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Le citoyen n'a-t-il le droit de s'opposer aux lois qu'en paroles ?

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Le citoyen n'a-t-il le droit de s'opposer aux lois qu'en paroles ?

Philosophie

Aperçu du corrigé : Le citoyen n'a-t-il le droit de s'opposer aux lois qu'en paroles ?



Publié le : 26/10/2005 -Format: Document en format HTML protégé

	Le citoyen n'a-t-il le droit de s'opposer aux lois qu'en paroles 	?
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Le citoyen est membre de la communauté politique, il se définit à la fois par le libre exercice de ses droits civiques et politiques et par sa participation aux décisions de l’Etat, au nom de la volonté générale. La question de l’opposition aux lois et de la manière dont elle peut légitimement se manifester prend toute son ampleur dramatique dans le Criton de Platon. En effet, lorsque ses amis lui proposent de s’enfuir après qu’il a été condamné à mort, Socrate répond que le lien entre le citoyen et la cité dont il est originaire ne laisse aucune place à la désobéissance légitime. L’idée classique selon laquelle la cité, dans la pensée antique, est le lieu de l’achèvement de l’homme, prend un sens très concret au cours de ce dialogue. Elle est l’endroit où le citoyen naît, est nourri, élevé, éduqué. De ce fait, le citoyen est redevable de tout ce qu’il est. Dès lors le droit de s’opposer aux lois autrement qu’en paroles prend toute son ampleur tragique. Peut-on être citoyen en s’opposant par la force et par la résistance aux lois, sans s’exclure de la cité ? Y a-t-il une opposition aux lois qui peut être légitime et qui emprunterait d’autres moyens que ceux inhérents à la liberté d’expression, ou sommes nous attachés aux lois comme ce qui donne sens à notre vie ? Y a-t-il d’ailleurs un principe qui justifierait que le citoyen s’oppose à une loi sans qu’il perde son statut politique ?



CITOYEN (lat. civis, membre d'une cité)

Gén. A l'origine, celui qui jouit des privilèges des habitants de la cité. Aujourd'hui, membre d'une communauté, détenteur de droits politiques, tels que le droit de vote, et soumis à des devoirs envers la nation et l'État.
Pol. On est citoyen d'une république ou dans une démocratie, alors qu'on est un sujet dans une monarchie absolue.
Phi. Le citoyen est égal en droit à tout autre, quelles que soient ses caractéristiques empiriques, naturelles (son sexe, sa force physique...) ou culturelles (sa religion, sa langue...). Le citoyen n'est donc pas un individu empirique (qu'on rencontre dans l'Expérience) mais un sujet de droit Ainsi, idéalement, la vraie citoyenneté est cosmopolite; le vrai citoyen du monde, défini universellement, c.-à-d. abstraction faite de l'origine nationale (caractéristique empirique). Cependant, citoyenneté et nationalité restent liées puisqu'on est d'abord citoyen d'un État.

LOI (lat lex, loi)

Épist. Les lois scientifiques établissent entre les faits des rapports mesurables, universels, nécessaires, qui autorisent la prévision. Voir déterminisme.
Mor. La loi morale est la règle normative dictée à l'homme par sa raison pratique. Elle énonce le principe d'action universel et obligatoire auquel tout être raisonnable doit conformer ses actes pour réaliser son autonomie. devoir, impératif.
Phi. pol. La loi civile est la règle ou l'ensemble des règles coercitives établies par l'autorité souveraine d'une société. droit positif. La loi naturelle droit naturel.

DROIT (lat. directus, droit, conforme à une règle)

Gén. Le sens de l'adjectif latin directus, sans courbe, indique d'emblée que le droit est institué pour se conformer à une règle, voire rectifier, corriger les relations entre les hommes. Ainsi, le droit qui dit ce qui doit être s'oppose d'abord au fait (ce qui est). Il est dans l'essence du droit de s'instituer contre le fait.
Droit positif. Le droit positif est l'ensemble des règles définissant ce qui est légal, permis, et illégal, interdit, dans une société donnée. L'institution du droit positif signale la disjonction de la puissance matérielle (capacité de faire) et du pouvoir formel (droit de faire) ; nul n'est autorisé à faire tout ce qu'il peut faire : nul ne peut tout ce qu'il peut.
Droit naturel. Le droit en tant qu'il est simplement positif (posé, établi comme convention) est lui-même un fait de culture. Ainsi, les hommes n'auraient pas tous les mêmes droits. Ce qui est ici illégal serait ailleurs permis. Or, n'existe-t-il pas un droit supérieur à toute convention positive qui résulte de la nature de l'homme ? On appelle, en effet, droit naturel non pas le droit existant naturellement, mais le droit qui met en évidence la vraie nature du droit : énoncer ce qui doit être pour tous les hommes, autrement dit corriger le fait aussi bien culturel que naturel. Ce droit idéal signale la disjonction toujours possible entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Une loi n'est pas forcément juste ; elle ne l'est qu'en rendant légal ce qui est légitime et illégal ce qui est illégitime. Est légitime « ce que tout homme peut faire également » quelles que soient ses particularités naturelles (force, sexe) et culturelles (nationalité, religion). Par droit naturel, il faut donc entendre droit rationnel : l'identité des droits est fondée sur une identité ontologique des hommes (tous les hommes ont la faculté de penser) et non sur une identité naturelle ou culturelle. Ainsi, on peut opposer la conception universaliste du droit naturel ou rationnel aux conceptions naturalistes et culturalistes des racistes. Voir égalité.




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