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Notice sur l'Apologie de Socrate

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Document transmis par : Lafrite46235


Publié le : 22/1/2011 -Format: Document en format HTML protégé

Notice sur l'Apologie de Socrate
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Notice sur l’Apologie de Socrate 

Socrate était parvenu à l’âge de soixante-dix ans

lorsqu’il fut accusé par Mélètos, Anytos et Lycon de ne 

pas reconnaître les dieux de l’État, d’introduire de 

nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse. La 

peine requise contre lui était la mort. 

Le principal accusateur, Mélètos, était un mauvais 

poète qui, poussé par Anytos, se chargea de déposer la 

plainte au greffe de l’archonte-roi. Anytos et Lycon la 

contresignèrent. Anytos, un riche tanneur, qui avait été 

stratège en 409 et qui avait combattu les Trente avec 

Thrasybule, était un orateur influent et l’un des chefs du 

parti populaire. Si  l’on en croit Xénophon  (Apologie, 

29), il était fâché contre Socrate, parce que celui-ci 

l’avait blâmé d’élever son fils dans le métier de tanneur. 

Il avait sans doute d’autres motifs plus sérieux, des 

motifs politiques : il avait dû se sentir blessé par les 

critiques de Socrate contre les chefs du parti

démocratique. De Lycon, nous ne savons pas grandchose. Le poète comique Eupolis lui reproche d’être

d’une origine étrangère et Cratinos fait allusion à sa 

pauvreté et à ses mœurs efféminées. En tout cas, il

13semble avoir été un personnage de peu d’importance. 

Dans ce concert d’accusateurs, Mélètos représentait les 

poètes, Anytos les artisans  et les hommes politiques, 

Lycon les orateurs, tous gens dont Socrate, en mettant 

leur savoir à l’épreuve, avait choqué l’amour-propre et 

suscité les rancunes. 

Socrate, en butte à toutes  ces haines, ne se fit pas 

illusion. Mais, bien qu’il s’attendît à être condamné, il 

continua à s’entretenir à l’ordinaire avec ses disciples 

de toutes sortes de sujets étrangers à son procès. 

Comme son ami Hermogène s’étonnait  (Apologie de 

Socrate, par Xénophon, 3 et 4) qu’il ne songeât pas à sa 

défense : « Ne te semble-t-il pas, répondit-il, que je

m’en suis occupé toute ma vie ? – Et comment ? – En 

vivant sans commettre aucune injustice. « Et comme 

Hermogène lui objectait que les tribunaux d’Athènes 

avaient souvent fait périr des innocents, il répondit qu’il 

avait par deux fois essayé de composer une apologie, 

mais que son signe divin l’en avait détourné. D’après 

Diogène Laërce, Lysias lui aurait proposé un plaidoyer 

qui aurait sans doute emporté l’acquittement. Il le 

refusa en disant : « Ton discours est fort beau, mais ne 

me convient pas. « Ce discours était sans doute 

composé suivant les règles de la rhétorique et visait à 

exciter la pitié des juges. C’est ce que Socrate ne

voulait pas. Il se défendit lui-même dans un discours

qu’il n’écrivit pas, mais  qu’il avait dû néanmoins 

14méditer à l’avance. Il y montra une fierté de langage qui

frappa ses amis aussi bien que ses juges. « D’autres, dit 

Xénophon, ont écrit sur son  procès, et tous ont bien 

rendu la fierté de son langage, ce qui prouve que c’est 

bien ainsi qu’il parla. « Condamné à soixante voix de 

majorité sur cinq cents  ou cinq cent un votants

*

, et 

invité à fixer sa peine, il refusa de le faire, pour ne pas

se reconnaître coupable, dit Xénophon. Il demanda 

même, d’après Platon, à être nourri au prytanée. Cette 

demande parut être une bravade au jury, qui le

condamna à mort à une majorité plus forte. Conduit en 

prison, il dut y attendre un mois le retour de la théorie 

envoyée à Délos ; car il n’était pas permis de mettre 

quelqu’un à mort entre le départ et le retour des députés 

qui allaient sacrifier chaque  année dans l’île sainte. Il 

eût pu s’évader de sa prison. Il refusa de le faire. Il 

continua à s’entretenir avec ses disciples admis dans sa 

prison jusqu’au retour de la galère sacrée. Il but alors la

ciguë et mourut avec une sérénité qui couronnait 

dignement une longue carrière consacrée à la science et 

à la vertu. 

 

*

 Le tribunal des Héliastes qui jugea Socrate se composait de 6000 

membres élus par le sort, 600 par tribu. Mais ils ne siégeaient pas tous à la 

fois ; d’ordinaire la cour se formait de 500 ou 501 juges, quelquefois de 

1000, quelquefois de 300 ou 400. Le jury devant lequel Socrate comparut 

comprenait 500 ou 501 juges. 

15La condamnation de Socrate ne pouvait manquer 

d’être discutée. S’il avait contre lui des juges prévenus 

dès longtemps contre les sophistes avec lesquels on le 

confondait, et des démocrates qui ne lui pardonnaient 

pas ses critiques contre le régime de la fève, il avait 

pour lui tous ceux qui le  connaissaient bien et en

particulier des disciples fervents comme Antisthène, 

Eschine, Xénophon et Platon. Ceux-ci ne tardèrent pas 

à prendre la défense de leur maître, et c’est pour le faire 

connaître tel qu’il était que Platon écrivit son Apologie. 

Il est bien certain – les divergences entre l’apologie de 

Platon et celle que composa plus tard Xénophon le

montrent d’une manière assez claire – que Platon, pas

plus que Xénophon, ne reproduit pas les paroles mêmes 

de Socrate devant ses juges. Il a dû pourtant en 

reproduire l’essentiel et réfuter à peu près comme lui 

les griefs des accusateurs ; autrement le nombreux 

public qui avait entendu Socrate aurait pu l’accuser de 

mensonge et ruiner ainsi l’effet de son ouvrage. 

D’ailleurs Platon ne pouvait mieux faire pour défendre 

son maître que d’en présenter à ses lecteurs une image 

aussi exacte que possible. On sait par les pastiches qu’il 

a faits de Lysias, de Protagoras, de Prodicos et d’autres, 

combien il était habile à contrefaire les talents les plus 

divers. Aussi l’on peut croire qu’en s’appliquant à faire 

revivre la figure de son maître vénéré, il en a reproduit 

les traits avec une grande fidélité. 

16L’Apologie se divise en trois parties bien distinctes.

Dans la première, de beaucoup la plus importante, 

Socrate discute le réquisitoire de ses accusateurs ; dans 

la seconde, il fixe sa peine ; dans la troisième, il montre 

aux juges qui l’ont condamné le tort qu’ils se sont fait 

et il s’entretient avec ceux qui l’ont acquitté de la mort 

et de l’au-delà. 

PREMIÈRE PARTIE. – Dès l’exorde de la première 

partie, on reconnaît Socrate à sa feinte modestie. Il est, 

dit-il, entièrement étranger au langage des tribunaux. 

Aussi se bornera-t-il à dire  simplement la vérité. Il 

indique ensuite les deux grandes divisions de son 

plaidoyer : il répondra d’abord aux calomnies

propagées depuis longtemps  contre lui ; il discutera 

ensuite les griefs de ses accusateurs récents. 

On l’accuse depuis des  années de chercher à 

pénétrer les secrets de la nature, de faire d’une bonne 

cause une mauvaise et d’enseigner aux autres à le faire 

aussi. C’est ainsi qu’un poète comique (Aristophane, 

Nuées) l’a représenté sur la scène, « se promenant dans 

les airs et débitant toute sorte de sottises «.  Il proteste 

qu’il n’entend rien aux sciences de la nature, qu’il n’a 

jamais eu de disciples, à  la manière des sophistes, qui

font payer leurs leçons fort cher, tandis qu’il n’a jamais 

fait payer à personne le droit d’assister à ses entretiens. 

17D’où viennent donc ces faux bruits qui courent sur son

compte ? C’est qu’un jour, ayant été proclamé le plus 

sage des hommes par l’oracle de Delphes, il a voulu 

s’assurer si l’oracle disait vrai. Il a interrogé les 

hommes les plus sages, les hommes d’État, puis les

poètes, puis les artisans. Il a trouvé, et leur a démontré

que, se croyant sages, ils ne l’étaient pas. Il a ainsi 

reconnu qu’il avait au moins  sur eux cette supériorité, 

c’est que, n’étant pas sage,  il ne croyait pas non plus 

qu’il l’était. Les jeunes gens  qui le fréquentaient l’ont 

imité, et tous ces gens convaincus d’ignorance, soit par

lui, soit par les jeunes gens,  au lieu de s’en prendre à 

eux-mêmes, l’accusent de corrompre la jeunesse. 

Ce sont ces calomnies invétérées qui ont enhardi 

Mélètos, Anytos et Lycon à porter la plainte qu’ils ont

déposée contre lui. Il va essayer de les réfuter dans la 

première partie de son discours. Il entreprend d’abord

de ridiculiser Mélètos et de faire voir aux juges que ce 

grand justicier ne s’est jamais préoccupé de l’éducation 

de la ...



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