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LAMARTINE Alphonse Marie Louis de : sa vie et son oeuvre

Littérature

Aperçu du corrigé : LAMARTINE Alphonse Marie Louis de : sa vie et son oeuvre



Publié le : 8/1/2019 -Format: Document en format HTML protégé

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LAMARTINE Alphonse Marie Louis de : sa vie et son oeuvre
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L’écrivain a une mission sociale. Toute la production littéraire, toute l’action politique de Lamartine à cette époque est marquée par cette préoccupation.

 

Mais voici une nouvelle rupture : après son échec aux élections présidentielles en décembre 1848, Lamartine quitte définitivement la scène politique. Confronté à des problèmes financiers, il devient un « galérien des lettres » et doit écrire pour vivre. La qualité s’en ressent : compilations historiques (Histoire des constituants, de la Turquie...) ou romans. Pourtant, Lamartine peut encore montrer sa véritable valeur dans des écrits autobiographiques attachants : ce sont les Confidences (dès 1849), qui contiennent Graziella et Raphaël. Dès 1856, il livre à ses abonnés un Cours familier de littérature. On peut y lire, parfois, de très beaux textes, où l’auteur montre qu’il est resté le grand poète de l\'émotion et du souvenir.

 

Si l’on n’envisage que les événements de la biographie de Lamartine, on a le sentiment d’un fil discontinu permettant d’envisager une succession de périodes : le poète du moi, l’homme public, le « galérien des lettres ». Cette absence d’unité biographique serait confirmée par les aspects forts différents de l’homme : comment concilier le personnage du poète plongé dans l’émotion personnelle avec celui du voyageur aventureux de 1832 ou de l’orateur politique véhément? Un autre élément pourrait nous confirmer dans l’idée qu’il n’y aurait pas un mais plusieurs Lamartine, c’est la multiplicité des genres abordés : poésie lyrique, histoire, romans, essais, récits de voyage, autobiographies plus ou moins romancées. Plus profondément, on pourrait voir une contradiction entre la tendance mystique qui habite profondément l’œuvre et la conception morale d’un engagement dans le monde, d’une tâche envers autrui qui marque très tôt la personnalité de l’homme. Pourtant, derrière ces apparences morcelées, quelques attitudes éthiques et esthétiques assurent la profonde unité de l’œuvre.

 

Au-delà des conventions

 

Le lyrisme de Lamartine apparaît, en effet, comme une constante : que nous considérions le poète de l’amour, l’orateur politique, le poète de la foi ou même l’auteur du Voyage en Orient, nous rencontrons une même qualité d’émotion, le souffle d’une sincérité. Dans tous les cas, cette qualité essentielle permet de dépasser les conventions. Tout d’abord les conventions du style que l’on a tant reprochées au poète des Méditations ou des Harmonies : ces réminiscences nombreuses de la tradition élégiaque, ce manque d’originalité du mètre et des images qui le firent comparer à « un Chateaubriand en vers » (Faguet). En fait, dès 1820, l\'expression directe du moi et l’abolition du distinct dans la perception du réel constituent une nouveauté dans l’écriture elle-même. Une poésie de l’indicible émerge, dont Georges Poulet a souligné la modernité. La foi profonde qui anime les Harmonies, la volonté douloureuse de suggérer par le langage ce que celui-ci, par essence, est impuissant à dévoiler, tout cela nous met en présence d’un ton devant lequel on ne saurait rester insensible. L’univers des images lui-même, leur dialectique de l’ouvert et du clos, du clair et de l’obscur fondent un mouvement original. Il faut aujourd’hui refuser l’image toute faite sur la poésie lyrique de Lamartine.

 

Conventions des partis, ensuite : elles aussi sont balayées dans la pratique politique de Lamartine. Lorsqu’il est élu député, il refuse d’entrer dans un parti. Il avait d’ailleurs, avant son départ pour l’Orient, mesuré l’étroitesse de vues des chapelles politiques. C’est animé par un idéal supérieur, par la foi profonde en un projet divin qui doit se réaliser dans l’Histoire que Lamartine accumule sur les sujets les plus ardus une documentation abondante. On ne saurait lui faire le reproche pascalien

 

de ne s\'occuper que des moyens et non des fins. Cette position était délicate : orateur enthousiaste, Lamartine restera fidèle à sa vision lors de la révolution de 1848. Refusant le pouvoir, celui qui pouvait devenir « ministre exécutif » du gouvernement provisoire se retrouve seul et doit quitter la scène. Ce mépris des conventions politiques fut sa grandeur et causa sa perte.

 

Lamartine sait aussi dépasser les conventions du voyage au cours de son périple oriental. Contrairement à l’image, accréditée par sa poésie lyrique, d’un écrivain incapable de décrire, il montre au contraire dans le Voyage en Orient et dans de nombreuses autres pages (pensons à Graziella, notamment) une passion de regarder, un sens aigu de la description, une ouverture sur autrui qui constituent un véritable lyrisme de l’observation. Lamartine sait voir l’Autre, et cette ouverture passionnée lui fait dépasser les imageries de l’Orient. C’est là un aspect de son œuvre que l’on a injustement ignoré.

 

Une vision de l\'Histoire

 

Il est un peu facile d’opposer le légitimiste de 1820 à l’homme de 1848. Il l’est tout autant de montrer que l’idéalisme de Lamartine peut cacher des intérêts de classe : partisan d’une démocratie politique, Lamartine cherche à canaliser la violence virtuelle d’un prolétariat misérable en proposant des réformes sociales qui cependant préservent le principe essentiel de la propriété, auquel il est attaché.

 

Ce qui nous semble fondamental, c’est de saisir l’unité profonde de la vision de l\'Histoire de Lamartine, et cela dès 1820. Car elle détermine la pratique politique de l’auteur des Méditations.

 

Il l’expose en 1831 dans un court essai : Sur la politique rationnelle (fac-similé, Slatkine, Genève, 1977). Il en conservera les éléments essentiels, qui, d’ailleurs, ne sont aucunement en contradiction avec la vision des premières Méditations (vision d’un projet divin) : « Nous sommes à une des plus fortes époques que le genre humain ait à franchir pour avancer vers le but de sa destinée divine ».

 

Comme Michelet, Lamartine croit, après Juillet, que la France est devenue le pilote d’un avenir de progrès. Il se sent en accord avec le peu « d’esprits élevés et rationnels qui ont fait de leur pensée politique un sanctuaire où l’intrigue et la passion ne pénètrent pas [...], qui placent la morale, le devoir, le salut et le progrès de l\'humanité au-dessus de leurs théories d’école et de leurs affections de famille ». « Au-dessus de la mêlée », donc, il propose avec éloquence et conviction les points forts de son idéalisme politique. Il est assuré d’être finalement entendu car toute « idée sociale, descendue du ciel sur l’humanité, n’y retourne jamais à vide ». « Elle porte en soi quelque chose de vital, de divin... ».

 

Lamartine se présente donc en guide de l’humanité et en promoteur de l’idée de liberté. Dans le ton de l’ouvrage, on sent un respect religieux pour ses convictions politiques. C’est pour conserver l’intégrité de celles-ci, les défendre sans compromission que Lamartine refuse de s’associer à un journal politique. Il est déjà un solitaire et un croyant de la politique. A son retour d’Orient, il fera encore, dans ses engagements, figure d’opposant en marge des partis.

 

Dans son ouvrage, Lamartine ne propose aucune analyse ponctuelle mais tente de dégager une vue générale de l\'Histoire conçue comme progrès organique et nécessaire. Il existe une « destinée divine » du genre humain, et « la vérité sociale ne se développe qu’à la lueur de la vérité divine ». Si le langage est tout pénétré par un vocabulaire du sacré, c’est que l\'histoire est le lieu du progressif dévoilement d’un projet divin. L’homme politique digne de ce nom devient le guide précédant les



LAMARTINE

LAMARTINE Alphonse Marie Louis de (1790-1869). Qui, aujourd’hui, lit Lamartine? Présent dans tous les manuels scolaires, édité (pour les Méditations poétiques) à grand renfort de « petits classiques », il semble pourtant concerner fort peu la sensibilité d’un amateur contemporain de poésie. Les imageries du rêveur, du « pleurard », d’un idéalisme politique dépassé, nous font négliger une relecture nécessaire. En parler, ce sera donc ici, en partie, réhabiliter l’auteur du trop méconnu Voyage en Orient, une intelligence, une éthique, une haute qualité d’émotion. Avec Lamartine, qu’il soit politicien ou écrivain, c’est un homme, au sens le plus élevé du terme, que nous rencontrons, une vision de l’action et du langage qui doit retenir notre attention, voire constituer une leçon insoupçonnée au sein d\'une modernité qui a voulu, trop souvent, séparer l\'écriture et la vie.

 

Plusieurs Lamartine?

 

Lorsque l’on considère l’existence et l’œuvre de Lamartine, on peut être tenté d’y voir un certain nombre de ruptures, voire de contradictions qui nous empêcheraient de saisir l’unité d’un visage.

 

Ruptures au niveau de la biographie, tout d’abord. Certes, l’enfance heureuse à Milly, l’existence parfois dissipée du jeune aristocrate et même les débuts de sa carrière poétique se placent sous le signe de la continuité. Mme de Lamartine écrit, en 1818 : «Mon fils a bien besoin de foi positive, car sa religion, trop libre et trop vague, me paraît moins une foi qu’un sentiment ». Elle indique ici une constante fondamentale de la personnalité de Lamartine. Celui-ci est l’homme de l’individualité, qu’il s’agisse de l’amoureux d’Antoniella en 1811, de celui de Julie Charles en 1816 ou même de l’époux heureux dont la fille Julia naît en 1822, du poète des Premières Méditations ( 1820) ou de celui des Nouvelles Médita

 

tions (1823). Même lorsqu’il semble vouloir quitter cette orientation en affirmant que le moi ne doit plus être un objet d’inspiration pour le poète (le Dernier Chant du pèlerinage d\'Harold, 1825), il ne peut nous convaincre, montrant avec les Harmonies poétiques et religieuses (1830) qu’il est avant tout le grand poète de l’émotion et du lyrisme individuel.

 

Pourtant, lorsque après la publication du recueil de 1830, qui le consacre comme poète lyrique, Lamartine abandonne la carrière diplomatique, ce n’est pas vers la solitude de l’écrivain qu’il se tourne mais vers l’engagement politique. Le légitimiste et le chantre du moi de 1820 va devenir, au cours d’une évolution incessante vers la gauche, le chef du gouvernement provisoire de la République de 1848. L’homme du privé va se transformer en orateur politique. N’est-ce point là un nouveau Lamartine? Le ton d’une poésie qui ne serait plus celle du moi se dessine avec plus de force qu’en 1825. Ce sont des odes politiques : Contre la peine de mort (décembre 1830) et la fameuse Ode à Némésis (juillet 1831), où Lamartine affirme vigoureusement : « Honte à qui peut chanter tandis que Rome brûle! ». C’est en 1831 encore qu’il se présente à la députation et publie son essai Sur la politique rationnelle, où il définit les grandes lignes de sa vision politique. Après son périple oriental, Lamartine semble consacrer cette rupture. Pour oublier, peut-être, les épreuves de la vie privée (mort de sa fille Julia en décembre 1832), il se lance plus intensément encore dans la tâche politique, cherchant à promouvoir une politique progressiste pénétrée d’esprit évangélique. L’action littéraire, qu’il n’a jamais abandonnée, s’oriente vers une vision sociale très marquée. L’idée d’une instruction des «humbles» que l’on trouve dans Jocelyn (1836) annonce bien tel article de 1843 ou la préface de Geneviève (1851), où il proposera une conception de la lecture d’instruction (littérature édifiante, pensent certains).


Lamartine rappelle quelques principes essentiels à la réalisation de la société souhaitée : monarchie constitutionnelle, liberté de la presse, enseignement libre et gratuit, séparation de F Église et de l\'État, élections au scrutin proportionnel, législation pénétrée d\'esprit évangélique (abolition de la peine de mort), respect de la propriété, reconnaissance d’une centralisation administrative et exécutive...

 

Ces divers principes, Lamartine ne les pose pas, cependant, en absolus indépassables. Il note ainsi que la propriété, certes, a bien été jusqu’ici la seule base donnée par Dieu à la famille et à la société. Cependant : « Peut-être l’humanité découvrira-t-elle un jour un autre principe social ». Les attachements « idéologiques » ne sont donc que des modalités pour réaliser un plus vaste projet : elles fondent seulement une pratique justifiable au plan divin.

 

Mais, dans la confusion du présent, la réalisation d\'une si haute visée exige un homme « complet dans l’intelligence et la vertu », « fort de la force de sa conviction et de celle de son époque [...], palpitant de foi dans l\'avenir [...], capable d’entrevoir l\'autre monde politique, de nous convaincre de son existence, et de nous y conduire par la persuasion de son éloquence... ». Cet homme ne pourrait-il être Lamartine en personne, qui va méditer et observer en Orient?

 

Une éthique fondatrice

 

Si la poésie doit être de la « raison chantée », si Lamartine, dans sa pratique littéraire, présente avec Jocelyn, ou même dans plusieurs passages de la Chute d\'un ange (1838) et des Recueillements (1839), des préoccupations sociales qui inspireront toujours les romans qui suivront, si, dans une épître de 1837, l’auteur

 

oppose cette nouvelle conception poétique à la poésie des Méditations, l\'unité profonde de la vision lamarti-nienne reste, à l’analyse, une donnée essentielle.

 

Poète du souvenir et de l’amour, songeur dans le désert ou homme politique, c’est bien du même personnage qu’il s’agit : les méditations du solitaire nous renvoient en effet à la prière et à la reconnaissance fervente d’un Dieu. Mais la réflexion sur l’histoire amène, elle aussi, à la reconnaissance d’un dessein divin. Dans les deux cas, nous sommes renvoyés à une transcendance qui fonde une pratique de la vie dont l’unité est profonde. Dans les premières Méditations (où le thème de l’amour est bien loin d’occuper tout le recueil), on lit : « Partout où nous voyons les hommes/Un Dieu se montre à leurs regards ». Poète du privé ou homme politique, c\'est tout un : c’est le chrétien qui instaure ces deux pratiques. L\'amour d’Elvire est déjà une étape vers l’amour divin; l’engagement politique est une prière en acte. L’idéal est bien en effet la prière, la communion « cœur à cœur ». Un tel état, le langage poétique est impuissant à le créer. Il peut seulement en donner le désir, en suggérer l’émotion. Quand cette communion est là, comme dans l’amour innocent de Laurence et Jocelyn,



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