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La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette. La scène de l'aveu au prince de Clèves.

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Aperçu du corrigé : La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette. La scène de l'aveu au prince de Clèves.



Document transmis par : Lora16787


Publié le : 12/9/2006 -Format: Document en format HTML protégé

La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette. La scène de l'aveu au prince de Clèves.
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Eléments d’introduction :
- Rappeler qui est Mme de Lafayette (femme noble du XVIIème ayant reçu une éducation littéraire soignée, c’est une mondaine raffinée. Elle appartient au courant précieux, sans être hautaine ni pédante (comme les précieuses que Molière critique dans Les précieuses ridicules). [Revoyez les éléments de cours sur la préciosité : ils vous seront peut-être utiles pour l’entretien].
- Situez l’extrait dans l’œuvre (cf. notes de cours).
- Problématique envisagée en classe: il s’agit de montrer que ce passage se nourrit de la tradition classique (influence de la tragédie sur l’écriture du passage) et de la pensée précieuse tout en s’inscrivant dans une forme de modernité : les personnages sont ici abordés selon leur caractère, et non selon les actions qu’ils accomplissent dans le but de nourrir une réflexion sur la vertu et la « fides «.
- Plan proposé : I- une scène inspirée de la scène d’aveu dans la tragédie ;
II- un miroir nuancé des valeurs précieuses de la fin du XVIIème siècle.

I- a) Un aveu pathétique.

Les deux personnages sont touchants, et leur détresse émouvante tant leur désespoir semble insurmontable. Les paroles, mais aussi les attitudes des deux protagonistes (= personnages principaux) suggèrent une intense émotion qui gagne le lecteur.

• Les attitudes :
La princesse prononce son aveu en « se jetant à ses genoux «ligne 10 : attitude traditionnelle/ lieu commun (= topos) de la suppliante [on peut alors faire référence à l’histoire de Sophonisbe, reine punique ayant vécu à la fin du IIIème siècle av. JC, dont la supplique au roi Masinissa est restée célèbre et fait l’objet d’une réécriture par Melle de Scudéry, précieuse raffinée de l’époque ; mais aussi à la supplique de la pénitente chrétienne, puisque tout dans l’organisation de son discours y renvoie : aveu (lignes 12 « il est vrai que… « à 19 ; demande le pardon « je vous demande mille pardons «ligne 19 ; demande de l’aide « conduisez-moi «ligne 23, montre qu’il lui a été pénible d’avouer «  une chose que je n’ai pas la force de vous avouer «lignes 1-2/ le silence : « Mme de Clèves ne répondit point «l. 7 et « son silence « ligne 7/ « quelque dangereux que soit le parti que je prends «l. 17 ; Mme de Clèves est convaincue de la vertu de cette confession, car celle-ci demande du courage : « l’aveu que je vous ai fait n’a pas été par faiblesse «l. 62, et qu’elle montre tout le respect qu’elle a pour son époux : « il faut avoir plus d’amitié et plus d’estime pour un mari que l’on n’en a jamais eu «l. 21-22 –noter ici l’hyperbole utilisée par la princesse afin de souligner son honnêteté et sa fidélité envers son mari. Enfin, elle réclame l’assurance qu’elle sera toujours protégée, à défaut d’être aimée « aimez-moi encore, si vous pouvez «l. 24]

Le prince quant à lui est « hors de lui-même «, l. 26, est demeuré « la tête appuyée sur ses mains « l. 25-26. il « pensa mourir de douleur « ligne 29. Cette posture est celle du désespoir. Le détail qui est ajouté en fin de phrase : « il n’avait pas songé à faire relever sa femme «lignes 26-27 montre que sa détresse est infinie : la souffrance que lui inflige le discours de sa femme lui fait oublier sa dignité et son rang : jamais un homme de sa qualité n’aurait laissé transparaître un tel trouble –même à son épouse, cela était presque indécent pour l’époque puisqu’il trahit sa passion amoureuse pour elle (ce qu’il lui avoue d’ailleurs lignes 35-36)-, et ensuite jamais il n’aurait toléré que sa femme demeure agenouillée : le prince est galant homme, il ne peut accepter une attitude aussi humiliante, pour ne pas dire obscène. Il y a donc là une description euphémisante qui traduit le trouble/ le désordre amoureux dans lequel se trouve plongé le prince et contre lequel il va devoir lutter. Le pathétique tient au fait que lecteur peut mesurer la souffrance du personnage : il connaît cette passion du prince pour son épouse, et peut donc mesurer la blessure terrible qu’il vient de recevoir ainsi que son impact (le prince mourra d’amour peu de temps après cet aveu).

• Les paroles :

Elles traduisent détresse et souffrance :
- Mme de Clèves : « je ne craindrais pas d’en laisser paraître «ligne 15 ; « je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge «ligne 13 ; « ayez pitié de moi«l. 23 ;
- Le prince : « ayez pitié de moi «l. 29 ; « une affliction aussi violente « ligne 31 [noter l’hyperbole] ; « je me trouve le plus malheureux homme qui ait jamais existé «l.36 [même procédé] ; « me console «l. 47 ; « vous me rendez malheureux «l. 50.+ « vous craignez d’en avoir pour un autre «l. 38 qui montre la détresse de Mme de Clèves.

Elles traduisent le trouble du prince de Clèves, donc son désespoir :
- l’accumulation de questions lignes 39- 41 révèlent la jalousie qui menace de submerger le prince. Celui-ci, malgré son rang, n’en est pas moins homme.
- Amertume de la phrase « vous me rendez malheureux par la plus grande marque de fidélité que jamais une femme ait donné à son mari «lignes 50-52 : la tristesse du prince provient du fait qu’il ne peut en vouloir à sa femme : celle-ci lutte de toutes ses forces contre une passion qu’elle n’a pas souhaité, contre un sentiment qui la domine et qu’elle n’a pas recherché. Par honnêteté, elle l’avoue à son époux, qui éprouve, lui, un amour sincère à son égard : mais comment lui tenir rigueur de cet aveu, alors qu’elle n’en est pas responsable ?
Les deux protagonistes apparaissent dc tous les deux comme les jouets de leur passion, et en ceci cette scène a une dimension tragique.

I- b) Le tragique.

La scène elle-même renvoie à une scène conventionnelle des tragédies classiques (cf. notes de cours sur les scènes d’aveu au théâtre).

Rappel : tragique= terreur, pitié et présence du Fatum.

La pitié tient à la dimension pathétique de cette scène, ainsi qu’à la force d’identification aux personnages qu’elle suggère : le lecteur se met aisément à la place de l’un ou de l’autre. Les émotions sont alors d’autant plus fortes.

La terreur tient au fait que l’on ne sait pas comment va réagir M. de Clèves : il est passionnément amoureux, le lecteur le sait. Or, la tradition de la tragédie classique, alors en plein essor avec Racine notamment, et Corneille avant lui, ont habitué le public à des réactions différentes selon les héros, mais souvent violentes lorsque ceux-ci cèdent à leur passion (cf. notes de cours sur Phèdre, qui provoque, par dépit amoureux, la mort d’Hippolyte avant de se suicider, Roxane qui, dans Bajazet provoque la mort de son amant et de celle qu’il aime, ou encore la folie meurtrière d’Hermione dans Andromaque). Seule Bérénice chez Racine parvient à faire triompher sa raison et échappe ainsi au suicide ; chez Corneille, les héros parviennent la plupart du temps à dominer leurs passions, mais de quel type de personnage se rapproche le prince de Clèves ?
On comprend qu’il s’agit d’un héros plus cornélien que racinien : il se domine malgré sa peine et en assure son épouse « je n’en abuserai pas « lignes49-50 ; « ne craignez point , madame «lignes 55-56. Néanmoins, il laisse apparaître toutes les fureurs de l’amour :
Accumulation de questions lignes 39-41 ; lignes 42-43 qui renvoient à Phèdre découvrant qu’Hippolyte en aime une autre ; topos de la passion qui s’insinue par le regard « vous m’avez donné de la passion dès que je vous ai vue «l. 36 [cf. Phèdre, I, 3 « je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue/ un trouble s’éleva dans mon âme éperdue « ; la jalousie, citée à plusieurs reprises ; la volonté de savoir q...



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