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"Un beau désordre est un effet de l'art"

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Aperçu du corrigé : "Un beau désordre est un effet de l'art"



Document transmis par : ClementCim


Publié le : 10/3/2011 -Format: Document en format HTML protégé

"Un beau désordre est un effet de l'art"
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Face &agrave; la richesse d'un tableau il est int&eacute;ressent d'&eacute;couter ce dont les hommes pensent quand ils se trouvent dans un mus&eacute;e. Nombreux sont ceux qui tentent d'expliquer par eux-m&ecirc;me telle ou telle oeuvre, et n'arrivant pas &agrave; donner une explication qui serait diff&eacute;rente d'une r&eacute;action basique de la doxa, ils se contentent de dire que l'art ne peut pas &ecirc;tre expliqu&eacute;, car seul l'artiste est capable de comprendre son oeuvre, inexplicable. En effet il semble r&eacute;gner dans un tableau, dans un po&egrave;me ou une oeuvre de musique classique une telle complexit&eacute; que le d&eacute;sordre semble r&eacute;gner car les associations ne sont pas toujours compr&eacute;hensibles directement et o&ugrave; les &eacute;l&eacute;ments ne semblent pas toujours &ecirc;tre reli&eacute;s entre eux, principalement dans l'art contemporain &ndash; &agrave; en juger par Le Sacre du Printemps de Stravinsky.

Boileau, qui dans son Art po&eacute;tique qui &eacute;crit &agrave; propos de l'ode &laquo;&nbsp;un beau d&eacute;sordre est un effet de l'art&nbsp;&raquo;, semble attribuer &agrave; une chose belle la notion de d&eacute;sordre ce qui est paradoxal et oxymorique, compens&eacute; par la polys&eacute;mie qui anime le langage po&eacute;tique. En effet, comment l'art peut-il, alors qu'il semble &ecirc;tre un ph&eacute;nom&egrave;ne provenant de la nature, donner effet au d&eacute;sordre, qui quant &agrave; lui rel&egrave;verait plus de quelque chose qui ne rel&egrave;ve pas de la nature?

D'une part la d&eacute;finition du d&eacute;sordre et sa relation avec le beau apparaissent comme n&eacute;cessaire. Cependant la polys&eacute;mie de la citation entraine une vision du d&eacute;sordre comme autre que simple effet de l'art en nous poussant &agrave; nous pencher sur le d&eacute;sordre comme cause du beau d&eacute;sordre, s'inscrivant dans un certain ordre.

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Pour d&eacute;finir ce qu'est le d&eacute;sordre il faut tout d'abord tenter de d&eacute;finir l'ordre. Cette premi&egrave;re conception d'ordre est le cosmos grec. Il n'y a pas d'univers chez les grecs, il parlent de &lsaquo;&lsaquo; &kappa;&omicron;&sigma;&mu;&omicron;&sigmaf; &rsaquo;&rsaquo; (cosmos : &lsaquo;&lsaquo; monde ordonn&eacute; &rsaquo;&rsaquo; en grec) , un monde clos, o&ugrave; tout serait ordonn&eacute; par la volont&eacute; divine s'opposant au &lsaquo;&lsaquo; &kappa;&alpha;&omicron;&sigmaf; &rsaquo;&rsaquo; (chaos : &laquo; faille, b&eacute;ance &raquo; en grec) ou comme H&eacute;siode le dit &laquo; Donc, au commencement, fut Chaos, et puis la Terre au vaste sein, si&egrave;ge in&eacute;branlable de tous les immortels qui habitent les sommets du neigeux Olympe &raquo;1. Le chaos c'est le rien avant le tout, le cosmos, selon H&eacute;siode pr&eacute;c&egrave;de m&ecirc;me les dieux, un vaste rien o&ugrave; le n&eacute;ant r&egrave;gne. En somme le d&eacute;sordre serait le chaos, o&ugrave; le n&eacute;ant r&egrave;gne.

D'apr&egrave;s le Lalande : &lsaquo;&lsaquo; Ordre : A. Ordnung, L'une des id&eacute;es fondamentales de l'intelligence. On n'en peut donner de d&eacute;finition qui la rende plus claire. Elle comprend, dans son sens le plus g&eacute;n&eacute;ral, les d&eacute;terminations temporelles, spatiales, num&eacute;riques; les s&eacute;ries, les correspondances, les lois, les causes, les fins, les genres et les esp&egrave;ces ; l'organisation sociale, les normes morales, juridiques, esth&eacute;tiques, etc. (&hellip;)&nbsp;&raquo;2 La d&eacute;finition a toutes ses racines dans la pens&eacute;e platonicienne, et par extension dans la pens&eacute;e des antiques grecs. Elle repose sur l'Id&eacute;e, &laquo;&nbsp;une coh&eacute;rence quelconque (aux yeux de l'esprit) fond&eacute;e sur un rapport quantitatif, qualitatif, m&eacute;canique ou t&eacute;l&eacute;ologique&nbsp;&raquo;3 quelconque car hors de notre port&eacute;e, il y a impossibilit&eacute; &agrave; comprendre tous les param&egrave;tres de l'ordre, toutes ces d&eacute;terminations naturelles. En somme l'art aurait pour effet d'abolir les d&eacute;terminations naturelles, o&ugrave; en r&eacute;sulterait le d&eacute;sordre.

De plus la notion de d&eacute;sordre peut &eacute;galement se retrouver en science. Ce n'est pas le Hasard auquel on pourrait l'apparenter o&ugrave; le d&eacute;sordre serait le manque d'ordre d'une s&eacute;rie hasardeuse. Prenons l'exemple de l'&eacute;l&egrave;ve qui note la suite de nombre donn&eacute;e par sa calculatrice en appuyant sur la touche &laquo;&nbsp;Random&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;hasard&nbsp;&raquo; en anglais). Cependant cette suite n'a rien de d&eacute;sordonn&eacute;e car elle suit une r&egrave;gle math&eacute;matique, ou plus exactement une certaine &eacute;quation. La th&eacute;orie du chaos, en physique, &laquo;&nbsp;quant &agrave; elle traite des syst&egrave;mes dynamiques rigoureusement d&eacute;terministes, mais qui pr&eacute;sentent un ph&eacute;nom&egrave;ne fondamental d'instabilit&eacute; appel&eacute; &laquo;&nbsp;sensibilit&eacute; aux conditions initiales&nbsp;&raquo; qui modulant une propri&eacute;t&eacute; suppl&eacute;mentaire de r&eacute;currence, les rend non pr&eacute;dictibles en pratique sur le long terme.&nbsp;&raquo;4 Prendre l'exemple du c&eacute;l&egrave;bre : &laquo;&nbsp;Pr&eacute;dictibilit&eacute; : le battement d'ailes d'un papillon au Br&eacute;sil provoque-t-il une tornade au Texas?&nbsp;&raquo;5, une conf&eacute;rence de Lorenz donn&eacute;e en 1972. En fait, le battement d'ailes d'un papillon ne provoque pas une tornade au Texas, cela serait absurde car s'il peut la provoquer il peut &eacute;galement l&rsquo;emp&ecirc;cher. Nous dirons donc que ce battement d'ailes influe, il induit - mais ne provoque pas - sur la m&eacute;t&eacute;orologie, &agrave; petite &eacute;chelle mais cela provoque des changements &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle macroscopique. En fait une s&eacute;rie de changements &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle microscopique se r&eacute;percute fortement &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle macroscopique d'o&ugrave; l&rsquo;impossibilit&eacute; &agrave; pr&eacute;voir justement les ph&eacute;nom&egrave;nes m&eacute;t&eacute;orologique.

Selon la d&eacute;finition du Littr&eacute; :&lsaquo;&lsaquo; D&eacute;sordre, nm (d&eacute;-zor-dr') 1. Manque d'ordre, d&eacute;rangement, confusion &rsaquo;&rsaquo;6 Le manque d'ordre n'est pas absence d'ordre, &ccedil;a serait donc un ordre qui a &eacute;t&eacute; troubl&eacute;, une confusion dans un ordre r&eacute;gl&eacute;. Ce serait ne pas atteindre l'ordre qu'il devrait y avoir. En effet la notion d'ordre na&icirc;t apr&egrave;s la notion de d&eacute;sordre, car la notion d'ordre pr&eacute;suppose une organisation du d&eacute;sordre.

Boileau met cette d&eacute;finition du d&eacute;sordre avec le beau. Boileau est un &eacute;crivain et critique fran&ccedil;ais, principal th&eacute;oricien du classicisme fran&ccedil;ais. Il est &agrave; noter que le classicisme prend sa forme par un retour sur la notion d'art &agrave; l'&eacute;poque antique gr&eacute;co-romaine. Il faut donc se pencher sur les sept crit&egrave;res essentiels du beau dans la tradition Antique, refl&eacute;tant leur vision du cosmos. Est beau ce qui est cosmique7 :

1) l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; et la totalit&eacute;. Une chose belle doit tout d&rsquo;abord &ecirc;tre enti&egrave;re, c'est &agrave; dire que rien ne doit lui faire d&eacute;faut. Il ne peut rien manquer &agrave; ce qui est beau. Seul peut &ecirc;tre tenu pour beau ce qui est parfait au sens de fini, achev&eacute;, termin&eacute;, totalement r&eacute;alis&eacute;. Inversement, sera consid&eacute;r&eacute; comme laid ce qui est inachev&eacute;, incomplet. Donc se trouvent condamn&eacute; le fragment, l&rsquo;esquisse, l&rsquo;&eacute;bauche, l&rsquo;oeuvre ou la chose qui ne sont pas parvenues &agrave; leur terme.

2) l&rsquo;ordre et l&rsquo;harmonie qui repr&eacute;sentent l&rsquo;accord et la proportion des parties entre elles et avec le tout. Pour Pythagore, le cosmos est sous-tendu par des proportions g&eacute;om&eacute;triques. Sera alors consid&eacute;r&eacute; comme laid ce qui ne pr&eacute;sente ni ordre ni proportion, le disproportionn&eacute;.

3) la simplicit&eacute; et l&rsquo;unit&eacute;. L&rsquo;id&eacute;al antique du beau s&rsquo;oppose &agrave; la complexit&eacute; ou &agrave; la complication jug&eacute;e inutiles. La manifestation de l&rsquo;unit&eacute; dans la simplicit&eacute; exclut la parure et l&rsquo;ornementation. C'est ce que l'on retrouvera chez Boileau, dans son Art po&eacute;tique, avec les crit&egrave;res d&rsquo;unit&eacute; de temps, de lieu, d&rsquo;action et de caract&egrave;re. Sera consid&eacute;r&eacute; comme laid tout ce qui cache l&rsquo;unit&eacute; des choses.

4) l&rsquo;immobilit&eacute; et la s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. La pens&eacute;e grecque identifie la perfection de l&rsquo;&ecirc;tre avec le repos absolu, l&rsquo;absence de tout changement et de toute alt&eacute;ration. Ce qui exclut le mouvement qui aboutit &agrave; la d&eacute;formation ou &agrave; l&rsquo;informe. Le beau ne doit pas repr&eacute;senter ce qui ne dure pas, ce qui dispara&icirc;t ou se transforme continuellement. C'est en somme un retour sur l'essence m&ecirc;me de ce que l'on repr&eacute;sente.

5) la f&eacute;licit&eacute;. La beaut&eacute; classique est la repr&eacute;sentation du bonheur parfait comme accord avec soi-m&ecirc;me.

6) la lumi&egrave;re. Pour les Grecs tout ce qui est sombre et obscur, ce qui est voil&eacute; ou cach&eacute; conduit &agrave; la laideur. La clart&eacute; classique s&rsquo;oppose &eacute;galement &agrave; ce qui est flou, impr&eacute;cis, confus, indistinct.

7) la v&eacute;rit&eacute;. La beaut&eacute; est l&rsquo;existence visible de l&rsquo;essence. Est beau tout ce qui est conforme &agrave; sa d&eacute;finition, tout ce qui est en v&eacute;rit&eacute; ce qu&rsquo;il doit &ecirc;tre. Seront alors consid&eacute;r&eacute;s comme laids le faux, l&rsquo;invraisemblable, l&rsquo;impossible ou le contradictoire.

Cette conception du beau va &eacute;galement avec une certaine m&eacute;fiance &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de l&rsquo;art : le beau artistique n&rsquo;est que le reflet du beau du cosmos. D&rsquo;autre part cette conception laisse croire que finalement la production du beau r&eacute;sulterait de l&rsquo;application de certaines r&egrave;gles, comme celles de la proportion ou de la perspective. Outre la question de l'art qui serait dans ce cas synonyme de l'artisanat car elle ne rel&egrave;verait plus que d'une comp&eacute;tence technique, Boileau effectuerait dans ce vers une totale contradiction avec les r&egrave;gles qu'il reprend. Car le d&eacute;sordre c'est l'absence ou le manque d'int&eacute;grit&eacute;, de totalit&eacute;, d'ordre, d'harmonie, de simplicit&eacute;, d'unit&eacute;, d'immobilit&eacute;, de s&eacute;r&eacute;nit&eacute;, de f&eacute;licit&eacute;, de lumi&egrave;re, de v&eacute;rit&eacute;. Mettre en relation beau et d&eacute;sordre est au sens strict une contradiction de premier ordre. De plus on pourrait penser que dans les mus&eacute;es ne soit repr&eacute;sent&eacute; que l'Art, o&ugrave; le beau est forc&eacute;ment de mise avec cette notion. Or dans un mus&eacute;e, il n'y a pas que de l'art grec repr&eacute;sentant ces crit&egrave;res.

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Il faut donc se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; Kant pour la d&eacute;finition du beau8 : &laquo;&nbsp;La beaut&eacute; est la forme de la finalit&eacute; d&rsquo;un objet en tant qu&rsquo;elle est per&ccedil;ue en celui-ci sans repr&eacute;sentation d&rsquo;une fin.&nbsp;&raquo; La forme de la finalit&eacute; d&rsquo;un objet, c&rsquo;est l&rsquo;intention que l&rsquo;on suppose &ecirc;tre la cause d&rsquo;un objet. L&rsquo;intention produit un objet en posant sa d&eacute;finition ou son concept comme le but &agrave; atteindre par la mise en oeuvre des moyens appropri&eacute;s, d'apr&egrave;s Aristote. La cause finale d&rsquo;une chose, c&rsquo;est la repr&eacute;sentation du but qui va guider la production de cette chose.

Cela veut dire qu&rsquo;est beau ce qui donne l&rsquo;impression d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; ou produit en fonction d&rsquo;une certaine intention. Ce qui serait le simple produit du hasard ne pourrait pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme beau. Donc est beau ce qui appara&icirc;t comme le r&eacute;sultat incompr&eacute;hensible de causes, qui donne l&rsquo;apparence d&rsquo;&ecirc;tre intentionnel, mais sans qu&rsquo;il soit possible de dire ou de pr&eacute;ciser le but ou la fin vis&eacute;s. La fin ne vient pas d&rsquo;un concept qui aurait &eacute;t&eacute; pr&eacute;alablement pens&eacute; par l&rsquo;artiste, par exemple. Ce qui le montre, c&rsquo;est la fa&ccedil;on dont se fait la cr&eacute;ation artistique : l&rsquo;artiste ne sait pas lui-m&ecirc;me quelle va &ecirc;tre la nature de l&rsquo;oeuvre qu&rsquo;il est en train de produire. Prenons l'exemple de Flaubert qui d&eacute;crit dans ses Correspondances son ignorance quant &agrave; sa production litt&eacute;raire. Quand il commence &agrave; r&eacute;diger Salaamb&ocirc;, il sait parfaitement que son histoire se d&eacute;roulera &agrave; Carthage au temps des guerres puniques mais il ne sait pas quel en sera le plan, ce qu'il d&eacute;veloppera dans son roman.

La citation de Boileau pr&eacute;suppose un lien n&eacute;cessaire entre l'art et la beaut&eacute;, or l'artiste pourrait tr&egrave;s bien vouloir montrer la laideur, nommons



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