Heidegger: dictature du "on"

banniere

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits
<< HEGEL: Éveiller l'âme Hobbes: Hors de l'état civil >>


Partager

Heidegger: dictature du "on"

Philosophie

Aperçu du corrigé : Heidegger: dictature du "on"



Publié le : 27/2/2008 -Format: Document en format HTML protégé

	Heidegger: dictature du
Zoom

La traduction et l’explication des textes de Heidegger ne sont jamais choses aisées. En effet ce dernier a opéré une véritable refonte du vocabulaire philosophique. C’est la nature même de son questionnement nouveau et radical sur l’être qui la conduit à proposer un discours si particulier. Dans cet extrait, Heidegger aborde le thème du sens commun, de nos manières d’être quotidiennes au travers d’exemples de situations courantes.

L’ « être-là « (chacun de nous), conserve-t-il sa singularité et sa liberté dans le monde ambiant, dans sa coexistence avec les « autres « ? C’est cette problématique que Heidegger soulève dans cet extrait.

Sa thèse est que chacun de nous est bien plutôt toujours déjà sous l’influence du dictat qu’est le fameux « On «, sous l’influence de sa présence factice et de son nivellement dans notre quotidien.

Cet extrait s’organise en trois moments distincts :

(ligne 1 à 5) Heidegger expose sa thèse sur l’absorption de ma singularité dans tout « être-en-commun «.

(ligne 6 à 11) Notre manière habituelle de nous comporter et de nous exprimer trahie cette influence dictatoriale du « On «.

(ligne 11 à fin) Le « On «, fantôme derrière lequel nous fuyons notre authenticité, nous déresponsabilise.

 



Le distancement caractéristique de l'être-avec-autrui implique que l'être-là se trouve dans son être-en-commun quotidien sous l'emprise d'autrui. Il n'est pas lui-même, les autres l'ont déchargé de son être. Les possibilités d'être quotidiennes de l'être-là sont à la discrétion d'autrui. Autrui, en ce cas, n'est pas quelqu'un de déterminé. N'importe qui, au contraire, peut le représenter. Seule importe cette domination subreptice d'autrui, à laquelle l'être-là, dans son être-avec-autrui, s'est déjà soumis. Soi-même, on appartient à autrui et l'on renforce son empire. « Les autres », que l'on nomme ainsi pour dissimuler le fait que l'on est essentiellement l'un d'eux, sont ceux qui, dans l'existence commune quotidienne, se trouvent « être là » de prime abord et le plus souvent. En usant des transports en commun ou des services d'information (des journaux par exemple) chacun est semblable à tout autre. Cet être-en-commun dissout complètement l'être-là qui est mien dans le mode d'être d'« autrui », en telle sorte que les autres n'en disparaissent que davantage en ce qu'ils ont de distinct et d'expressément particulier. Cette situation d'indifférence et d'indistinction permet au « On » de développer sa dictature caractéristique. Nous nous amusons, nous nous distrayons, comme on s'amuse ; nous lisons, nous voyons, nous jugeons de la littérature et de l'art, comme on voit et comme on juge ; et même nous nous écartons des « grandes foules » comme on s'en écarte ; nous trouvons « scandaleux » ce que l'on trouve scandaleux. Le « On » qui n'est personne de déterminé et qui est tout le monde, bien qu'il ne soit pas la somme de tous, prescrit à la réalité quotidienne son mode d'être. (...) Le « On » se mêle de tout, mais en réussissant toujours à se dérober si l'être-là est acculé à quelque décision. Cependant, comme il suggère en toute occasion le jugement à énoncer et la décision à prendre, il retire à l'être-là toute responsabilité concrète. Le « On » ne court aucun risque à permettre qu'en toute circonstance on ait recours à lui. Il peut aisément porter n'importe quelle responsabilité, puisque à travers lui personne jamais ne peut être interpellé. On peut toujours dire : on l'a voulu, mais on dira aussi bien que « personne » n'a rien voulu. Martin HEIDEGGER


Signaler un abus

administration
Ajouter au panierAbonnementEchange gratuit

Corrigé : 	Heidegger: dictature du "on"	Corrigé de 1625 mots (soit 3 pages) directement accessible
» VOIR LE DETAIL

Le corrigé du sujet " Heidegger: dictature du "on" " a obtenu la note de : aucune note

Heidegger: dictature du "on"

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit