Pierre Corneille: LA PLACE ROYALE OU L'AMOUREUX EXTRAVAGANT et LACLOS, LES LIAISONS DANGEREUSES

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Pierre Corneille: LA PLACE ROYALE OU L'AMOUREUX EXTRAVAGANT et LACLOS, LES LIAISONS DANGEREUSES

Littérature

Aperçu du corrigé : Pierre Corneille: LA PLACE ROYALE OU L'AMOUREUX EXTRAVAGANT et LACLOS, LES LIAISONS DANGEREUSES



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Document transmis par : Matthieu26694


Publié le : 26/9/2010 -Format: Document en format HTML protégé

Pierre Corneille:  LA PLACE ROYALE OU L'AMOUREUX EXTRAVAGANT et LACLOS, LES LIAISONS DANGEREUSES
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Pierre Corneille:  LA PLACE ROYALE OU L'AMOUREUX EXTRAVAGANT


Dans la scène 1 de l'acte I de La Place Royale, la jeune Philis plaide la cause de son frère, Doraste : il aime Angélique, qui, elle, aime Alidor.


La Place Royale


PHILIS
Dans l'obstination où je te vois réduite
J'admire ton amour et ris de ta conduite.
Fasse état qui voudra de ta fidélité,
Je ne me pique point de cette vanité,
On a peu de plaisirs quand un seul les fait naître,
Au lieu d'un serviteur c'est accepter un maître,
Dans les soins éternels de ne plaire qu'à lui
Cent plus honnêtes gens nous donnent de l'ennui,
Il nous faut de tout point vivre à sa fantaisie,
Souffrir de son humeur, craindre sa jalousie,
Et de peur que le temps ne lâche ses ferveurs,
Le combler chaque jour de nouvelles faveurs,
Notre âme s'il s'éloigne est de deuil abattue,
Sa mort nous désespère, et son change nous tue,
Et de quelque douceur que nos feux soient suivis,
On dispose de nous sans prendre notre avis,
C'est rarement qu'un père à nos goûts s'accommode,
Et lors juge quels fruits on a de ta méthode.
Pour moi j'aime un chacun, et sans rien négliger
Le premier qui m'en conte a de quoi m'engager,
Ainsi tout contribue à ma bonne fortune,
Tout le monde me plaît, et rien ne m'importune,
De mille que je rends l'un de l'autre jaloux,
Mon coeur n'est à pas un en se donnant à tous,
25 Pas un d'eux ne me traite avec que tyrannie,
Et mon humeur égale à mon gré les manie,
Je ne fais à pas un tenir lieu de mignon,
Et c'est à qui l'aura dessus son compagnon;
Ainsi tous à l'envi s'efforcent de me plaire,
Tous vivent d'espérance, et briguent leur salaire,
L'éloignement d'aucun ne saurait m'affliger,
Mille encore présents m'empêchent d'y songer,
Je n'en crains point la mort, et je n'en crains point le change,
Un monde m'en console aussitôt, ou m'en venge;
Le moyen que de tant, et de si différents
Quelqu'un n'ait assez d'heur pour plaire à mes parents?
Et si leur choix fantasque un inconnu m'allie,
Ne crois pas que pourtant j'entre en mélancolie,
Il aura quelques traits de tant que je chéris,
Et je puis avec joie accepter tous maris.
 

LACLOS, LES LIAISONS DANGEREUSES

 

Dans la fameuse lettre 81 des Liaisons dangereuses, roman épistolaire, Mme de Merteuil, libertine, expose sa méthode au vicomte de Valmont, un autre séducteur, qui s'est permis de lui donner des conseils de prudence. Elle ne le supporte pas, comme le prouve cet extrait. Précisons, en outre, que la marquise est veuve et qu'elle n'a jamais voulu se remarier.


Les Liaisons dangereuses


Et qu'avez-vous fait, que je n'aie surpassé mille fois? Vous avez séduit, perdu même beaucoup de femmes. mais quelles difficultés avez-vous eues à vaincre? quels obstacles à surmonter ? où est le mérite qui soit véritablement à vous? Une belle figure, pur effet du hasard; des grâces, que l'usage donne presque toujours, de l'esprit à la vérité, mais auquel du jargon suppléerait au besoin, une impudence assez louable, mais peut-être uniquement due à la facilité de vos premiers succès; si je ne me trompe, voilà tous vos moyens : car, pour la célébrité que vous avez pu acquérir, vous n'exigerez pas, je crois, que je compte pour beaucoup l'art de faire naître ou de saisir l'occasion d'un scandale.
Quant à la prudence, à la finesse, je ne parle pas de moi : mais quelle femme n'en aurait plus que vous? Eh! votre Présidente vous mène comme un enfant.
Croyez-moi, Vicomte, on acquiert rarement les qualités dont on peut se passer. Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner. Quand je vous accorderais autant de talents qu' à nous, de combien encore ne devrions-nous pas vous surpasser, par la nécessité où  nous sommes d'en faire un continuel usage !
Supposons, j'y consens, que vous mettiez autant d'adresse à nous vaincre, que nous à nous défendre ou à céder, vous conviendrez au moins, qu'elle vous devient inutile après le succès. Uniquement occupé de votre nouveau goût, vous vous y livrez sans crainte, sans réserve : ce n'est pas à vous que sa durée importe.
En effet, ces liens réciproquement donnés et reçus, pour parler le jargon de l'amour, vous seul pouvez, à votre choix, les resserrer ou les rompre. heureuses encore, si dans votre légèreté, préférant le mystère à l'éclat, vous vous contentez d'un abandon humiliant, et ne faites de l'idole de la veille la victime du lendemain !
Mais qu'une femme infortunée sente la première le poids de sa chaîne, quels risques n'a-t-elle pas à courir, si elle tente de s'y soustraire, si elle ose seulement la soulever ? Ce n'est qu'en tremblant qu'elle essaie d'éloigner d'elle l'homme que son coeur repousse avec effort. S'obstine-t-il à rester, ce qu'elle accordait à l'amour, il faut le livrer à la crainte. Ses bras s'ouvrent encor, quand son coeur est fermé. Sa prudence doit dénouer avec adresse, ces mêmes liens que vous auriez rompu. A la merci de son ennemi, elle est sans ressource, s'il est sans générosité; et comment en espérer de lui, lorsque, si quelquefois on le loue d'en avoir, jamais pourtant on ne le blâme d'en manquer?
Sans doute, vous ne nierez pas ces vérités que leur évidence a rendues triviales. Si cependant vous m'avez vue, disposant des événements et des opinions, faire de ces hommes si redoutables le jouet de mes caprices ou de mes fantaisies; ôter aux uns la volonté, aux autres la puissance de me nuire; si j'ai su tour à tour, et suivant mes goûts mobiles, attacher à ma suite ou rejeter loin de moi
Ces tyrans détrônés devenus mes esclaves; si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s'est pourtant conservée pure, n'avez-vous pas dû en conclure que, née pour venger mon sexe et maîtriser le vôtre, j'avais su me créer des moyens inconnus jusqu' à moi?

I. Questions


1. Répertoriez les différents arguments de Philis, ainsi que les jugements qu'elle émet sur la conduite d'Angélique. Définissez leur valeur démonstrative.
2. Quelle est la thèse de Mme de Merteuil ? Dégagez toutes les critiques qu'elle adresse à Valmont et identifiez ses procédés rhétoriques.
3. Identifiez les deux situations de communication et mettez-les en perspective par rapport au code des valeurs morales prônées à leurs époques.


II. Travaux d'écriture


1. Philis et Mme de Merteuil représentent deux manières de vivre la relation amoureuse. En une trentaine de lignes au moins, définissez-les et appréciez ensuite leur validité d'après votre expérience personnelle.
2. Montrez ce que ces deux textes révèlent de la condition féminine à l'époque où ils furent écrits. Puis faites-en l'application à la société contemporaine, en une quarantaine de lignes en tout.
3. Que diriez-vous à un(e) ami(e) pour la convaincre (ou la détourner) de multiplier les liaisons amoureuses? Ecrivez-lui une lettre.

 




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