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Dans ces pages, Saint-Exupéry exprime les réflexions que lui inspire la mort de ses compagnons aviateurs disparus au cours de leurs missions. Vous analyserez ce texte en vous attachant à dégager les constatations, les idées autour desquelles s'organise cette méditation.

Littérature

Aperçu du corrigé : Dans ces pages, Saint-Exupéry exprime les réflexions que lui inspire la mort de ses compagnons aviateurs disparus au cours de leurs missions. Vous analyserez ce texte en vous attachant à dégager les constatations, les idées autour desquelles s'organise cette méditation.



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Document transmis par : eelise48218


Publié le : 16/2/2011 -Format: Document en format HTML protégé

Dans ces pages, Saint-Exupéry exprime les réflexions que lui inspire la mort de ses compagnons aviateurs disparus au cours de leurs missions. Vous analyserez ce texte en vous attachant à dégager les constatations, les idées autour desquelles s'organise cette méditation.
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Puis, sans vous en tenir à l'exemple des aviateurs, vous examinerez le problème soulevé par Saint-Exupéry dans cette phrase : « La grandeur d'un métier est, peut-être, avant tout, d'unir des hommes «. Vous exposerez, bien entendu, votre opinion sur la question.


LA MORT DES CAMARADES


Enfin, après douze années de travail, comme il survolait une fois de plus l'Atlantique Sud, il signala par un bref message qu'il coupait le moteur arrière droit. Puis le silence se fit.
La nouvelle ne semblait guère inquiétante, et, cependant, après dix minutes de silence, tous les postes radio de la ligne de Paris jusqu'à Buenos-Aires commencèrent leur veille dans l'angoisse. Car si dix minutes de retard n'ont guère de sens dans la vie journalière, elles prennent dans l'aviation postale une lourde signification. Au coeur de ce temps mort, un événement encore inconnu se trouve enfermé. Insignifiant ou malheureux, il est désormais révolu. La destinée a prononcé son jugement, et, contre ce jugement, il n'est plus d'appel : une main de fer a gouverné un équipage vers l'amerrissage sans gravité ou l'écrasement. Mais le verdict n'est pas signifié à ceux qui attendent.
Lequel d'entre nous n'a point connu ces espérances de plus en plus fragiles, ce silence qui empire de minute en minute comme une maladie fatale ? Nous espérions, puis les heures se sont écoulées et, peu à peu, il s'est fait tard. Il nous a bien fallu comprendre que nos camarades ne rentreraient plus, qu'ils reposaient dans cet Atlantique Sud dont ils avaient si souvent labouré le ciel. Mermoz, décidément, s'était retranché derrière son ouvrage, pareil au moissonneur, qui, ayant bien lié sa gerbe, se couche dans son champ.
Quand un camarade meurt ainsi, sa mort paraît encore un acte qui est dans l'ordre du métier, et, tout d'abord, blesse peut-être moins qu'une autre mort. Certes il s'est éloigné celui-là, ayant subi sa dernière mutation d'escale, mais sa présence ne nous manque pas encore en profondeur comme pourrait nous manquer le pain.
Nous avons en effet l'habitude d'attendre longtemps les rencontres. Car ils sont dispersés dans le monde, les camarades de ligne, de Paris à Santiago du Chili, isolés un peu comme des sentinelles qui ne se parleraient guère. Il faut le hasard des voyages pour rassembler, ici ou là, les membres dispersés de la grande famille professionnelle. Autour de la table d'un soir, à Casablanca, à Dakar, à Buenos-Aires, on reprend, après des années de silence, ces conversations interrompues, on se renoue aux vieux souvenirs. Puis l'on repart. La terre ainsi est à la fois déserte et riche. Riche de ces jardins secrets, cachés, difficiles à atteindre, mais auxquels le métier nous ramène toujours, un jour ou l'autre. Les camarades, • la vie peut-être nous en écarte, nous empêche d'y beaucoup penser, mais ils sont quelque part, on ne sait trop où, silencieux et oubliés, mais tellement fidèles ! Et si nous croisons leur chemin, ils nous secouent par les épaules, avec de belles flambées de joie ! Bien sûr, nous avons l'habitude d'attendre...
Mais peu à peu nous découvrons que le rire clair de celui-là nous ne l'entendrons plus jamais, nous découvrons que ce jardin-là nous est interdit pour toujours. Alors commence notre deuil véritable qui n'est point déchirant mais un peu amer.
Rien, jamais, en effet, ne remplacera le compagnon perdu. On ne se crée point de vieux camarades. Rien ne vaut le trésor de tant de souvenirs communs, de tant de mauvaises heures vécues ensemble, de tant de brouilles, de réconciliations, de mouvements du coeur. On ne reconstruit pas ces amitiés-là. Il est vain, si l'on plante un chêne, d'espérer s'abriter bientôt sous son feuillage. Ainsi va la vie. Nous nous sommes enrichis d'abord, nous avons planté pendant des années, mais viennent les années où le temps défait ce travail et déboise. Les camarades, un à un, nous retirent leur ombre. Et à nos deuils se mêle désormais le regret secret de vieillir.
Telle est la morale que Mermoz et d'autres nous ont enseignée. La grandeur d'un métier est, peut-être, avant tout, d'unir des hommes : il n'est qu'un luxe véritable, et c'est celui des relations humaines.


SAINT-EXUPÉRY, Terre des Hommes (Gallimard).




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Le corrigé du sujet "Dans ces pages, Saint-Exupéry exprime les réflexions que lui inspire la mort de ses compagnons aviateurs disparus au cours de leurs missions. Vous analyserez ce texte en vous attachant à dégager les constatations, les idées autour desquelles s'organise cette méditation." a obtenu la note de : aucune note

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