Charles Baudelaire : Le Cygne

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Charles Baudelaire : Le Cygne

Littérature

Aperçu du corrigé : Charles Baudelaire : Le Cygne



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Document transmis par : primat17004


Publié le : 14/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

Charles Baudelaire : Le Cygne
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Le chemin qui s'ouvre devant le poète de la modernité n'est pas celui de la facilité, de l'ivresse du nombre, mais celui d'une ascèse douloureuse et solitaire. La beauté nouvelle, la beauté moderne, la beauté à découvrir est au bout de cette méditation qui, dans «Le Cygne «, ce grand poème de la mélancolie et de l'exil, s'achève sur une mémoire purifiée, sur l'unité retrouvée non avec une nature définitivement viciée, non avec une société aliénée, mais avec la communauté des réprouvés.
 Baudelaire n'a jamais mieux signifié son rapport à la modernité que dans ce poème qu'il convient de considérer comme testamentaire et dans lequel il a éternisé sous l'image du cygne s'abîmant dans la boue du pavé parisien, le symbole du poète maudit, du poète proclamant avec orgueil sa déréliction, son rejet du monde des vivants, sa solidarité avec les bannis et les morts :



A Victor Hugo
 
 I
 
 Andromaque, je pense à vous! Ce petit fleuve,
 Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
 L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
 Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,
 
 A fécondé soudain ma mémoire fertile,
 Comme je traversais le nouveau Carrousel.
 Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
 Change plus vite, hélas! que le coeur d'un mortel);
 
 Je ne vois qu'en esprit tout ce camp de baraques,
 Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
 Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
 Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.
 
 Là s'étalait jadis une ménagerie;
 Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
 Froids et clairs le Travail s'éveille, où la voirie
 Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,
 
 Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
 Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
 Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
 Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec
 
 Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
 Et disait, le coeur plein de son beau lac natal:
 "Eau, quand donc pleuvras-tu? quand tonneras-tu, foudre?"
 Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,
 
 Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide,
 Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
 Sur son cou convulsif tendant sa tête avide
 Comme s'il adressait des reproches à Dieu!
 
 II
 
 Paris change! mais rien dans ma mélancolie
 N'a bougé! palais neufs, échafaudages, blocs,
 Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie
 Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.
 
 Aussi devant ce Louvre une image m'opprime:
 Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
 Comme les exilés, ridicule et sublime
 Et rongé d'un désir sans trêve! et puis à vous,
 
 Andromaque, des bras d'un grand époux tombée,
 Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
 Auprès d'un tombeau vide en extase courbée
 Veuve d'Hector, hélas! et femme d'Hélénus!
 
 Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique
 Piétinant dans la boue, et cherchant, l'oeil hagard,
 Les cocotiers absents de la superbe Afrique
 Derrière la muraille immense du brouillard;
 
 A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
 Jamais, jamais! à ceux qui s'abreuvent de pleurs
 Et tètent la Douleur comme une bonne louve!
 Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs!
 
 Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
 Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor!
 Je pense aux matelots oubliés dans une île,
 Aux captifs, aux vaincus!... à bien d'autres encor!




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