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Résumé et discussion: J. ROSTAND, Pensées d'un biologiste.

Littérature

Aperçu du corrigé : Résumé et discussion: J. ROSTAND, Pensées d'un biologiste.



Publié le : 13/10/2011 -Format: Document en format HTML protégé

Résumé et discussion: J. ROSTAND, Pensées d'un biologiste.
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Jean Rostand pose une question à laquelle il veut répondre de façon scientifique : ce que l'Homme a acquis d'âge en âge ne devient-il pas une donnée initiale pour les générations suivantes? Il fait une première supposition optimiste : l'individu pourrait, sans cependant hériter biologiquement des connaissances passées, varier dans son être même, devenir de plus en plus sociable. Ainsi le progrès humain s'élèverait de façon linéaire.



Les adjonctions successives qui constituent le progrès de la civilisation, aussi bien dans l'ordre technique que dans l'ordre spirituel, n'agissent-elles pas, à la longue, sur la substance même de l'homme? Quelque chose de l'acquis ne devient-il pas inné? L'hérédité sociale ne se transforme-t-elle pas en hérédité organique? Certes, nul n'a jamais pensé que ce genre de transmission s'accomplit selon des modes bien précis, et que, même après des millénaires de civilisation, les petits d'homme dussent venir au monde avec une science et une morale infuses; mais on a pu présumer que les humains, à force d'avoir appris et compris, devenaient plus aptes à apprendre et à comprendre, qu 'à force d'avoir redouté et respecté les règles sociales ils devenaient plus susceptibles de leur obéir. Ainsi, sans que le contenu de la civilisation s'inscrivît dans le patrimoine de l'espèce, elle s'y inscrirait par

une modification des habitudes et des instincts qui rendrait la matière humaine en quelque sorte plus éducable, plus ductile, plus civilisable. S'il y a du vrai en cela, s'il est réel que le milieu social créé par l'homme retentisse sur l'animal humain, le prépare dans l'intimité de sa substance, si la coutume, pour peu que ce soit, devient nature, alors tous les espoirs sont permis quant à l'évolution spirituelle de notre espèce. De siècle en siècle l'homme naîtrait mieux adapté à la société, et, ses qualités natives se haussant de génération en génération, il progresserait indéfiniment dans le sens même que réclament les nécessités collectives. Mais la science nous enlève, là-dessus, tout espoir. Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son organisme, rien n'a passé dans sa tête. Rien du passé humain n'a imprégné ses moelles. Tout ce qu'il s'est ajouté lui est resté externe et superficiel. Il ne s'est pas, d'âge en âge, organiquement spiritualisé. L'humanité, éternelle novice, ne mûrit pas dans sa chair. Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage. Et si, demain, la civilisation entière était détruite, l'homme aurait tout à recommencer, il repartirait du même point d'où il est parti voilà quelque cent ou deux cent mille ans. Toute son oeuvre, tout son labeur, toute sa souffrance passés ne lui compteraient de rien, ils ne lui conféreraient aucune avance. Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à sa base l'édification de la cité humaine. La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte, qui eux-mêmes procèdent de ses chromosomes. La civilisation de l'homme ne réside pas dans l'homme, elle est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes.

J. ROSTAND, Pensées d'un biologiste.




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