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PRAGUE (printemps de)

Histoire-géographie

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Publié le : 9/4/2012 -Format: Document en format HTML protégé

PRAGUE   (printemps de)
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Vingt ans après le « coup de Prague «, la Tchécoslovaquie a créé l'événement en 1968 avec le « printemps de Prague «, cette tentative d'instaurer un « socialisme à visage humain « - selon la formule usitée pour cette révolte pacifique contre un régime fondé sur le bolchevisme. Le pays a encore créé l'événement dans la nuit du 20 au 21 août, lorsqu'il fut envahi par cinq armées du pacte de Varsovie, dont le but était d'écraser cette révolte. Le changement s'était amorcé dès le début de l'année 1968 quand, le 5 janvier, le premier secrétaire du PCT (Parti communiste de Tchécoslovaquie), Antonin Novotny (1904-1975), fut remplacé par Alexander Dub?ek. La crise qui ébranle la direction du Parti devient peu à peu une affaire publique. Mais la dimension historique de l'événement ne peut être limitée à une « révolution de palais « interne au PCT. La dynamique de l'évolution est en effet de plus en plus impulsée par la société civile qui renaît de ses cendres et s'impose dans la vie politique du pays. La liberté se fraye progressivement un chemin dans les médias, où la censure est abolie. Des associations indépendantes du PCT apparaissent, exerçant leur pression sur les dirigeants « réformateurs «. Dès février, Moscou et ses alliés s'alarment : la Tchécoslovaquie se trouverait aux prises avec la « contre-révolution «, elle risquerait d'abandonner le « camp de la paix et du socialisme « : en témoignent les rencontres avec Dub?ek (ou d'autres dirigeants tchécoslovaques) où celui-ci est violemment critiqué ou aimablement accablé de « conseils « pour corriger la politique du Parti, et aussi les lettres ou les coups de téléphone. Au-delà, les dirigeants de l'empire soviétique préparent en fait une intervention militaire. Celle-ci est mise en oeuvre le 8 avril, quand le maréchal Andreï Gretchko (1903-1976), ministre de la Défense de l'URSS, signe la directive « GOU/1/87654 « donnant l'ordre de préparer l'opération Danube. Le lendemain (9 avril), lors la session du Comité central du PCUS (Parti communiste de l'Union soviétique) qui durera jusqu'au 11 avril, le général Alexandre Lepichev, responsable de la direction politique de l'armée, déclare : « Si un groupe des communistes tchécoslovaques nous demandait de leur venir en aide pour sauver le socialisme, l'armée soviétique serait prête à accomplir sa mission. « Le scénario se fonde sur une « lettre d'invitation « activement préparée. L'énorme machine se met alors en marche. Entre les 10 et 17 mai, de grandes manoeuvres préparatoires se déroulent en Pologne et au sud de la RDA (République démocratique allemande). Le 20 juin commencent enfin sur le territoire tchécoslovaque des exercices d'États-Majors, portant le nom de code de « Sumava «. C'est là une répétition de l'intervention militaire contre la Tchécoslovaquie. Les derniers participants à ces exercices quittent le territoire tchécoslovaque vers la fin juillet. Pour revenir bientôt par les mêmes chemins et sur les mêmes lieux. Le 17 août, l'heure de l'attaque est approuvée par la direction du PCUS ; la décision est avalisée le 18 à Moscou par les dirigeants des quatre autres pays envahisseurs (Bulgarie, Hongrie, Pologne, RDA). Au cours de la nuit du 20 au 21 août, l'opération Danube est déclenchée. L'essentiel des troupes d'attaque est soviétique. Le premier échelon est fort de 165 000 hommes et de 4 600 chars ; cinq jours plus tard, le pays de 14,3 millions d'habitants est occupé par 27 divisions équipées de 6 300 chars, 800 avions, 2 000 canons et regroupant 400 000 soldats environ (en juin 1941, l'Allemagne avait mobilisé 3 580 chars lors de l'attaque contre l'URSS). Les occupants ne réussiront cependant pas à réaliser le scénario préparé- installer un « gouvernement ouvrier-paysan «, composé de fidèles qui les « invitent « - ; la mobilisation de larges couches de la population pousse à la libération des dirigeants emprisonnés et provoque l'échec politique des envahisseurs. Ils n'arriveront à briser la révolte qu'en 1969, parfois assistés de certains dirigeants « réformateurs «. Après la révolte hongroise de 1956, le Printemps tchécoslovaque a prouvé qu'en l'absence d'une crise profonde dans la métropole de l'empire, les tentatives isolées de mise en cause du système étaient condamnées à l'échec. Karel BARTOŠEK




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