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Faut-il respecter en autrui le semblable ou l'être différent de nous ?

Philosophie

Aperçu du corrigé : Faut-il respecter en autrui le semblable ou l'être différent de nous ?



Publié le : 9/1/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

Faut-il respecter en autrui le semblable ou l'être différent de nous ?
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Si l’amitié désigne cette relation fusionnelle qui fait dire à Montaigne dans les Essais, Livre 28, livre 1 : « En l’amitié nos âmes se mêlent et se confondent l’une l’autre d’un mélange si universel qu’elles effacent et ne retrouvent la couture qui les a jointe. Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant parce que c’était lui parce que c’était moi «. Ici autrui apparaît comme un prolongement de moi-même. Pour autant  autrui en tant qu’homme apparaît sous des figures opposés et contradictoires, il est certes l’ami mais il est aussi le voisin, l’étranger.

L’étranger est la figure antinomique de l’ami, puisqu’il est celui qui intrinsèquement autre, il est inassimilable. Avec lui, il semble que je ne puis avoir de dialogue, je ne puis réellement sympathiser avec lui ou le comprendre. Comment respecter autrui indifféremment de la place qu’il occupe dans notre existence, sans tomber dans ni l’assimilation qui nie toute identité propre à autrui, ni dans l’incompréhension voire l’irrespect qui dénigre totalement autrui ?

Tout homme en tant qu’il appartient au genre humain n’a-t-il pas une proximité voire une similitude qu’il partage avec tout les hommes et donc avec moi ? Mais alors tout homme n’est-il pas mon alter ego ? Cependant peut-on ramener tous les hommes à cette égalité, cette identité qui interdit de voir tout autre comme radicalement autre ? Respecter autrui n’est-ce pas avant tout de ne pas le ramener à de l’assimilable ?

 



Mais d'autre part, l'affirmation des différences, leur reconnaissance, ne suffit pas non plus à fonder un respect universel puisque leur reconnaissance peut fort bien être une stigmatisation, donc servir à un processus d'exclusion. Que cette reconnaissance soit affirmée en vue de la paix et dans la paix (et non pas pour justifier une guerre), ne suffit pas. Que l'on songe à l'équivocité de l'usage du principe des quota culturels dans l'université américaine, à l'équivocité des Women studies, du gynocriticisme ou à celle des gay studies. Que l'on songe au risque permanent de ghettoisation lorsqu'on veut permettre aux membres d'une même culture de vivre ensemble dans un ensemble plus vaste; que l'on se rappelle la violence de l'acculturation produite par la politique d'assimilation.Aussi pouvons-nous dire que le principe du respect ne peut être ni la pure et simple reconnaissance des différences sociales, culturelles ou physiques, ni non plus l'affirmation simple de l'identité universelle des hommes rassemblés dans un genre unique. Ces deux positions sont sources de danger; elles doivent donc être équilibrées. Comme elles sont chacune dotée d'une certaine nécessité, elles doivent être équilibrées l'une par l'autre. Il faut donc affirmer que le respect a pour principe à la fois l'affirmation de l'identité des hommes, c'est-à-dire leur commune appartenance à l'humanité, leur égale dignité humaine, et la reconnaissance de leur différence de fait d'ordre culturel, social ou physique (couleur de peau, coutumes, langues, classes sociales, etc ...).Du même coup nous voyons une solution aux apories de l'universalisme et du droit à la différence.


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