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La naissance de l'ONU

Histoire-géographie

Aperçu du corrigé : La naissance de l'ONU



Publié le : 2/8/2006 -Format: Document en format HTML protégé

La naissance de l'ONU
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26 juin 1945 -   Pendant les deux guerres mondiales, c'est au moment où rien ne pouvait plus empêcher la violence de submerger la planète que s'ébauchèrent les tentatives d'organisation universelle de la paix, comme si les peuples avaient eu besoin de regarder au-delà de l'abîme qu'ils ne pouvaient plus éviter. En 1916, un an avant l'entrée en guerre des Etats-Unis, Wilson fixe à ses compatriotes un objectif auquel ils se déroberont la paix revenue : " une association universelle des nations ". Le 14 août 1941, entre l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht et l'attaque japonaise contre Pearl-Harbor, Churchill et Roosevelt, se rencontrant en plein Atlantique, proclament leur attachement au droit des peuples à se gouverner eux-mêmes et à " un système étendu et permanent de sécurité générale ".

   Le 1er janvier 1942 à Washington, vingt-six pays en guerre contre l'Allemagne (dont, pour la première fois ensemble, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'URSS) se réfèrent à cette charte de l'Atlantique pour proclamer leur volonté de vaincre commune dans une déclaration dite " des Nations unies ", qui leur tiendra lieu d'alliance.

   L'expression est désormais consacrée.

   La France libre n'est partie à aucun de ces actes diplomatiques.

   Roosevelt ménage Vichy et ne pardonnera jamais à de Gaulle d'avoir rallié Saint-Pierre-et-Miquelon à sa cause sans autorisation, début d'une brouille au long cours. Le président américain argue que la France libre ne peut être assimilée à un gouvernement démocratique.

   Pressé par Churchill, il propose tout de même que la " déclaration des Nations unies " puisse être aussi signée par des " autorités appropriées ", palliatif que de Gaulle rejette (1)Le gouvernement de la France libérée ne signera la déclaration des Nations unies que le 1er janvier 1945, après que les Grands eurent enfin accepté de " l'appeler par son nom " (23 octobre 1944).

   Entre-temps, Roosevelt, malgré les réticences de Churchill et de Staline, a fait admettre la Chine de Tchiang Kaï-Chek au sein des Grands, et les Quatre ont signé le 30 octobre 1943 une déclaration affirmant la " nécessité d'établir aussitôt que possible une organisation internationale générale ".

   Roosevelt précise successivement ses idées à Churchill, à Staline, et, en juillet 1944, à de Gaulle, qui les trouve " inquiétantes pour l'Europe et pour la France ". Le projet américain repose sur un exécutif, le futur Conseil de sécurité, des quatre Grands, qui assurerait la police internationale à partir d'un réseau mondial de bases militaires. Les autres Etats, dont la France, seraient désarmés.

   Cependant, au sein d'une conférence d'experts réunie à Dumbarton-Oaks, les Etats-Unis proposent de faire une place à la France dans cet exécutif, d'abord quand elle aura un " gouvernement librement choisi " (juillet 1944), puis " en temps voulu " (septembre 1944). L'accueil réservé par la France au chef de la France libre au cours de l'été avait résolu la " question française ".

   Cependant, l'éviction de la France du sommet Churchill-Roosevelt-Staline à Yalta allait rapidement la relancer. De Gaulle avertit que la France ne serait engagée par rien qu'elle n'aurait " discuté et approuvé ", ce qui vaut tant pour les problèmes européens (la France obtient pourtant une zone d'occupation en Allemagne) que pour l'organisation mondiale. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'URSS lui proposent bien, comme à la Chine (qui accepte) d'être " puissance invitante " à la conférence de San Francisco qui, à partir du 25 avril 1945, rédigera la charte des Nations unies, mais faute d'accord sur une formule d'invitation précisant que les travaux de Dumbarton-Oaks ne fourniront qu'une " base de discussion ", la France ne sera pas " invitante " mais seulement " invitée ".

   Son ministre des affaires étrangères, Georges Bidault, ne pourra se faire entendre qu'à la sixième séance, entre ses collègues éthiopien et guatémaltèque.

   Rapidement, cependant, Georges Bidault, remonte la pente au cours de cette conférence qui marque le retour de la France sur la scène diplomatique mondiale, et il obtient l'essentiel : une place immédiate pour la France comme membre permanent du Conseil de sécurité. La France, qui veut garder les mains libres pour sa défense et ses alliances, prend une part active à la rédaction des articles sur la " légitime défense " et les " accords régionaux ".

   Plus difficile est le combat des Français pour obtenir que leur langue soit admise au même titre que l'anglais comme langue de travail de l'organisation mondiale (ils ont satisfaction grâce à l'appui du Canada, de Latino-Américains et de l'URSS) et surtout pour préserver leur domaine d'outre-mer.

   Bien que la politique coloniale de la France eût évolué (conférence de Brazzaville en janvier-février 1944), elle est encore fort loin des idées de Roosevelt. Le président américain veut placer tous les territoires " dépendants " sous " tutelle " (trusteeship) des Nations unies. Staline, qui préférerait l'indépendance, acquiesce. Sont en revanche vivement hostiles à cette novation non seulement la France, la Grande-Bretagne et les autres empires coloniaux, mais aussi les ministères américains de la guerre et de la marine, qui veulent garder le contrôle des archipels japonais. En pleine controverse, Roosevelt meurt le 12 avril 1945.

   Finalement, le régime de tutelle des Nations unies, réduit à sa plus simple expression, n'est retenu que pour les anciens mandats de la Société des nations (dont la France conserve encore le Togo et le Cameroun) et les dépendances des puissances coloniales vaincues (Italie et Japon).

   Ainsi, le 26 juin 1945, cinquante pays signent la charte de San-Franscisco, créant l'Organisation des Nations unies (ONU) avec son secrétariat général, son Assemblée générale annuelle, où tous les Etats membres siègent à égalité pour formuler des " recommandations ", et surtout son Conseil de sécurité de onze membres. Le Conseil est habilité à prendre en permanence " toute action qu'il juge nécessaire ", y compris l'emploi de la force, pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales... à condition que les cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, URSS) soient d'accord. (2) Cette entente fondamentale, l'existence même de l'ONU est présumée la favoriser, mais elle n'y suffit pas toujours, il s'en faut. L'ONU interviendra effectivement dans quelques cas importants : création de l'Etat d'Israël, négociations de cessez-le-feu (notamment au Proche-Orient), envois de casques bleus (notamment pour réduire des conflits coloniaux ou postcoloniaux). Le boycottage du Conseil de sécurité par l'URSS, qui protestait contre la non-admission de la Chine populaire, a même permis aux Américains, en 1950, d'utiliser le drapeau des Nations unies pour repousser l'invasion de la Corée du Sud par les Coréens du Nord. Pour sa part, l'Assemblée de l'ONU fournit essentiellement un point de rencontre irremplaçable à des gouvernements qui, sans elle, s'ignoreraient, quand ils ne sont pas antagonistes.

   L'ONU n'a sûrement pas répondu à tous les espoirs que ses promoteurs, en particulier les Américains, avaient placés en elle. On peut même soutenir que bien des conflits où elle est intervenue auraient été résolus sans elle. Mais s'il est impossible de démontrer que son existence sert efficacement la cause de la paix, il n'en est pas moins certain que sa disparition la desservirait dangereusement.

MAURICE DELARUE
Avril 1985

 




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