la frappaient sous la poitrine comme à grands coups de bélier, s'accéléraient l'un après l'autre, à intermittences inégales. Elle jetait les yeux tout autour d'elle avec l'envie que la terre croulât. Pourquoi n'en pas finir ? Qui la retenait donc ? Elle était libre. Et elle s'avança, elle regarda les pavés en se disant :
      – Allons ! allons !
      Le rayon lumineux qui montait d'en bas directement tirait vers l'abîme le poids de son corps. Il lui semblait que le sol de la place oscillant s'élevait le long des murs, et que le plancher s'inclinait par le bout, à la manière d'un vaisseau qui tangue. Elle se tenait tout au bord, presque suspendue, entourée d'un grand espace. Le bleu du ciel l'envahissait, l'air circulait dans sa tête creuse, elle n'avait qu'à céder, qu'à se laisser prendre ; et le ronflement du tour ne discontinuait pas, comme une voix furieuse qui l'appelait.
      – Ma femme ! ma femme ! cria Charles.
      Elle s'arrêta.
      – Où es-tu donc ? Arrive !
      L'idée qu'elle venait d'échapper à la mort faillit la faire s'évanouir de terreur ; elle ferma les yeux ; puis elle tressaillit au contact d'une main sur sa manche : c'était Félicité.
      – Monsieur vous attend, Madame ; la soupe est servie.
      Et il fallut descendre ! il fallut se mettre à table !
      Elle essaya de manger. Les morceaux l'étouffaient. Alors elle déplia sa serviette comme pour en examiner les reprises et voulut réellement s'appliquer à ce travail, compter les fils de la toile. Tout à coup, le souvenir de la lettre lui revint. L'avait-elle donc perdue ? Où la retrouver ? Mais elle éprouvait une telle lassitude dans l'esprit, que jamais elle ne put inventer un prétexte à sortir de table. Puis elle était devenue lâche ; elle avait peur de Charles ; il savait tout, c'était sûr ! En effet, il prononça ces mots, singulièrement :
      – Nous ne sommes pas près, à ce qu'il paraît, de voir M. Rodolphe.
      – Qui te l'a dit ? fit-elle en tressaillant.
      – Qui me l'a dit ? répliqua-t-il un peu surpris de ce ton brusque ; c'est Girard, que j'ai rencontré tout à l'heure à la porte du café Français. Il est parti en voyage, ou il doit partir.
      Elle eut un sanglot.
      – Quoi donc t'étonne ? Il s'absente ainsi de temps à autre pour se distraire, et, ma foi ! je l'approuve. Quand on a de la fortune et que l'on est garçon !... Du reste, il s'amuse joliment, notre ami ! c'est un farceur. M. Langlois m'a conté...
      Il se tut par convenance, à cause de la domestique qui entrait.
      Celle-ci replaça dans la corbeille les abricots répandus sur l'étagère ; Charles, sans remarquer la rougeur de sa femme, se les fit apporter, en prit un et mordit à même.
      – Oh ! parfait ! disait-il. Tiens, goûte.
      Et il tendit la corbeille, qu'elle repoussa doucement.
      – Sens donc : quelle odeur ! fit-il en la lui passant sous le nez à plusieurs reprises.
      – J'étouffe ! s'écria-t-elle en se levant d'un bond.
      Mais, par un effort de volonté, ce spasme disparut ; puis :
      – Ce n'est rien ! dit-elle, ce n'est rien ! c'est nerveux ! Assieds-toi, mange !
      Car elle redoutait qu'on ne fût à la questionner, à la soigner, qu'on ne la quittât plus.
      Charles, pour lui obéir, s'était rassis, et il crachait dans sa main les noyaux des abricots, qu'il déposait ensuite dans son assiette.
      Tout à coup, un tilbury bleu passa au grand trot sur la place. Emma poussa un cri et tomba roide par terre, à la renverse.

      En effet, Rodolphe, après bien des réflexions, s'était décidé à partir pour Rouen. Or, comme il n'y a, de la Huchette à Buchy, pas d'autre chemin que celui d'Yonville, il lui avait fallu traverser le village, et Emma l'avait reconnu à la lueur des lanternes qui coupaient comme un éclair le crépuscule.
      Le pharmacien, au tumulte qui se faisait dans la maison, s'y précipita. La table, avec toutes les assiettes, était renversée ; de la sauce, de la viande, les couteaux, la salière et l'huilier jonchaient l'appartement ; Charles appelait au secours ; Berthe, effarée, criait ; et Félicité, dont les mains tremblaient, délaçait Madame, qui avait le long du corps des mouvements convulsifs.

 




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