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L'homme à la cervelle d'or - Alphonse Daudet

Littérature

Aperçu du corrigé : L'homme à la cervelle d'or - Alphonse Daudet



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Document transmis par : ebrahim40875


Publié le : 16/11/2010 -Format: Document en format HTML protégé

L'homme à la cervelle d'or - Alphonse Daudet
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Alphonse Daudet est connu aujourd'hui pour ses lettres de mon moulin, parues en 1869. dans l'une de ces lettres, il entreprend de relater à l'adresse de la « dame qui demande des histoires gaies « un conte, ce qu'il nomme lui-même une « légende mélancolique «, qui met en scène « un homme à la cervelle d'or «, qui ne saura pas faire bon usage d'un don exceptionnel offert à sa naissance puisqu'il finira dans la détresse et la misère morales. Le passage à commenter est la fin du conte, qui se compose du dénouement narratif et d'une morale explicite. Le héros vient de tomber amoureux ; commence alors sa lente dégénérescence, dont Daudet entend tirer des leçons. Nous verrons tout d'abord que l'auteur maîtrise l'art du récit afin de donner avec plus de force un enseignement moral au lecteur.



A quelque temps de là, l'homme à la cervelle d'or devint amoureux, et cette fois tout fut fini... Il aimait du meilleur de son âme une petite femme blonde, qui l'aimait bien aussi, mais qui préférait encore les pompons, les plumes blanches et les jolis glands mordorés9 battant le long des bottines. Entre les mains de cette mignonne créature, - moitié oiseau, moitié poupée, - les piécettes d'or fondaient que c'était un plaisir. Elle avait tous les caprices ; et lui ne savait jamais dire non ; même, de peur de la peiner, il lui cacha jusqu'au bout le triste secret de sa fortune. - Nous sommes donc bien riches ? disait-elle. Le pauvre homme lui répondait : - Oh ! oui... bien riches ! Et il souriait avec amour au petit oiseau bleu qui lui mangeait le crâne innocemment. Quelquefois cependant la peur le prenait, il avait des envies d'être avare ; mais alors la petite femme venait vers lui en sautillant, et lui disait : Mon mari, qui êtes si riche ! Achetez-moi quelque chose de bien cher... Et il lui achetait quelque chose de bien cher. Cela dura ainsi pendant deux ans ; puis, un matin, la petite femme mourut, sans qu'on sût pourquoi, comme un oiseau... Le trésor touchait à sa fin ; avec ce qui lui restait, le veuf fit faire à sa chère morte un bel enterrement. Cloches à toute volée, lourds carrosses tendus de noir, chevaux empanachés, larmes d'argent dans le velours, rien ne lui parut trop beau. Que lui importait son or maintenant ?... Il en donna pour l'église, pour les porteurs, pour les revendeuses d'immortelles10 ; il en donna partout, sans marchander... Aussi, en sortant du cimetière, il ne lui restait presque plus rien de cette cervelle merveilleuse, à peine quelques parcelles aux parois du crâne. Alors on le vit s'en aller dans les rues, l'air égaré, les mains en avant, trébuchant comme un homme ivre. Le soir, à l'heure où les bazars s'illuminent, il s'arrêta devant une large vitrine dans laquelle tout un fouillis d'étoffes et de parures reluisait aux lumières, et resta là longtemps à regarder deux bottines de satin bleu bordées de duvet de cygne. "Je sais quelqu'un à qui ces bottines feraient bien plaisir ", se disait-il en souriant ; et, ne se souvenant déjà plus que la petite femme était morte, il entra pour les acheter. Du fond de son arrière-boutique, la marchande entendit un grand cri ; elle accourut et recula de peur en voyant un homme debout, qui s'accotait au comptoir et la regardait douloureusement d'un air hébété. Il tenait d'une main les bottines bleues à bordure de cygne, et présentait l'autre main toute sanglante, avec des raclures d'or au bout des ongles. Telle est, madame, la légende de l'homme à la cervelle d'or. Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d'un bout à l'autre... Il y a par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre de leur cerveau et paient en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C'est pour eux une douleur de chaque jour ; et puis, quand ils sont las de souffrir...




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