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La mort du commandant Massoud, figure de proue de la résistance afghane

Histoire-géographie

Aperçu du corrigé : La mort du commandant Massoud, figure de proue de la résistance afghane



Publié le : 9/4/2012 -Format: Document en format HTML protégé

La mort du commandant Massoud, figure de proue de la résistance afghane
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11 septembre 2001 « Je suis sûr que je verrai la paix de mon vivant et que je participerai à la réhabilitation de l'Afghanistan «, nous déclarait en mai 1999, le commandant Ahmed Shah Massoud, dans ce qui était alors son fief de Taloqan, au nord-est de l'Afghanistan. Cet ancien étudiant de la faculté polytechnique de Kaboul rêvait à l'époque d'utiliser ses études inachevées pour reconstruire son pays ravagé par vingt ans de guerre. Son rêve a été stoppé brutalement, non sur les champs de batailles qu'il courrait depuis vingt ans, mais par l'explosion d'une bombe cachée dans une caméra. Une fin teintée d'ironie pour cet homme très conscient de son image et qui savait tenir à ses différents interlocuteurs le discours qu'ils attendaient. Son profil d'aigle, sa barbe clairsemée, ses yeux perçants avaient fait le tour du monde. Toujours élégamment vêtu, son pacoul (chapeau plat en laine) vissé sur la tête, Massoud savait jouer du charme dont il ne manquait pas. Sa jeunesse à Kaboul, ses études au lycée français de l'Istiqlal (indépendance), son origine petite bourgeoise - son père était colonel dans l'armée du roi Zaher Shah - lui avait donné une aisance avec les Occidentaux qui tranchait avec la rigidité des autres dirigeants de la résistance islamique afghane. Massoud était toutefois un très fervent musulman, qui étudiait quotidiennement le Coran avec des mollahs et ne craignait pas de diriger la prière pour ses soldats. Dans son fief de la vallée du Panshir, les femmes portent la burqa (la longue robe traditionnelle recouvrant tout le corps avec un filet à hauteur des yeux) et, sans le comité suédois pour l'Afghanistan, les écoles de filles seraient inexistantes. La femme de Massoud, mère de leurs cinq enfants, respecte le purdah (réclusion) et vit dans le village d'origine de Massoud, Bazarak, au coeur de la vallée du Panshir. UN STRATÈGE HORS PAIR C'est dans cette vallée étroite et sereine où coule entre deux falaises dénudées, à la vitesse d'un torrent, le Panshir, qu'Ahmed Shah Massoud avait acquis durant ses années de lutte contre l'occupant soviétique son titre de gloire de « lion du Panshir «. Son opposition aux communistes, Massoud l'avait manifestée très tôt. Etudiant à Kaboul, il avait adhéré au mouvement étudiant islamiste, alors dirigé par un jeune professeur de théologie, Burhanuddin Rabbani. Parmi les adhérents, un autre futur dirigeant de la résistance, Gulbuddin Hekmatyar, déjà célèbre pour son rigorisme extrême. Ces deux hommes, pour le meilleur et pour le pire, ne sortiront plus de la vie de Massoud. Quand en 1975, leur parti (le Jamiat) est sur le point de se soulever contre le président Daoud qu'il juge otage d'officiers communistes, les trois hommes menacés s'enfuient au Pakistan. Massoud ne reviendra en Afghanistan qu'après le coup d'état du 27 avril 1978, qui porte au pouvoir le chef du parti communiste khalk, Noor Mohammad Taraki. Il rejoint la première vallée qui s'enflamme contre les communistes, la Kunar, avant de partir organiser la résistance dans son Panshir natal. De 1980 à 1983, Massoud résiste avec ses hommes à six offensives soviétiques avant de conclure - au grand dam des Moujahideen - une trêve avec l'Armée rouge. En 1984, les Soviétiques rompent la trêve et lancent une offensive de grande envergure avec des troupes héliportées sur le Panshir. Peine perdue : cela sera leur dernière grande offensive et jusqu'à aujourd'hui le Panshir garde, sous forme de carcasses de chars, de canons, de camions, les stigmates de la défaite russe. De son père, Massoud avait hérité le goût de la chose militaire et l'amour du commandement. Même ses ennemis le reconnaissaient comme un stratège hors pair. Mais ce soldat était avant tout un politique ambitieux, pour son pays et pour son ethnie (les Tadjiks représentent environ 20 % de la population), comme pour lui-même. Quand en 1992, à la chute de Najibullah, les Moujahideen s'emparent de Kaboul, il est l'un des premiers à investir la ville à la tête de ses Panshiri, le 29 avril. Le 8 mai, il est nommé ministre de la défense sous la présidence de Sibqatullah Modjadeddi, poste qu'il gardera quasiment sans interruption jusqu'à l'arrivée des talibans, le 27 septembre 1996. L'espoir né de la prise du pouvoir par les Moudjahideen, après quatorze années de guerre, sera toutefois de courte durée. Incapables de s'entendre, ceux-ci décident d'une présidence tournante. Mais, une fois son tour fini, le président Burhanuddin Rabbani convoque une Choura (Assemblée) pour se faire confirmer. D'alliances rompues à peine formées en féroces oppositions, les Moujahideen se déchirent Kaboul. En 1993, Ahmad Shah Massoud détruit notamment le quartier chiite de la ville, faisant des milliers de morts. Dans un conflit devenu de plus en plus ethnique, Massoud est d'abord un Tadjik et, dans son entourage immédiat, les autres ethnies (Pashtouns, Ouzbeks, Hazaras) sont absentes. A l'arrivée des talibans, ces étudiants en religion qui, avec l'aide du Pakistan, bouleversent la carte afghane depuis 1994, Massoud rassemble ses hommes et quitte Kaboul, parmi les derniers, pour se réfugier dans la plaine de Shomali, à l'entrée de son fief du Panshir. Depuis cette date, Massoud symbolisait l'opposition à un régime qui n'a cessé de gagner du terrain. Incapable de vaincre militairement les talibans, la stratégie de Massoud consistait surtout à entretenir des fronts divers pour fixer les miliciens islamistes et les empêcher de se jeter ensemble contre ses troupes. A plusieurs reprises, les chefs de l'opposition, Karim Khalili pour les chiites, Abdel Rachid Dostom pour les Ouzbeks, et Ismaïl Khan, ancien chef d'Hérat, rentré récemment d'Iran, s'étaient regroupés derrière la bannière de Massoud. Mais la méfiance caractérisant leurs relations empêchait toute véritable stratégie militaire. ADMIRATEUR DE DE GAULLE Ces derniers mois, la lutte était devenue plus incertaine pour Massoud. Il avait été incapable de reprendre son fief de Taloqan, capitale de la province de Takhar, perdu en septembre 1999. Le soutien plus accentué de la Russie qui lui vendait des armes, l'incorporation dans ses rangs d'officiers généraux ayant appartenu au régime communiste, la lassitude de la guerre, ainsi que les offres sonnantes et trébuchantes des talibans, avaient provoqué des défections parmi ses commandants. Ses relations jamais très sereines avec le président Rabbani, dont il était toujours, sur le papier, ministre de la défense, s'étaient détériorées encore dernièrement. Ses relations étaient aussi très tendues avec Abdul Rassoul Sayyaf, vice-premier ministre du gouvernement déposé. Acquise sur les champs de bataille, l'aura de Massoud tenait aussi au fait de sa présence presque constante en Afghanistan, à la différence de ses pairs qui fréquentaient assidûment les capitales du monde à la recherche de gloire ou d'argent. Pendant les dix ans de Jihad, alors que quasiment tous les mouvements de résistance avaient leur quartier généraux à Peshawar (Pakistan) ou en Iran, il était le seul à maintenir le sien dans le Panshir. Depuis 1996, il ne se rendait quasiment qu'au Tadjikistan, où il avait acquis une résidence. Son voyage à Paris, Strasbourg et Bruxelles, au début de la présente année, avait de ce fait été très remarquée. Grand admirateur du général de Gaulle, Massoud restera dans l'Histoire de son pays comme un ardent nationaliste et un grand résistant face à l'invasion soviétique. Son image se brouille ensuite, tant il était devenu un chef de guerre tadjik représentant les siens dans un conflit fratricide et tribal.




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