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La plus grande puissance du monde

Histoire-géographie

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Publié le : 3/3/2012 -Format: Document en format HTML protégé

La plus grande puissance du monde
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12 mars 1947 - Les Etats-Unis, selon Malraux, sont devenus la plus grande puissance du monde sans le vouloir. De fait, après la seconde guerre mondiale comme après la première, les Américains sont partagés entre deux tentations : le repli continental, l' " isolationnisme ", qui l'emporta de 1920 à 1941; et la vocation mondiale, l'attrait du large, l'expansionnisme. Roosevelt avait compris très tôt que son pays ne resterait pas à l'écart des hostilités, mais, en 1940, les Etats-Unis n'avait pas été en mesure de répondre aux appels au secours de la France; l'année suivante, l'Axe leur déclare la guerre, et, quatre ans plus tard, ils sont les seuls vrais vainqueurs, plus riches et surtout infiniment plus puissants qu'avant la guerre, avec un armement nucléaire alors sans rival. Et les " boys " commencent à rentrer chez eux. Pourtant, en cet été 1945, nul ne nourrit l'illusion, ni en Amérique ni ailleurs, que c'est " la der des der " qui vient de finir. Entre les grands alliés, qui ne l'étaient d'ailleurs pas formellement, la confiance ne régnait pas. Seule la folie provocatrice de Hitler et de ses acolytes avait coalisé la capitale du capitalisme mondial et celle du communisme international. Sans doute à Yalta, Roosevelt s'était personnellement bien entendu avec Staline (ce lui fut assez reproché), mais il est mort, et il est vain de se demander ce qu'eût été le cours de l'histoire s'il avait vécu l'après-guerre. La volonté de Staline de constituer un glacis autour de l'Union soviétique est évidente. La Pologne, détonateur de la guerre mondiale, fâcheusement située sur la route Moscou-Berlin, en a déjà fait les frais et provoqué, bien avant la fin des hostilités, les premières frictions graves entre Moscou d'une part, Washington et Londres de l'autre. Le président Truman a suspendu l'aide à l'URSS aussitôt que les canons se sont tus. En 1945, au contact de ce qui va devenir les " deux blocs ", le dispositif militaire anglo-américain est puissant de la Scandinavie au massif alpin, mais, sur terre, il est fragile plus à l'est, jusqu'aux contreforts de l'Himalaya et à la Chine comprise. C'est au long de ce vaste espace que les Américains et les autres " Occidentaux ", qui scelleront bientôt entre eux l' " alliance atlantique ", vont réagir avec le plus de vigueur. C'est là que s'engage ce que le financier américain Bernard Baruch appellera la " guerre froide ", confrontation " jusqu'au bord du gouffre " ( " brinkmanship " ) des deux superpuissances, n'excluant-jusqu'à ce jour-que leurs interventions " chaudes " simultanées, mais non successives (Corée, Vietnam, Afghanistan). Dès avant la capitulation de l'Allemagne, la résistance en Europe s'est divisée; les maquisards communistes et non-communistes se sont livré, notamment dans les Balkans, des combats fratricides. Forts de la proximité de l'URSS et de ne s'être pas compromis avec les anciens régimes, les communistes l'emportent souvent. En Yougoslavie, les Britanniques eux-mêmes ont jugé plus politique d'aider Tito, mais Churchill entend bien ne pas renoncer à la traditionnelle influence britannique sur la Grèce, qui commande la Méditerranée orientale et les accès du Proche-Orient. Dès le printemps 1944, l'armée britannique a étouffé dans l'oeuf une mutinerie républicaine et procommuniste des unités royales grecques basées au Caire. Churchill se rend pourtant bien compte que la puissance britannique seule ne fera plus le poids dans cette région du monde. En octobre 1944, il négocie, à Moscou, avec Staline un marchandage dont le cynisme n'égale que la naïveté. Il réservait à la Grande-Bretagne une influence de 90 % en Grèce, tandis que l'URSS obtenait la part du lion dans le reste de l'Europe centrale et orientale (mis à part la Pologne et la Tchécoslovaquie, qui ne sont pas mentionnées dans l'accord). Les Britanniques n'en doivent pas moins employer la force pour restaurer la monarchie grecque, tout en concédant l'effacement provisoire du roi. L'accalmie ainsi obtenue sera pourtant de courte durée. L'arrivée de l'armée rouge et l'implantation de régimes communistes aux frontières nord de la Grèce, l'aggravation de la " guerre froide " sur tous les autres fronts, relancent en Grèce une guerre civile impitoyable qui fera quelque 50 000 morts et ne s'achèvera qu'après que la rupture de Tito avec le Kremlin (1948) aura isolé les maquis grec. L' " affaire turque ", si elle ne fit pas couler le sang, ne fut pas moins sérieuse. Bien que tout au long du conflit mondial elle fût pressée d'intervenir par la Grande-Bretagne, la Turquie ne déclara la guerre à l'Allemagne qu'in extremis, (pour obtenir une place de membre d'origine de l'ONU). Staline, qui visait, comme les tsars, l'accès aux mers chaudes, tenait de moins en moins à l'intervention turque contre l'Allemagne à mesure que ses forces se rapprochaient de cet objectif. En mars et en juin 1945, au moment où la guerre s'achève en Europe, il abat son jeu, demande à Ankara la révision du régime des Détroits, une base dans les Dardanelles et les districts turcs (en partie arméniens) de Kars, Ardahan et Arwin (conquis par les Russes au dix-neuvième siècle, et repris par la Turquie après la première guerre mondiale). Truman propose un aménagement du régime des Détroits donnant un rôle à l'ONU, mais Moscou répond par une campagne de presse et demande, le 7 août 1946, que la défense des Détroits soit assurée conjointement par l'URSS et la Turquie. Truman rétorque aussitôt que la défense des Détroits relève " principalement " de la Turquie et qu'une " menace d'attaque " dans la région " constituerait une menace contre la sécurité internationale " aux yeux des Etats-Unis; et il appuie son propos par l'envoi de puissants moyens navals sur place. Staline, tout en prolongeant l'échange de notes diplomatiques, n'insistera pas. Plus à l'est encore, Staline pousse ses pions en Iran. Après avoir occupé conjointement le pays en 1941, Britanniques et Soviétiques s'étaient engagés à l'évacuer sitôt les hostilités terminées. Cependant, entre-temps, les Soviétiques ont suscité la sécession de l'Azerbaïdjan iranien, frontalier de l'URSS, et en interdisent l'accès aux forces de Téhéran. Si le gouvernement de Téhéran obtient finalement l'évacuation des Soviétiques et la restauration de l'intégrité du territoire, c'est en partie aux pressions américaines et britanniques qu'il le devra, et surtout au talent diplomatique de son premier ministre, Ghavam (décembre 1946). Les Britanniques sont maintenant convaincus que l'accord Churchill-Staline d'octobre 1944 n'a servi à rien. Contraints de renoncer à leur prépondérance, ils doivent passer la main, et seuls les Américains sont en mesure de prendre le relais. Le 24 février 1947, ils avertissent Washington qu'ils vont retirer les 40 000 hommes qu'ils maintiennent en Grèce depuis le début de la guerre civile. Alors se situe le vrai tournant de la politique étrangère américaine. " Le moment est venu, écrira Truman dans ses Mémoires, de ranger délibérément les Etats-Unis dans le camp et en tête du monde libre. " Le ministre conseiller américain à Moscou, George Kennan l'a depuis longtemps convaincu qu'il n'y avait rien à attendre de la bonne volonté du Kremlin et que l' " endiguement " (containment) était la réponse la plus modérée que l'Occident pouvait faire à la volonté de Staline de le déstabiliser. " Je crois, dit le président au Congrès, que les Etats-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement (...). Je crois que nous devons aider les peuples libres à forger leur destin (...). Je crois que notre aide doit consister essentiellement en un soutien économique et financier. " (12 mars 1947.) C'est ce credo qui fut appelé la " doctrine Truman ", dont l'aide économique fut l'instrument de prédilection. Dans la foulée, le Congrès vote une aide immédiate de 250 millions de dollars pour la Grèce et de 150 millions pour la Turquie. Truman a dit au Congrès que l'aide à ces deux pays n'était qu'un début. C'est l'Europe entière qui est livrée à la misère et au chaos, terrain d'autant plus propice aux menées révolutionnaires que les Européens ignorent toute solidarité et se sont recloisonnés dans des frontières économiques qui réduisent quasiment leurs échanges au troc. Le 5 juin 1947,à Harvard, le secrétaire d'Etat George Marshall annonce le " plan " auquel son nom restera attaché et qui tient en quelques phrases: les Etats-Unis, dit-il, sont disposés à aider le monde " à retrouver la santé économique ", mais, ajoute-t-il, " il ne serait ni convenable ni efficace pour ce gouvernement d'établir unilatéralement un programme de remise sur pied économique de l'Europe. C'est l'affaire des Européens ". L'habileté de cette précision est double : D'une part, les Etats-Unis ne posent aucune condition politique; ils dégagent leur responsabilité de la répartition et de l'utilisation de l'aide, et en même temps ils obligent les Européens à s'entendre et à faire une place au peuple allemand (en pleine incertitude sur son sort depuis deux ans). Ainsi est amorcé, avec la création de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), qui répartira l'aide américaine, un mouvement de construction de l'Europe qui, même s'il ne progresse que par crises, ne s'est pas arrêté depuis. D'autre part, Marshall n'avait exclu ni l'Union soviétique ni ses " satellites ", ce qui plaçait le Kremlin dans un grand embarras. Refuser, c'est faire passer l'idéologie avant le niveau de vie; accepter, c'est reconnaître la prépondérance économique américaine et prêter à des comparaisons lourdes de conséquences entre le capitalisme et le communisme. Venu se concerter à Paris avec ses collègues français et britannique, Molotov préfère finalement le premier terme de l'alternative et refuse l'offre américaine sous prétexte de ne pas " porter atteinte " à " l'indépendance nationale ", ce qui récuse toute forme de coopération économique internationale et qui, quand on connaît la suite de l'histoire de l'Europe orientale, relève de l'humour noir. Bien entendu les " satellites " emboîtent le pas, même la Tchécoslovaquie, qui avait pourtant accepté spontanément le principe du plan Marshall-première " normalisation " d'un pays qui en souffrira beaucoup d'autres. Par prudence, la Finlande refuse, elle aussi; mais, au prix de quelques concessions internationales, elle préservera son indépendance et son régime démocratique. Réunis à Paris, les seize pays de l'Europe occidentale fondateurs de l'OECE (seule l'Espagne franquiste n'est pas invitée, et l'Allemagne est représentée par les autorités d'occupation) évaluent l'aide nécessaire pour les cinq années à venir à 22 milliards de dollars; Truman retient la somme de 17 milliards, et les bénéficiaires se seront, en fin de parcours, contentés de 13,5 milliards, chiffre qui permet de mesurer le succès d'une entreprise qui fit progresser le produit national de l'Europe occidentale de 25 %, sa production industrielle de 35 % et sa production agricole de 10 %. La Grande-Bretagne (26 % du total) et la France (23 %) furent les premiers bénéficiaires, mais après le plan Marshall proprement dit (1949-1952) d'autres formes de l'aide américaine, notamment militaire, et qui ne se limiteront pas à l'Europe, prirent le relais. L' " endiguement " tiendra : tous les bénéficiaires du plan Marshall, Autriche, Irlande, Suède et Suisse exceptées, s'allieront aux Etats-Unis au sein de l'OTAN : l'URSS évacuera la zone qu'elle occupait en Autriche orientale; après plusieurs tentatives (1948, 1958) elle renoncera à s'emparer de Berlin-Ouest; elle ne pourra empêcher la Yougoslavie et l'Albanie (qui ne rejoindront pas l'Occident pour autant) de déserter son camp. Au passif du plan Marshall : l'Europe ne se remettra jamais de la cassure qui se produisit alors. Mais, à la lumière de la répression soviétique dans toute l'Europe de l'Est (RDA en 1953, Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968, Pologne depuis 1981, pour ne citer que les épisodes les plus spectaculaires), il est clair que l'URSS n'envisage d'entente européenne que sous sa loi. MAURICE DELARUE Avril 1985




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