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La découverte de l'Asie mongole chez Guillaume de Rubrouck

Littérature

Aperçu du corrigé : La découverte de l'Asie mongole chez Guillaume de Rubrouck



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Publié le : 5/12/2012 -Format: Document en format FLASH protégé

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  La découverte de l'Asie mongole chez Guillaume de Rubrouck
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La découverte de l'Asie mongole chez Guillaume de Rubrouck


Introduction
Au XIIIème siècle, l'empire mongol est une menace pour l'Occident : son
empire s'étend de l'Ukraine à la Chine. En 1241, les Mongols mènent les
conquêtes successives de nations catholiques, la Pologne, et la Hongrie, et
en 1242, les Mongols sont aux portes de Vienne, et sur le point de
conquérir l'Europe occidentale. Par chance pour les Européens, la mort du
Grand Khan, Oegödäi, en décembre 1241, appelle tous les chefs mongols à se
réunir pour procéder à l'élection d'un nouveau souverain. Ainsi, le khan
Batou retourne-t-il en Mongolie, et les Européens échappent-ils à
l'invasion.
Mais les Mongols continuent de hanter les esprits européens : ils peuvent
revenir. Et qui est donc ce peuple, dévastateur, dont les horreurs
commises lors de leurs conquêtes sèment l'épouvante ?
Sont-ils les peuples de Gog et Magog évoqués par le prophète Ezéchiel[1],
le peuple de l'Antéchrist, qui aurait franchi la Porte de Fer où Alexandre
l'avait enfermé ?
Les Occidentaux sont dans l'ignorance la plus totale. Les Français se
sentent menacés, et décident d'agir : il faut en savoir plus sur ce peuple.
Que veulent-ils ?
Une rumeur court aussi, selon laquelle, un chef mongol, serait chrétien. La
possibilité de faire de ce peuple puissant un allié contre l'ennemi
musulman se présente, elle a de quoi faire rêver la chrétienté !
Ainsi, un franciscain, Jean du Plan Carpin est-il envoyé par le pape
Innocent IV, auprès des Tartares, en 1245. Sa mission consiste à les
persuader de se convertir au christianisme. Il doit remettre au nouveau
Grand Khan une lettre du pape. Dans son Histoire des Tartares, il rend
compte de cette expédition à caractère diplomatique, qui le mena au c?ur de
la Mongolie, après une longue traversée des steppes asiatiques. Il décrit
dans sa relation la géographie physique de l'Asie centrale, les conditions
de voyage, les pays traversés. En bon ethnologue, il évoque ainsi la vie
des Mongols, leurs religion, caractère, et m?urs. Il consacre aussi une
partie de son récit à l'histoire de ce peuple, en décrivant avec précision
l'organisation de leur armée, et leurs méthodes de combat. Dans un contexte
politique difficile, son objectif était bien de faire comprendre aux
souverains, et à la papauté, que seule leur union pourrait venir à bout de
ces guerriers mongols très dangereux.
Le roi Louis IX, saint Louis, décide aussi de réagir et envoie André de
Longjumeau en ambassade auprès du Grand Khan en 1249-1250. Celle-ci se
solde par un échec : la régente Oyul Qaïmïs, veuve de Güyük, ose menacer le
roi et son peuple de mort, s'il ne se soumet pas aux Mongols ! Saint Louis
optera donc pour une seconde mission à caractère religieux, et non plus
politique. Il choisira pour la mener à bien son ami franciscain Guillaume
de Rubrouck. Il s'agit d'aller porter une lettre à Sartaq, chef mongol en
Russie méridionale, dont le bruit court qu'il est baptisé.
Nous savons peu de choses sur Guillaume de Rubrouck : il est né dans un
village des Flandres françaises. Paul Pelliot[2] suppose qu'il devait être
professeur, et avoir entre 35 et 45 ans lorsqu'il partit pour l'Orient :
saint Louis n'aurait pas envoyé un homme sans expérience, ni inculte pour
une mission de cet ordre.
Le départ s'effectua en 1253, avec son compagnon franciscain, Barthélémy,
un clerc, un interprète, et un esclave acheté à Constantinople. A son
retour, Guillaume de Rubrouck adressa une longue lettre au roi, lui rendant
compte de son voyage prolongé jusqu'en 1255, puisqu'il se rendit finalement
jusqu'à Qaracorum, capitale de la Mongolie, pour y rencontrer le nouveau
Grand Khan, son « Mangou «, à savoir Mongka.
Cette relation de voyage, adressée au roi est l'un des rares témoignages
que nous avons sur l'Asie mongole. Ainsi, Le Voyage dans l'empire mongol,
1253-1255 de Guillaume de Rubrouck est-il une source on ne peut plus
précieuse, par la richesse des informations rapportées par cet homme
s'avérant excellent géographe, historien, ethnologue.
Nous étudierons dans un premier temps la manière dont notre auteur
appréhende dans sa relation l'espace géographique, et la grande modernité
dont il fait preuve : relevant maintes informations sur les lieux
traversés (distances, paysages, conditions climatiques), s'en tenant à ce
qu'il observe, et osant même parfois remettre en cause la géographie
médiévale traditionnelle.
Puis, nous axerons notre étude sur l'ampleur, et la qualité des
informations recueillies, d'un point de vue ethnologique, sur ces Mongols,
consciencieusement observés pendant deux années.




I. Guillaume de Rubrouck, le géographe.

1) Les connaissances géographiques au temps de Guillaume de Rubrouck.
Ni les précurseurs de Guillaume de Rubrouck, ni ses successeurs, tel Marco
Polo, ne purent préparer leur voyage en Orient en s'appuyant sur des
cartes. Aujourd'hui, seuls de grands aventuriers, taxés d'inconscience,
aborderaient des contrées inconnues, sans avoir au préalable préparé leur
voyage, s'être enquis d'un itinéraire !
Pourquoi les cartes géographiques n'étaient-elles donc d'aucun secours aux
voyageurs du Moyen Age? La raison en est simple: la géographie médiévale
n'était pas une science positive. Les pensées des géographes de l'Antiquité
étaient reprises. Ainsi, la géographie était-elle liée à la tradition, à
la mythologie antiques, et reprenait-elle ses légendes, ses croyances d'un
Orient merveilleux, Orient dont la méconnaissance excitait l'imaginaire, la
fantaisie des auteurs. De plus, cette géographie antique était adaptée aux
Saintes Ecritures
Pour comprendre les géographes médiévaux, leur appréhension de la forme de
la terre, sa position dans l'espace, la répartition des terres et mers,
celle des zones habitables, il faut bien évidemment les situer dans le
contexte de l'époque : leur géographie reflète la mentalité, la façon de
penser au XIIIème siècle. A l'époque des croisades, on imagine bien qu'il
était inconcevable pour un Européen de s'éloigner quelque peu de la
doctrine chrétienne catholique. Ceux qui l'osaient étaient considérés comme
des hérétiques, et très sévèrement punis. La géographie médiévale est donc
aussi religieuse, inspirée de la Bible.
Pour appuyer nos dires quant aux caractéristiques antiques, merveilleuses
et religieuses de la géographie médiévale, évoquons cette fameuse carte
médiévale de Richard de Holdingham, datant du XIIIème siècle, de la
Cathédrale de Hereford[3]: trois continents apparaissent, ainsi que l'Inde.
La carte est pleine d'éléments fantastiques de source antique : on y trouve
par exemple représentés des arbres, animaux, êtres légendaires et
monstrueux, et en bas, les détroits de Gibraltar, avec les colonnes
d'Hercule placées sur l'île de Cadiz.
La carte contient aussi des éléments bibliques : au dessus de la carte,
figure le Christ jugeant les hommes : à sa droite, les sauvés sont
conduits au paradis ; à sa gauche, se trouvent les damnés qui seront
conduits en enfer. En dessous du Christ se trouve la Vierge Marie. Au haut
de la carte, on trouve une île de la côte asiatique, le Paradis terrestre
avec Adam et Eve prenant le fruit défendu, et la représentation de leur
expulsion.
Jérusalem, est placée exactement au centre de la carte, et l'épisode de
la crucifixion est dépeint. Cela ne signifie évidemment pas pour autant
que les géographes situaient la ville sainte au centre du monde, mais
c'était une convention cartographique à laquelle les chrétiens ne pouvaient
déroger...
A partir du XIIIème siècle, grâce aux témoignages de diplomates,
missionnaires, ou marchands partis à la découverte de l'Orient, l'Occident
connaîtra de grandes avancées d'un point de vue géographique. Il faudra
parfois pourtant du temps pour que la valeur scientifique de leurs récits
soit considérée.
Ainsi, Guillaume de Rubrouck fait-il partie des hommes qui ont contribué
au renouveau de la géographie médiévale, à une approche réaliste, moderne
de cette science.

2) La géographie vue par Guillaume de Rubrouck.
En deux ans, entre 1253 et 1255, Guillaume de Rubrouck parcourut quelques
seize mille kilomètres, à cheval, voire à pied. Son itinéraire le mène aux
différents chefs mongols auxquels il est adressé. Et, en bon géographe, il
est attentif aux lieux, pays, paysages, mers, et précise leurs situations,
dimensions, caractéristiques physiques, climatiques, leurs ressources, les
distances entre chaque étape. Parcourons donc brièvement son périple, et
relevons ainsi quelques exemples qui en témoignent.
Guillaume de Rubrouck quitte Constantinople en avril 1253. Il traverse la
« mer de Pont «, et aborde en mai au port de Soldaia, en Crimée. Les
dimensions de la mer de Pont, c'est-à-dire la mer Noire, l'impressionnent
et il en exagère amplement l'étendue: « sur 1400 milles en longitude[4] «
et « 700 milles en direction de l'Orient[5] «.
Guillaume de Rubrouck décrit la province de Cassaria, qui correspond à la
Crimée, évoquant les villes qui s'y trouvent, et la mer qui la borde. Il
nous renseigne sur le fleuve « Tanaïs «, le Don, relié à la Volga par un
grand canal, et qui rejoint effectivement « une sorte de mer[6] «, la mer
d'Azov. Les dimensions données par notre auteur sont encore exagérées, tant
l'étendue des mers le fascine.
Son attention se porte particulièrement sur la ville de Soldaia où les
échanges commerciaux vont bon train : les Turcs qui se dirigent vers les
pays du nord, y ramènent des toiles de coton, des pièces de soie et des
épices ; les Russes qui veulent entrer en Turquie y vendent des fourrures
précieuses, certaines en peau d'écureuil, « du vair et du petit-gris «.
Cette ville, actuelle Soudak, était effectivement renommée au Moyen Age
comme un grand centre commercial. Ainsi, dans Le Devisement du monde[7],
Marco Polo évoque-t-il le séjour de ses père et oncle, Nicolo, et Mafeo, à
« Soldanie «, la « Soldaia « de frère Guillaume. Et Stéphane Yérasimos nous
apprend que la ville était alors un comptoir vénitien, où leur frère aîné
possédait une antenne commerciale.[8]
Guillaume et ses compagnons quitteront la ville de Crimée pour se rendre
auprès du chef mongol Scatatay.
Guillaume regrettera d'avoir suivi les conseils de marchands de
Constantinople, croisés à Soldaia, et d'avoir chargé leurs affaires sur des
chariots conduits par des b?ufs, ce qui ralentit fortement leur avancée.
Ils arrivent au camp de Sartak en juillet 1253, et ils ont donc mis deux
mois, au lieu d'un, pour y parvenir!
Mais la lenteur du trajet, la chevauchée « au pas de b?uf « lui ont
visiblement permis d'apprécier tout à son aise la beauté des paysages :
après un paysage montagneux, il apprécie « une très belle forêt dans une
plaine riche en sources et en ruisseaux[9] «. Il raconte ensuite la
traversée d'une vaste plaine. Il s'agit de l'immense plaine au nord du
Caucase, de la mer Noire et de la Caspienne. Elle était effectivement le
territoire des Comans, maîtres de la steppe jusqu'en 1237, date à laquelle
ils furent vaincus par les Mongols, dans la campagne menée par Batou. Cette
plaine mongole est, nous dit le franciscain, remplie de lacs, et de
nombreuses sources salées qui permettent la production de sel, vendu à prix
d'or aux Russes par Batou et Sartaq. Ces marais, et nappes d'eaux salées,
s'étendaient jusqu'à la Caspienne, à son époque, et le contraste avec les
paysages qui suivaient, vastes étendues de sable, arides et improductives,
ont dû marquer sa mémoire.
Après un premier contact avec les Mongols auprès du chef mongol Scatatay,
il quitte ce camp pour aller porter les lettres de saint Louis à Sartaq,
fils de Batou, dont le camp se trouve entre le « Tanaïs «, le Don et
l'« Etilia «, la Volga.
Autour du 20 juillet, ils traversent le Don à la barque, et parviennent
au camp de Sartaq le 31 juillet 1253.
Guillaume de Rubrouck semble avoir été impressionné par la démesure des
déserts, ces immenses espaces vides de la steppe. Et de nous préciser
qu'entre la ville de Soudak, et le camp de Sartaq, il ne vit « aucune
ville, aucune trace d'édifice qui put rappeler l'existence d'une
ville[10] «. Ces grands espaces désertiques avaient de quoi dérouter tout
Européen, pour qui la ville symbolisai...




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