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Le Préjugé Dans La Nouvelle Héloïse

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Document transmis par : Rose27070


Publié le : 30/9/2010 -Format: Document en format HTML protégé

Le Préjugé Dans La Nouvelle Héloïse
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Introduction :

 

Julie ou la Nouvelle Héloïse, de Jean-Jacques Rousseau apparaît comme un condensé de ses différents discours et traités philosophiques. A travers ce roman épistolaire, Rousseau expose à ses lecteurs, grâce à la fiction, ses différentes pensées autour de l’éducation, de la société. Ainsi, malgré le choix d’un registre assez frivole, d’une littérature de femmes, comme l’on se plaisait à penser au XVIIIème siècle, le philosophe propose un véritable traité philosophique, parcourant de multiples thématiques.

Basant sa fiction dans un modèle social semblable à celui dans lequel il évolue, Rousseau s’efforce d’en critiquer certains aspects aliénants et en profite pour tenter de valider sa vision du modèle social parfait. Il établit une dialectique, tout au long de son œuvre, se servant de la société qu’il décrit pour valider celle de Clarens, matérialisation de l’idéal de société primitive qu’il nourrit.

Ainsi il en critique certains aspects, comme la tyrannie infligée à l’état de nature par les codes sociaux et les préjugés. Rousseau accorde une large place, dans son roman, à cette notion de préjugé. Ce sont les véritables outils de la dénaturalisation de l’homme par la société. Dans Julie ou la Nouvelle Héloïse, on peut s’interroger sur la fonction que donne Rousseau aux préjugés dans sa dialectique entre la société et son idéal d’état de nature. Peut-on supposer que les préjugés vont êtres utilisés comme critique du modèle social et moteur de la réflexion du philosophe ? Si cette notion est véritablement ancrée dans la pensée roussélienne, du fait d’expériences personnelles, elle occupe aussi, dans le roman, une large place, illustrant la pression sociale pesant sur les personnages et dénonçant, par sa présence même une société antinaturelle. Néanmoins, c’est grâce aux préjugés qu’il dénonce que Rousseau va pouvoir exposer son idéal de modèle social et de relations entre les individus. En effet, véritable moteur de l’œuvre, le préjugé va amener les personnages à devoir, pour se libérer de la pression sociale, recréer un modèle d’homme naturel évoluant dans une société originelle et pure.

 

I/ Le Préjugé

 

a) Définition du préjugé par Voltaire

 

Le préjugé est une notion abstraite qui mérite bien qu’on la définisse. La définition que Voltaire en donne dans son dictionnaire philosophique est d’autant plus intéressante qu’elle est contemporaine à Julie ou la nouvelle Héloïse de Rousseau, publiée trois ans auparavant. Voltaire donne une définition fournie du préjugé dans son article.

« Le préjugé est une opinion sans jugement. Ainsi dans toute la terre on inspire aux enfants toutes les opinions qu’on veut, avant qu’ils puissent juger.

Il y a des préjugés universels, nécessaires, et qui font la vertu même. Par tout pays on apprend aux enfants à reconnaître un Dieu rémunérateur et vengeur; à respecter, à aimer leur père et leur mère; à regarder le larcin comme un crime, le mensonge intéressé comme un vice, avant qu’ils puissent deviner ce que c’est qu’un vice et une vertu.

Il y a donc de très bons préjugés; ce sont ceux que le jugement ratifie quand on raisonne.

Sentiment n’est pas simple préjugé; c’est quelque chose de bien plus fort. Une mère n’aime pas son fils parce qu’on lui dit qu’il le faut aimer, elle le chérit heureusement malgré elle. Ce n’est point par préjugé que vous courez au secours d’un enfant inconnu prêt à tomber dans un précipice, ou à être dévoré par une bête.

Mais c’est par préjugé que vous respecterez un homme revêtu de certains habits, marchant gravement, parlant de même. Vos parents vous ont dit que vous deviez vous incliner devant cet homme; vous le respectez avant de savoir s’il mérite vos respects: vous croissez en âge et en connaissances; vous vous apercevez que cet homme est un charlatan pétri d’orgueil, d’intérêt et d’artifice; vous méprisez ce que vous révériez, et le préjugé cède au jugement. Vous avez cru par préjugé les fables dont on a bercé votre enfance; on vous a dit que les Titans firent la guerre aux dieux, et que Vénus fut amoureuse d’Adonis; vous prenez à douze ans ces fables pour des vérités; vous les regardez à vingt ans comme des allégories ingénieuses. « 

Voltaire distingue quatre types de préjugés ; les préjugés physiques, historiques, religieux et de sens. Ainsi, il explique que l’on peut nourrir des préjugés sur certains objets alors que nos propres sens nous trompent. Il prend l’exemple du miroir, que nous voyons et imaginons comme une surface très lisse alors qu’elle est « raboteuse «. En ce qui est des préjugés physiques il convoque l’utilisation des anguilles dans le traitement de la paralysie ; les anguilles étant vives, certains pensaient qu’elles pourraient être un remède à cette maladie. Il explique ensuite, concernant les préjugés historiques, que le mythe de Romulus et Remus est très contestable et pour le moins  peu réaliste. Voltaire évoque enfin les préjugés religieux et explique en quoi il est très difficile de s’élever contre eux ; ils sont en effet inculqués dès le plus jeune âge par la nourrice, puis par le précepteur et arrivé à l’âge où l’esprit pourraient remettre en cause ces préjugés, la moindre remise en question de ceux-ci, selon Voltaire, provoque la fureur de la société, du voisinage.

Ainsi, nous pouvons retenir que pour Voltaire, et dans cette définition du XVIIIème siècle, le préjugé est une opinion sans jugement, inculquée à une personne par un tiers. Notre époque donne une connotation plutôt péjorative à ce terme, pourtant, Voltaire explique que certains préjugés sont bénéfiques et font la vertu. Ainsi, on peut inspirer aux enfants ce qu’est le vice et ce qu’est la vertu, alors qu’ils n’en ont, et bien heureusement, pas encore fait l’expérience. Le préjugé, toujours selon Voltaire, appelle la ratification ; il installe une opinion première, une base de découverte qui nécessite forcément une réflexion ultérieure pour être, ou non, validée.

 

b) L’expérience personnelle de Rousseau

 

Jean Jacques Rousseau a été personnellement confronté aux préjugés et à la pression sociale. Lorsqu’il vivait aux Charmettes, chez Mme de Warens, femme qu’il appela Maman  par la suite, il a vécu une expérience similaire à celle de Julie, dans Julie ou la Nouvelle Héloïse. En effet, cette femme qui a assuré son éducation spirituelle, intellectuelle a aussi été sa maîtresse. Cette relation allait, bien entendu, à l’encontre des règles sociales, en ce que cette femme était son aînée de 13 ans, sa tutrice et en quelques sortes sa préceptrice.

Ainsi, on peut penser que c’est cette relation ambigüe avec Mme de Warrens, qui a initié Rousseau aux troubles portés par la pression sociale, la pression des mœurs. On peut aussi voir dans ce roman une transposition de l’expérience personnelle de Rousseau, de sa passion en désaccord avec les principes sociaux.

De plus, on retrouve dans Julie ou la Nouvelle Héloïse, notamment avec la description que Saint Preux fait de l’organisation sociale et de l’économie de Clarens un idéal de société nourrit par Rousseau. Le philosophe a été personnellement confronté à plusieurs situations, en tant qu’observateur ou acteur, qui ont fait germer, dans son esprit, une pensée politique et philosophique propre. Il raconte en effet, dans Les Confessions, l’histoire d’un homme oppressé par la société, et obligé de cacher ses biens : « Il me fit entendre qu’il cachait son vin à cause des aides, qu’il cachait son pain à cause de la taille, et qu’il serait un homme perdu si l’on pouvait se douter qu’il ne mourût pas de faim. […] de fut là le germe de cette haine inextinguible qui se développa depuis dans mon cœur contre les vexations qu’éprouve le malheureux peuple contre les oppresseurs. Cet homme quoiqu’aisé n’osait pas manger le pain qu’il avait gagné à la sueur de son front, et ne pouvait éviter sa ruine qu’en montrant la même misère qui régnait autour de lui. «  Telle fût la première expérience de Rousseau de la pression sociale et de la tyrannie imposé à l’état de nature par les codes sociaux.

On peut penser que ces différentes expériences ont influencé Rousseau dans sa philosophie sociale, politique et dans l’écriture de Julie ou la Nouvelle Héloïse.

 

c) Opposition entre l’état de nature et les présupposés sociaux chez Rousseau

 

La notion d’état de nature est à la fois centrale et problématique dans la pensée de Rousseau, comme dans celle des Lumières. Il faut, afin de pouvoir la mettre en opposition aux présupposés sociaux, la définir et comprendre comment Jean-Jacques Rousseau appréhendait cette notion. DELOND définit la notion rousseauiste en ces termes : «  L’expression état de nature renvoie concurremment au pur ou bien au véritable état de nature stricto sensu dans lequel l’être humain vit totalement seul, sans que l’accouplement du mâle et de la femelle débouche sur la formation d’un couple stable, et à l’état sauvage où les hommes se sont rassemblés et paraissent avoir trouvé un nouvel équilibre, ou même à l’âge des cabanes qui voit se développer la sociabilité « . 

 

Si cette définition n’éclaircie bien évidemment pas la globalité du concept d’état de nature, elle en jette les bases. Ainsi, l’état de nature, chez Rousseau, est l’état dans lequel l’homme vit seul, indépendant de toute organisation sociale, et donc, à fortiori, de toute pressions et de tous préjugés sociaux. La cellule familiale, fondement et condition sine qua non de la pérennité d’une structure sociale, n’a aucune justification dans l’état de nature. Bien entendu, Rousseau n’est pas dupe et sait que le pur état de nature n’a probablement jamais existé et ne pourra jamais advenir. Sa visée est plus modeste et plus réaliste ; il pense une évolution pouvant concilier nature et histoire, liberté et société. La nature constitue pour Rousseau une référence pour critiquer la société et dénoncer le progrès, fondé sur l’inégalité et l’ambition individuelle. Ainsi, en plaçant sur un piédestal ce concept d’état de nature, Rousseau cherche, en prenant le pur, à dénoncer le souillé, la société dénaturée. Le mensonge apparaît comme un produit social, opposé à la vérité naturelle. Une sorte de manichéisme s’installe. Dans l’état nature, l’homme, vivant seul, ne peut nourrir de préjugé et doit, par lui-même et au prix d’efforts de recherches personnelles, se constituer une base d’expériences individuelles afin de fonder son jugement propre. Ainsi, il peut vivre selon son état primitif, sans souci d’aucune convenance que la sienne propre. Pour Rousseau, cette idée apparaît comme garante de la pureté de l’âme, en ce que l’homme vit au plus près d’une sorte de pureté originelle qui suffit à justifier et pardonner des faits que la société qualifierait de pêché, mais qui n’en sont pas. 

Le véritable affront fait à la nature humaine, selon la pensée rousseauiste, est de la dénaturer en lui imposant des présupposés obscurs, répondants à un code de convenance étranger à tout état primitif. L’homme doit vivre selon son état premier, originel et non selon un modèle social, créé de toute pièce pour assurer la pérennité de l’entreprise de progression de la société, le terme progression visant, bien entendu, un plan technique et technologique. A ce sujet, Rousseau explique qu’avec ce progrès, ce sont les désirs qui augmentent de manière proportionnelle. Ainsi, plus la société progresse en techniques, plus l’homme découvre de nouveaux désirs, parfois totalement étrangers avec ceux qu’aurait nourris l’homme primitif. La société remodèle donc l’homme, rend l’individu étranger à sa nature originelle afin de tendre au progrès collectif. Pour ce faire, il faut que l’homme accepte et ingère certaines valeurs et notions indispensables à l’établissement de la société, comme la cellule familiale. Sans ces valeurs, la société ne peut tendre à la pérennité. La modification profonde de la nature humaine est donc un enjeu primordial. Afin de transmettre ces valeurs, des préjugés sont inculqués, des présupposés sociaux indiquant, parfois de manières si solide qu’on ne peut que très difficilement les remettre en question, ce qui correspond aux idéaux sociaux et ce qui relève du pêché ou de l’impensable. Le préjugé apparaît donc comme un des outils de la dénaturalisation de l’homme, en opposition fondamentale avec l’état primitif de l’individu.

Rousseau développe cette opposition dans ses écrits, en plaçant, notamment dans Julie ou la Nouvelle Héloïse, le préjugé en obstacle à l’accomplissement de l’idéal naturel de l’homme et de relation pure et primitive. Il va peindre le dépassement des présupposés sociaux et l’accession à l’état de nature comme triomphe de la nature humaine sur la structure artificielle et aliénante de l’organisation sociale.

 

 

II/ Les présupposés sociaux dans la Nouvelle Héloïse 

 

a) Fonction du préjugé dans l’œuvre et dans la société

 

Le préjugé, dans la Nouvelle Héloïse revêt plusieurs fonctions. En effet, si sa première fonction est éducative, nous verrons qu’il est aussi garant de la Prudence  et de la pérennité des valeurs fondamentales de l’organisation sociale ; il es...



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