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Du côté de chez Swann, Marcel Proust, Incipit.

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Aperçu du corrigé : Du côté de chez Swann, Marcel Proust, Incipit.



Document transmis par : nassima20140


Publié le : 20/9/2010 -Format: Document en format HTML protégé

Du côté de chez Swann,  Marcel Proust, Incipit.
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     Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. « Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n’était pas allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d’une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j’étais libre de m’y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j’étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu’il suit va être gravé dans son souvenir par l’excitation qu’il doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour.

 



 

¤ Marcel Proust (1871-1922) publie du côté de chez Swann en 1913. C’est le premier des sept tomes de la Recherche, œuvre immense qui retrace l’histoire d’un narrateur dont le prénom est identique à celui de l’auteur, Marcel. On s’est souvent demandé si cette œuvre pouvait être envisagée comme un ‘roman du romancier’, cependant, la Recherche relate avant tout comment Marcel devient écrivain, et non comment il écrit (voir Genette, in figures III).

 

¤ Dans l’incipit de la partie Combray, première des trois parties du volume (suivie de Un amour de Swann et de Noms de Pays), le narrateur commence son récit par le début : son enfance. Les pages suivantes vont amener le célèbre thème du baiser maternel avant le coucher, que des invités importuns viennent empêcher.

 

¤ Problématique : Dans l’incipit de du côté de chez Swann, nous étudierons comment le narrateur retrace les fantaisies du sommeil mêlées aux raisonnements de l’esprit éveillé, à travers le début des insomnies du jeune Marcel. Par l’emploi des temps verbaux, la variation des rythmes de la phrase, l’enchaînement thématique, s’exprime la lutte des instances conscientes et de celles du rêve. Cette diffraction du sujet se résout par l’éveil, annonçant certains des thèmes majeurs de l’œuvre. Nous verrons de plus comment le texte satisfait aux exigences de l’incipit : qui parle ? Où et quand ont lieu l’histoire ? Présentation des personnages ?

 

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure «

 

¤ Premier mot d’un texte d’une longueur conséquente, l’adverbe de temps « Longtemps « ouvre la Recherche sur une impression de durée et d’habitude. Nous sommes d’emblée dans la temporalité de l’enfance, un moment de la vie où les habitudes, les rituels viennent régler, réguler la vie quotidienne d’une manière très profonde.

 

L’usage des temps est très significatif : le passé composé est un temps du passé qui n’est pas coupé de la situation d’énonciation (à la différence du passé simple). De plus, son aspect est ici itératif. « je me suis couché « donne donc une coloration spéciale à la phrase d’ouverture : par cette entrée, le texte vient opérer le lien avec l’enfance, son monde, ses habitudes… Par le jeu de l’écriture, le narrateur replonge dans son passé.

 

« Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. « «

 

¤ Plongée dans le sommeil : rythme de l’endormissement

La deuxième phrase s’ouvre à son tour par un adverbe, de fréquence, cette fois : « Parfois «, comme si, ayant recréé la situation générale, le narrateur pouvait maintenant s’attacher à décrire les cas particuliers. Nous assistons à un mouvement du général vers le particulier.

 

On notera la structure en apposition du début de la phrase, où se succèdent tout d’abord deux compléments circonstanciels (un adverbe de phrase puis une proposition participiale) : cas de parataxe formant une ouverture rapide. Rythme rapide que vient renforcer les termes « à peine « et le corrélatif « si vite que… «. Cette cheville corrélative forme une structure complexe à la suite des appositions. S’ensuit une forme de discours rapporté entre guillemets qui ajoute un niveau d’enchâssement.

Ce mouvement du simple vers le complexe annonce un approfondissement progressif de l’analyse : le lecteur est invité à une réflexion dont le sujet paraît simple, mais dont le mécanisme est d’une réelle complexité.

 

Une formule paradoxale : « Je m’endors « décrit l’instant où l’esprit pressent son propre glissement dans le sommeil. Jugement de l’esprit éveillé sur lui-même d’un côté, état manifeste du sommeil qui déferle sur la conscience de l’autre.

Cette ambiguïté se traduit :

_ par l’emploi d’un verbe pronominal : « Je « sujet + « m’ « forme réfléchie, P1 siège du processus. La première personne est à la fois sujet et objet de l’observation : introspection et auto-analyse.

_ par l’emploi du présent de l’indicatif : le processus d’endormissement est considéré dans sa durée, si infime soit-elle (aspect sécant). Le basculement dans le sommeil, qui est habituellement décrit par un tiroir verbal d’aspect non sécant (je m’endormis, au PS). Par cette utilisation du présent, l’auteur souligne le moment, l’instant infime et pourtant formulé de l’endormissement.

 

¤ Une pensée paradoxale : l’esprit jouet de l’inconscient

La troisième phrase s’ouvre de nouveau sur un complément de temps : « une demi-heure après «, gravissant un échelon de plus dans la formulation du paradox...



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