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RHÉTORIQUE ET LITTÉRATURE

Littérature

Aperçu du corrigé : RHÉTORIQUE ET LITTÉRATURE



Publié le : 1/12/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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RHÉTORIQUE ET LITTÉRATURE
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Nous ne détaillerons pas l’ensemble de notions propre à chacune des opérations; ce qui importe est de marquer que ces divisions représentent les différents « actes d’une structuration progressive » (R. Barthes, « l’Ancienne Rhétorique », dans Communications, n° 16) du discours : les trois premières sont celles qui donnent lieu à d’amples développements dans l’Antiquité; actio et memoria, concernant l’énonciation, ne suscitent que de brefs commentaires. La liaison entre la rhétorique et le politique explique (en partie) que les objectifs se soient modifiés, que le champ ait été réorganisé. Dans un État (Athènes) où le pouvoir de l’assemblée est important, l’éloquence prime; « avec la disparition de la démocratie, l’éloquence ne peut que décliner. Ou même disparaître? De même pour la rhétorique, qui enseignait comment être éloquent. A moins que l’éloquence ne change de sens — et avec elle, la rhétorique, d’objet » (T. Todorov, Théories du symbole).



RHÉTORIQUE ET LITTÉRATURE. La rhétorique s’est élaborée il y a vingt-cinq siècles; art de persuader, elle est alors fondamentalement liée à l’art oratoire, à l’éloquence. Ensemble de règles à suivre qui doivent permettre de convaincre l’auditeur dans un procès, dans une assemblée politique, elle apparaît comme une technique de la parole efficace, consistant à étudier les effets de la langue, à les répertorier et à les classer de façon à obtenir les moyens les meilleurs pour agir sur l’autre. « Sa fonction propre n’est pas de persuader, mais de voir les moyens de persuader que comporte chaque sujet... [elle] est la faculté de découvrir spéculativement ce qui, dans chaque cas, peut être propre à persuader » (Aristote, Rhétorique, 1355 b). La rhétorique étudie donc les moyens linguistiques non comme tels (étude qui est propre à la grammaire), mais en tant qu’ils permettent d’atteindre un objectif, une fin. Elle enseigne aussi bien à réfuter qu’à démontrer; du même coup, la technique est indifférente à la morale. « Elle ne peut combattre l’immoralité qu’en la connaissant, faire adopter le pour qu’en pénétrant tous les secrets du contre : bref, elle doit être apte à conclure dans les deux sens contraires, en sorte que sa règle est [...] l’indifférence provisoire à l’égard de l’impératif » (M. Dufour, introduction à la Rhétorique d’Aristote, t. I, 1932). La technique ne s’appuie pas que sur des vérités scientifiques, dans la mesure où le discours vise à jouer un rôle dans la vie de la cité : « Dans la pratique courante de la vie [...] on se règle [...] sur la vérité relative, sur les vraisemblances et les probabilités de l’opinion » (ibid.).

 

La technique du discours efficace aboutit à un ensemble de principes utilisables pour ordonner le discours oratoire, découpé en cinq points : exorde, narration, argumentation, digression, épilogue — cette division canonique étant conservée encore dans le « plan » de la dissertation scolaire : introduction, parties démonstratives, conclusion. La technique partage les moments de la construction du discours parlé : inventio (trouver quoi dire); dispositio (ordonner ce qu’on a trouvé); elocutio (ajouter l’ornement — domaine des figures); actio (jouer le discours); memoria (recourir à la mémoire).


Dans cette tradition, toute figure est un écart par rapport à une façon simple de parler, mais elle est également traduisible. Une partie de l’apprentissage rhétorique (plus largement, une partie de l’étude des textes) consiste en de véritables traductions (version et thème) du texte littéraire; il s’agit de comparer la forme d’un mot avec celle d’un autre qui aurait pu être employé à sa place.

 

La perspective de Condillac, dans son Art d\'écrire (partie du Cours d\'étude pour le prince de Parme), est quelque peu différente, même si les éléments communs l’emportent (par exemple, les points de vue sur la classification). Condillac suggère en effet que la figure s’utilise pour exprimer tel sentiment; elle est donc, en cela, adéquate à son objet, et par conséquent non traduisible; non pas écart dans l’usage mais appropriée à son but. C’est introduire un statut de la figure (elle ne s’oppose plus à l’expression simple) qui ébranle l\'édifice de la rhétorique, et de la littérature comme ornement: par là s’esquisse une notion relative, celle de genre :

 

En général, il suffit d\'observer qu\'il y a dans la poésie, comme dans la prose, autant de naturels que de genres; qu\'on n\'écrit pas du même style une ode, un poème épique, une tragédie, une comédie, et que cependant tous ces poèmes doivent être écrits naturellement. Le ton est déterminé par le sujet qu\'on traite, par le dessein qu\'on se propose, par le genre qu\'on choisit, par le caractère des nations et par le génie des écrivains qui sont faits pour devenir nos modèles.

 

Il me paraît donc démontré que le naturel propre à la poésie et à chaque espèce de poème est un naturel de convention qui varie trop pour pouvoir être défini, et que, par conséquent, il faudrait l\'analyser dans tous les cas possibles, si on voulait l\'expliquer dans toutes formes qu\'il prend; mais on le sent, et c\'est assez.

 

(Condillac, Œuvres complètes, I)

 

Relativisme qui conduit à considérer que l’objet « littérature » est lié à l’histoire.

 

Comme la grammaire générale, la rhétorique lente de codifier, de classer les procédés de l’expression pour établir un système universel; ce faisant, elle pose l’existence d’une norme absolue (une « nature » du langage) et d’un écart. Elle a pour ambition d\'établir un code des connotations littéraires [...]. A chaque fois qu\'il emploie une figure reconnue par le code, l\'écrivain charge son langage non seulement d\'« exprimer sa pensée », mais aussi de notifier une qualité épique, lyrique, didactique, oratoire, etc., de se désigner soi-même comme langage littéraire, et de signifier la littérature.

 

(G. Genette, Figures)

 

Le démembrement de la rhétorique intervient de l’extérieur, quand se substitue à la notion de sujet unifié celle de sujet éclaté, à la fin du xvme siècle et au xixe siècle; la notion d’un discours ornemental, même si elle survit encore aujourd’hui, ne tient plus quand il n’est plus de référence possible à une norme, mais que sont découvertes des normes sociales.

 

L’unique, posé a priori, cède la place à la diversité décelable dans l’étude historique; qu’on parte à la découverte de lois dans les faits linguistiques, sociaux, etc., n’empêche pas que cela s’effectue à partir de la considération de faits individuels.

 

Les listes

 

Il y a dans la rhétorique une rage de nommer qui est une façon de s\'étendre et de se justifier en multipliant les objets de son savoir [...]. Les promotions rhétoriques sont arbitraires : l\'essentiel est de promouvoir, et de fonder ainsi un ordre de la dignité littéraire.

 

(G. Genette, Figures)

 

Les listes et les classifications, âprement discutées, remaniées d’une époque à l’autre, représentent un système de certitudes. Elles ont eu une fonction prescriptive : les figures doivent être utilisées de façon juste pour obtenir tel ou tel effet. « Sous des noms étranges et le plus souvent oubliés de nos jours, c’est une liste des procédés destinés à imprimer à la phrase un certain mouvement, en correspondance avec le sentiment à exprimer et qui soit capable de le rendre immédiatement perceptible » (G. Snyders, op. cit.).



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