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Extrait du chapitre VIII de la troisième partie de Madame Bovary

Littérature

Aperçu du corrigé : Extrait du chapitre VIII de la troisième partie de Madame Bovary



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Publié le : 8/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

Extrait du chapitre VIII de la troisième partie de Madame Bovary
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La première des modifications de la perception qu'opère la folie, concerne la conscience de soi : «Elle resta perdue de stupeur, et n'ayant plus conscience d'elle-même que par le battement de ses artères, qu'elle croyait entendre s'échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. «
 Frappée par la crise, Emma perd toute conscience métaphysique. Elle n'est plus qu'un corps précaire, une physiologie circulatoire dont elle redoute l'hémorragie et qui la confond avec la nature. Emma a peur de sentir qu'elle se dissout dans l'univers en perdant ce qui faisait son identité : « Tout ce qu'il y avait dans sa tête de réminiscences, d'idées, s'échappait à la fois, d'un seul bond, comme les mille pièces d'un feu d'artifice. « Cette dernière comparaison dit à la fois la crainte de voir sa conscience dispersée et l'éblouissante violence d'une telle sensation.



Elle resta perdue de stupeur, et n'ayant plus conscience d'elle-même que par le battement de ses artères, qu'elle croyait entendre s'échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. Le sol sous ses pieds était plus mou qu'une onde, et les sillons lui parurent d'immenses vagues brunes, qui déferlaient. Tout ce qu'il y avait dans sa tête de réminiscences, d'idées, s'échappait à la fois, d'un seul bond, comme les mille pièces d'un feu d'artifice. Elle vit son père, le cabinet de Lheureux, leur chambre là-bas, un autre paysage. La folie la prenait, elle eut peur, et parvint à se ressaisir, d'une manière confuse, il est vrai ; car elle ne se rappelait point la cause de son horrible état, c'est-à-dire la question d'argent. Elle ne souffrait que de son amour, et sentait son âme l'abandonner par ce souvenir, comme les blessés, en agonisant, sentent l'existence qui s'en va par leur plaie qui saigne.
      La nuit tombait, des corneilles volaient.
      Il lui sembla tout à coup que des globules couleur de feu éclataient dans l'air comme des balles fulminantes en s'aplatissant, et tournaient, tournaient, pour aller se fondre sur la neige, entre les branches des arbres. Au milieu de chacun d'eux, la figure de Rodolphe apparaissait. Ils se multiplièrent, et ils se rapprochaient, la pénétraient ; tout disparut. Elle reconnut les lumières des maisons, qui rayonnaient de loin dans le brouillard.
      Alors sa situation, telle qu'un abîme, se représenta. Elle haletait à se rompre la poitrine. Puis, dans un transport d'héroïsme qui la rendait presque joyeuse, elle descendit la côte en courant, traversa la planche aux vaches, le sentier, l'allée, les halles, et arriva devant la boutique du pharmacien.
      Il n'y avait personne. Elle allait entrer ; mais, au bruit de la sonnette, on pouvait venir ; et, se glissant par la barrière, retenant son haleine, tâtant les murs, elle s'avança jusqu'au seuil de la cuisine, où brûlait une chandelle posée sur le fourneau. Justin, en manches de chemise, emportait un plat.
      – Ah ! ils dînent. Attendons.
      Il revint. Elle frappa contre la vitre. Il sortit.
      – La clef ! celle d'en haut, où sont les...
      – Comment ?
      Et il la regardait, tout étonné par la pâleur de son visage, qui tranchait en blanc sur le fond noir de la nuit. Elle lui apparut extraordinairement belle, et majestueuse comme un fantôme ; sans comprendre ce qu'elle voulait, il pressentait quelque chose de terrible.
      Mais elle reprit vivement, à voix basse, d'une voix douce, dissolvante :
      – Je la veux ! donne-la-moi.

      Comme la cloison était mince, on entendait le cliquetis des fourchettes sur les assiettes dans la salle à manger.
      Elle prétendit avoir besoin de tuer les rats qui l'empêchaient de dormir.
      – Il faudrait que j'avertisse monsieur.
      – Non ! reste !
      Puis, d'un air indifférent :
      – Eh ! ce n'est pas la peine, je lui dirai tantôt. Allons, éclaire-moi !
      Elle entra dans le corridor où s'ouvrait la porte du laboratoire. Il y avait contre la muraille une clef étiquetée capharnaüm.
      – Justin ! cria l'apothicaire, qui s'impatientait.
      – Montons !
      Et il la suivit.
      La clef tourna dans la serrure, et elle alla droit vers la troisième tablette, tant son souvenir la guidait bien, saisit le bocal bleu, en arracha le bouchon, y fourra sa main, et, la retirant pleine d'une poudre blanche, elle se mit à manger à même.
      – Arrêtez ! s'écria-t-il en se jetant sur elle.
      – Tais-toi ! on viendrait...
      Il se désespérait, voulait appeler.
      – N'en dis rien, tout retomberait sur ton maître !
      Puis elle s'en retourna subitement apaisée, et presque dans la sérénité d'un devoir accompli.

 




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