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LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Histoire-géographie

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Publié le : 23/2/2012 -Format: Document en format HTML protégé

LA SECONDE GUERRE MONDIALE
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LA SECONDE GUERRE MONDIALE (1939-1945) La Seconde Guerre mondiale puise ses origines complexes dans la situation politique, économique et territoriale héritée de la Grande Guerre et de la crise de 1929. Épuisée et traumatisée par quatre ans de guerre, l'Europe hésite entre le pari de la paix, quel qu'en soit le prix, et celui de l'expansion, au besoin territoriale. Les années 1930 voient ainsi se constituer deux camps : celui des démocraties qui offrent une réponse économique à la crise, et celui des États totalitaires, où l'armée exerce un pouvoir grandissant, qui voient dans la conquête territoriale la solution à tous les maux. Dans un cas comme dans l'autre, on développe les industries d'armement. En URSS, Staline lance la planification et la collectivisation, assurant à l'État un rôle dominant dans la transformation de la société. Le nationalisme, ressort idéologique traditionnel des partis extrémistes, s'exprime tout naturellement, dès le début des années 1930, dans la politique des dictatures européennes. Pour les nazis, parvenus au pouvoir en 1933 en Allemagne, la communauté germanique doit pouvoir trouver en Europe l'« espace vital « (Lebensraum) nécessaire à son développement et à la mesure de sa prétendue supériorité raciale. Il en va de même au Japon, qui se trouve en plein « boom « démographique et se cherche une position dominante en Asie. Des politiques d'expansionnisme et d'agression. L'expansionnisme, teinté de pangermanisme ou de panasiatisme, pousse l'Allemagne comme le Japon à l'agression. À la différence de l'Europe, l'Extrême-Orient voit la guerre commencer dès le début des années 1930, provoquée par l'impérialisme japonais. En septembre 1931, la Mandchourie est militairement occupée, en dépit des protestations stériles de la SDN (Société des Nations). Le nord de la Chine, conquis par le Japon en juillet 1937, est le théâtre de multiples massacres, témoin le sac de Nankin, qui visent à terroriser la résistance chinoise. En Europe, Hitler, allié à l'Italie fasciste de Mussolini depuis 1936 (Axe Rome-Berlin), annexe l'Autriche le 13 mars 1938 (Anschluss). Sa revendication des Sudètes fait l'objet de négociations lors de la conférence de Munich en septembre 1938. La Tchécoslovaquie n'en est pas moins sacrifiée au nom de l'espoir de la paix européenne : la région des Sudètes est annexée par l'Allemagne. Avec l'invasion de la Pologne, le 1er septembre 1939, programmée depuis la signature du Pacte germano-soviétique, la France comme le Royaume-Uni ne peuvent désormais plus reculer devant Hitler. Les démocraties, prisonnières autant de leurs opinions publiques que de leurs options stratégiques, laissent l'initiative à la Wehrmacht (armée allemande). L'Europe de l'Ouest s'enfonce dans la « drôle de guerre «, tandis que la Pologne est taillée en pièces par ses puissants voisins. Le 29 septembre 1939, elle capitule. L'Europe du Nord est l'objet des convoitises soviétiques et allemandes : la Finlande est envahie le 30 novembre 1939 par l'Armée rouge (traité de paix le 12 mars 1940), en avril 1940 le Danemark et la Norvège sont à leur tour envahis par les troupes allemandes soucieuses de protéger la « route du fer «. Le débarquement allié (franco-britannnique) à Narvik (15 avril) est de courte durée, l'offensive de l'armée allemande à l'ouest ayant débuté le 10 mai. Pour l'invasion des Pays-Bas (capitulation le 15 mai), de la Belgique et de la France, la tactique de la Blitzkrieg (guerre éclair) permet aux Panzer Divisionen (divisions blindées) allemandes des percées fulgurantes, notamment à travers les Ardennes. En moins de dix jours, les armées alliées sont coupées en deux, encerclées dans la « poche de Dunkerque «, où des milliers de soldats anglais et français sont faits prisonniers. L'Italie entre en guerre le 10 juin, tandis que l'offensive allemande se poursuit vers l'ouest et le sud, poussant devant elle des milliers de réfugiés. Le gouvernement français, paralysé, demande l'armistice, qui sera signé à Rethondes le 22 juin. Durant tout l'été 1940, l'Angleterre subit d'incessantes attaques aériennes, auxquelles succèdent dès septembre des bombardements de nuit sur les villes (Blitz). La détermination de Churchill et l'opiniâtre résistance de la chasse aérienne anglaise durant la bataille d'Angleterre font abandonner tout espoir d'invasion à Hitler. Après les succès des conquêtes allemandes en Europe occidentale, Mussolini porte les combats dans les Balkans, où il annexe l'Albanie en avril 1939 et attaque la Grèce le 28 octobre 1940. Les Allemands assurent eux aussi leurs positions en ralliant aux puissances de l'axe la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie les 20, 23 et 29 novembre 1940, puis la Bulgarie le 1er mars 1941. Devant l'incapacité de l'Italie de se maintenir en Grèce, l'Allemagne, à partir du 6 avril 1941, envahit la Yougoslavie avant de se rendre maîtresse de la Grèce. Le contrôle de la Méditerranée et des zones pétrolifères du Moyen-Orient devient un enjeu pour les Alliés comme pour l'Axe : Italiens et Britanniques s'affrontent en Égypte dès septembre 1940 ; l'Afrika Korps, commandé par Erwin Rommel (1891-1944) débarque en Libye et refoule les Britanniques en avril 1941. Ceux-ci sont maîtres de l'Irak, de la Syrie et du Liban à l'été 1941 et se sont assurés de la neutralité de la Turquie. Quant à l'Iran, seule voie praticable par laquelle le Royaume-Uni peut approvisionner l'URSS attaquée, il est envahi par les Alliés du fait de son entêtement à préserver des relations commerciales avec l'Allemagne. L'année 1941 ou la mondialisation du conflit. Le 22 juin 1941, Hitler, rompant l'accord passé avec l'URSS, l'attaque sur un front de 1 500 kilomètres. Les enjeux de cette « poussée vers l'est « sont multiples : luttes d'influence en Europe orientale, sauvegarde antibolchevique de l'Occident, poursuite de l'élargissement de l'« espace vital «. L'Ost Plan prévoit l'exploitation sans vergogne des territoires et des populations conquis. La « guerre éclair « allemande fait reculer les Soviétiques qui concentrent leur défense sur Leningrad et Moscou, mais l'hiver précoce et l'âpreté de la résistance des Partisans oblige dès décembre l'Allemagne à entamer une longue guerre d'usure. Le Japon négocie différentes alliances pour garantir son hégémonie dans le Pacifique. C'est ainsi qu'il signe le pacte tripartite avec l'Allemagne et l'Italie le 27 septembre 1940. En avril 1941, l'empire nippon signe pourtant un pacte de neutralité avec l'URSS et, fort de ses succès en Chine, rêve de supplanter les dominateurs blancs en Asie. Il se heurte aux États-Unis, neutres, mais bien décidés à empêcher l'expansion japonaise. Dès son arrivée au gouvernement, le très militariste Tojo fait prendre un tournant décisif au conflit : le 7 décembre 1941, la flotte américaine du Pacifique est détruite par l'aviation japonaise à Pearl Harbor, précipitant l'entrée en guerre américaine (l'Allemagne et l'Italie déclarent la guerre aux États-Unis le 11 décembre). La guerre éclair japonaise permet de conquérir tout le Sud-Est asiatique de décembre 1941 à mars 1942 : les Philippines, les Indes néerlandaises, Hong Kong, la Malaisie et Singapour sont inclus à la « sphère de coprospérité asiatique «. Dominations et collaborations. À peine plus de deux ans ont suffi aux dictatures pour se tailler, en Europe comme en Asie, d'immenses empires. Leur contrôle et le « jusqu'au-boutisme « des Alliés dans leur reconquête confèrent au conflit tous les aspects d'une guerre totale. En Asie, le Japon, victorieux des Occidentaux dans les colonies européennes, prend des allures de libérateur et laisse entrevoir l'indépendance aux peuples de l'Est asiatique. Il encourage les mouvements nationalistes. Cependant, la « japonisation «, inaugurée dès 1910 en Corée, plus tard à Formose (actuel Taïwan) et dans le Mandchoukuo, prend les mêmes formes brutales dans les territoires de la « sphère de coprospérité «. Les gouvernements et les parlements locaux sont placés sous contrôle (Birmanie) ou sous administration militaire, les ressortissants chinois arrêtés, déportés, massacrés. Le japonais est imposé comme langue officielle (Philippines, Indonésie, Malaisie), les droits civiques suspendus (Indonésie). En Europe, différents statuts sont imposés aux États conquis par l'Allemagne, qui dépendent de la hiérarchie raciale sous-tendue par l'idéologie nazie. Ainsi, si certains se voient annexés (protectorat de Bohême-Moravie, Alsace-Lorraine…), d'autres ont un double statut, à la fois partie du Grand Reich et territoire administré, d'autres encore restent indépendants mais sont placés sous l'administration directe des nazis (Belgique, Norvège…). La France connaît l'ensemble de ces statuts, coupée en deux par une ligne de démarcation : au nord, la zone occupée par les nazis, au sud, la zone libre gouvernée par le régime de Vichy. La collaboration avec les autorités locales est recherchée ou imposée par l'occupant. Elle s'appuie sur les réseaux fascistes et nationalistes d'avant-guerre :Vidkun Quisling (1887-1945) en Norvège, Léon Degrelle (1906-1994) en Belgique, ou Anton Mussert (1894-1946) aux Pays-Bas. La collaboration d'État, au motif de « soulager « les souffrances des populations vaincues, relaie les intentions des autorités allemandes et met les fonctionnaires à leur service (régime de Vichy en France). Exploitation et pillage économiques. L'exploitation économique de l'Europe de l'Ouest et de l'Est répond au double impératif de satisfaire aux besoins d'approvisionnement du IIIe Reich en guerre, et d'assurer l'autarcie de l'Allemagne et à plus long terme de la « nouvelle Europe «. Les nazis distinguent les pays tolérés, qui seront ultérieurement annexés et incités à produire davantage, et les pays « inférieurs «, directement pillés. Quelle que soit la situation, l'Allemagne s'arroge des privilèges importants : taux de change avantageux, paiement d'un tribut comme indemnité d'occupation. Le STO (Service du travail obligatoire) constitue une importante contribution en main-d'oeuvre dès 1941, déplaçant vers l'Allemagne sept millions de travailleurs venus de toute l'Europe : Norvège, Pays-Bas, France ou encore Grèce. Les Juifs sont spoliés de leurs biens et déportés, leur argent blanchi ou placé par les nazis dans quelque place financière. Hitler élabore même un projet de mise en esclavage des populations polonaises. L'Europe nazifiée subit ainsi un pillage en règle. En Asie, au plan économique, chacun doit concourir à l'effort de guerre nippon. Ainsi les plantations de canne à sucre sont-elles reconverties en champs de coton aux Philippines, les importations étant suspendues. En Indonésie, la population est déplacée vers les sites industriels. En Indochine, la côte orientale, région vitale, est méthodiquement exploitée. De manière générale, les ressources locales sont pillées ou détournées au profit du « libérateur «. Systèmes de terreur. Le nouvel ordre instauré par les nazis nécessite la mise en place dans l'Europe conquise d'un système de terreur qui vise à maintenir sous la coupe allemande les pays occupés. Il s'articule autour de la double logique de briser les résistances nationales et de prolonger à l'échelle européenne la politique raciale et concentrationnaire inaugurée dans l'Allemagne des années 1930. L'exécution d'otages est fréquente et se veut dissuasive, la déportation des présumés coupables renforce le dispositif de terreur. Dans la phase offensive contre l'URSS, des centaines de milliers de prisonniers de guerre trouvent la mort. Les prisonniers européens, américains et asiatiques, dans le Pacifique, subissent des conditions tout aussi terribles : affectés à des travaux de force, victimes de sévices et de mauvais traitements quand ils ne sont pas simplement exécutés. En Europe, pendant la guerre, s'accélère la construction des camps de concentration nazis ; le système s'étend aux territoires conquis et leur fonction évolue au rythme du conflit : besoin en main-d'oeuvre croissant, mise en place de la « solution finale «. Les nazis accélèrent leur programme eugéniste par le plan de Wannsee en janvier 1942, systématisant l'extermination des Juifs d'Europe. Depuis 1941, l'avancée de la Wehrmacht accroît le nombre de déportés juifs, l'heure est désormais à l'extermination de masse et au génocide, puisque leur émigration est désormais impossible. Aux ghettos et aux groupes mobiles de tuerie (Einsatzgruppen) succèdent les camps d'extermination, où périront les trois cinquièmes des communautés juives d'Europe. Résistances nationales. Face aux rigueurs de l'occupation, aux exactions et crimes de l'occupant nazi ou japonais, des résistances se mettent en place, spontanément d'abord, fédérées ensuite. Plusieurs chefs d'État ou de gouvernement organisent depuis la Grande-Bretagne des réseaux en vue de libérer leur territoire national : Belgique, Tchécoslovaquie, France, Grèce, Yougoslavie, Luxembourg, Pologne, Pays-Bas ou encore Norvège. La résistance italienne sera tardive, puisqu'elle coïncide avec la guerre et les sabotages menés par les Italiens contre les Allemands au moment de la république de Salò en 1944. Cependant, elle se réclame de la tradition antifasciste, beaucoup plus ancienne, et reste décisive au moment où les Alliés sont encore loin. En Asie, l'opportunité indépendantiste fait naître des mouvements antifascistes à caractère nationaliste aux visées politiques souvent contradictoires (Aung San en Birmanie, Sukarno et Sjahrir [1909-1966] en Indonésie). L'Allemagne et le Japon fondent leur propagande sur l'idée qu'ils se font du combat à mener : croisade antibolchevique et lutte contre le « complot juif « pour l'une ; soumission absolue au chef (l'empereur japonais Hirohito) pour l'autre. Les Alliés exploitent, quant à eux, le thème des valeurs démocratiques et de l'« union des nations « contre la barbarie. Comme l'avait démontré la Grande Guerre, la capacité à produire est déterminante. Les conférences alliées de Casablanca (Churchill-Roosevelt-de Gaulle, 14-24 janvier 1943) et de Téhéran (Churchill-Roosevelt-Staline, 28 novembre-1er décembre 1943) posent le principe d'une capitulation sans condition, imposant une guerre d'usure où la production en grandes séries et l'acheminement du matériel sont primordiaux. Sur ce terrain, l'industrie américaine se surpasse et constitue un atout incomparable pour les Alliés. L'effort de guerre allié a permis, à partir de 1942, d'inverser progressivement le cours du conflit. Dans le Pacifique, les Américains stoppent l'avance des Japonais par une série de batailles aéronavales (mer de Corail, Midway, Guadalcanal entre mai 1942 et février 1943). En URSS, une résistance acharnée dans l'âpre bataille de Stalingrad aboutit à la capitulation de la 6e armée allemande le 2 février 1943. La grande contre-offensive soviétique est en marche. Les premiers à entrer en résistance furent les Polonais, habitués, du fait d'invasions successives, à une réaction immédiate. Le 19 avril 1943, les Allemands commencent la liquidation totale du ghetto de Varsovie. Ils vont se heurter pendant trois semaines à une véritable insurrection civile des Polonais. La résistance la plus décisive est venue cependant de Yougoslavie où, depuis 1941, l'on s'acharne à entraver la progression des Allemands. À partir de 1941, Tito et ses Partisans, soutenu par Churchill, se lance dans la reconquête des territoires. Nouveaux fronts et reconquêtes alliées. La victoire britannique d'El-Alamein en Égypte (juillet 1942), permet d'entrevoir la libération de l'Afrique du Nord, où des troupes américaines et britanniques débarquent le 8 novembre (Algérie et Maroc). La menace d'un débarquement allié depuis la Méditerranée pousse les autorités allemandes à envahir la Zone libre française (11 novembre). Le front sud de l'Europe est ouvert grâce au débarquement américain en Sicile (10 juillet 1943). Le roi Victor-Emmanuel III fait arrêter Mussolini et le remplace par le maréchal Badoglio (1871-1956). Le 3 septembre, ce dernier négocie en secret un accord d'armistice avec les Alliés malgré la pression des Allemands et des fascistes en Italie. Le 8 septembre, les Alliés débarquent dans la baie de Salerne et rendent public cet armistice. À la suite de la conférence de Téhéran, l'ouverture d'un nouveau front en Europe de l'Ouest est décidée. Le débarquement a lieu le 6 juin 1944 en Normandie, perçant rapidement les défenses allemandes. Le débarquement en Provence (15 août) et l'avancée des Alliés à partir de la Normandie permettent au territoire français d'être presque entièrement libéré à la fin de l'année. À l'est, les Soviétiques poursuivent leur marche vers l'Allemagne et libèrent la Roumanie, la Finlande et la Bulgarie. Sur le front asiatique, la guerre du Pacifique permet aux Américains de se rapprocher peu à peu du Japon (« saut de mouton « de l'amiral américain William Nimitz, 1885-1966), tandis que les Britanniques se battent en Birmanie. En octobre 1944, les Philippines sont reprises par le général Douglas MacArthur. En Chine, communistes et gouvernement légal (nationaliste), rassemblés depuis septembre 1937 dans un « Front uni patriotique «, repoussent les Japonais. Capitulation de l'Allemagne et du Japon. De part et d'autre, toutes les énergies sont déployées : Volkssturm (mobilisation des hommes de 14 à 65 ans) et armes secrètes en Allemagne, kamikazes au Japon, bombardements par les Alliés de villes allemandes pour terroriser les civils comme en février 1945 à Dresde. Les Alliés réunis à Yalta en février 1945 maintiennent leur union jusqu'à la victoire totale. Churchill, inquiet de la présence soviétique en Europe, réclame une nouvelle conférence, qui s'ouvre à Potsdam le 17 juillet 1945, réunissant Staline, Truman et Attlee pour évoquer la question allemande. La tenaille alliée se referme sur Berlin, que les Soviétiques atteignent le 25 avril. Dans la semaine qui suit, Mussolini est exécuté (le 28) et Hitler se suicide (le 30). La capitulation allemande, les 7 et 8 mai 1945, met fin à la guerre à l'ouest. Dans le Pacifique, face à l'acharnement des combattants et malgré la nette domination américaine depuis l'invasion d'Iwo-Jima (février-mars 1945) et la prise d'Okinawa (février et juin 1945), le président Harry Truman décide d'utiliser la bombe atomique sur Hiroshima le 6 août et sur Nagasaki le 9. Le général MacArthur reçoit la capitulation japonaise le 2 septembre 1945. Éric LIMA 50 millions de morts. Les pertes humaines de la Seconde Guerre mondiale ont été presque quatre fois plus importantes que lors de la première (50 millions environ contre 13 millions). Cet écart s'explique par l'extension considérable des théâtres d'opérations, de l'Europe vers l'Afrique et surtout vers l'Asie (sur terre, sur mer et dans les airs), et par l'implication directe de toute la population dans la guerre. En effet, l'arme aérienne, dotée de longs rayons d'action, rend obsolète la notion de front, surtout quand la population de l'adversaire est un des objets prioritaires de l'aviation stratégique ; il faut « casser « son moral par des bombardements terrorisants, afin de la dissocier de ses gouvernements « jusqu'au-boutistes «. De même, les succès foudroyants des forces de l'Axe au début de la guerre ont conduit à l'occupation de vastes territoires, en Europe et en Asie, et à ses corollaires : résistance, répression et conflits de type « guerre civile « résultant du caractère idéologique des hostilités. L'hécatombe a été aggravée par le non-respect par certains États (Japon et URSS principalement) de la convention de Genève sur les prisonniers de guerre (1929) et par les politiques racistes d'extermination systématique menées par le IIIe Reich - avec ses millions de victimes, Juifs, Tsiganes du Grand Reich, « malades mentaux « et autres « vies indignes de vie «[Lebensunwert], les persécutions qui ont touché les homosexuels, le traitement infligé aux Slaves, considérés comme « sous-hommes « (Untermenschen)… Elle le fut aussi par les crimes commis par l'URSS (massacres de prisonniers polonais - Katyn - ou déportations de « peuples punis «, accusés collectivement d'avoir collaboré). Enfin, les innovations technologiques ont multiplié la puissance de feu et révolutionné les capacités de destruction. Si le bombardement de Hiroshima, le 6 août 1945, fit environ 100 000 morts (bilan en 1946), les pilonnages de Dresde, en février 1945, en firent entre 35 000 et 60 000. Cependant, au Japon, le « résultat « fut obtenu en une fois avec un seul avion. Sur environ 50 millions de victimes, mortes ou disparues, moins de 20 millions sont des militaires. Toutes les générations ont donc été victimes de la guerre, sans distinction de sexe. Dans certains pays, les civils ont subi des pertes bien plus élevées que les militaires. En Grèce (465 000 morts), elles ont principalement résulté d'une famine qui a ravagé la population (300 000 morts). En Yougoslavie (1,5 million de morts), trois facteurs sont intervenus : la répression aveugle de la guerre des partisans par les Allemands, les luttes internes entre les partisans de Mihajlovic (royalistes) et ceux de Tito (communistes), et les massacres interethniques (200 000 Serbes et Juifs furent éliminés par les oustachis en Croatie). La Pologne, enfin, dont 95 % de la population juive (soit 3 millions de personnes) a été exterminée, a connu, de 1939 à 1945, un impitoyable régime d'occupation mêlant massacres et déportations, tant de la part de l'Allemagne que de l'URSS. Elle est la nation la plus meurtrie par la guerre (5 millions de morts). L'hémorragie soviétique. L'abî-me qui sépare les pertes subies par les deux grands vainqueurs de la guerre, les États-Unis (300 000 morts) et l'Union soviétique (26,6 millions de morts), mérite explication. Les premiers perdent 0,2 % de leur population, les seconds 14 %, véritable hémorragie. La partie européenne de l'URSS a subi par deux fois le passage du « rouleau compresseur « des opérations militaires, la politique de terre brûlée à l'aller comme au retour, l'occupation, les massacres, la guerre des partisans et les famines (siège de Leningrad d'août 1941 à janvier 1944, qui a fait 500 000 morts selon les sources soviétiques). Se sont ajoutées la mortalité et la répression, conséquences des déportations, ordonnées par Staline, de « peuples punis «, comme les Allemands de la Volga, les Tchétchènes ou les Tatars de Crimée. Quant aux pertes des États-Unis, elles sont restées relativement limitées (300 000 morts) malgré la guerre du Pacifique, la bataille de l'Atlantique et les débarquements à l'Ouest. En effet, les combats ne concernent pas le territoire américain. Le commandement américain a mené une guerre de matériels et de plus stricte économie des effectifs ; il a doté ses armées d'une incontestable supériorité de moyens techniques, qui a permis, avant l'attaque, d'écraser sous un déluge de feu l'adversaire et ses itinéraires présumés. La reprise des îles du Pacifique a ainsi coûté la vie à environ 90 000 Américains et à dix fois plus de défenseurs japonais. Il est resté cependant dangereux pour des populations civiles d'être dans l'axe de progression de forces américaines : sur les 66 000 victimes françaises des bombardements dénombrées entre 1940 et 1945, 14 000 sont tombées en Basse-Normandie pendant l'été 1944, dont la moitié entre le 6 et le 14 juin. Les pertes du côté français (580 000 morts) s'équilibrent entre civiles et militaires. Ces dernières comprennent celles des forces régulières (192 000), des combattants de l'ombre (Forces françaises de l'intérieur [FFI], résistants fusillés ou morts en déportation) et les 31 000 Alsaciens morts incorporés de force dans la Wehrmacht. Parmi les pertes civiles, on compte 75 000 déportés raciaux. Environ 40 000 Nord-Africains et tirailleurs de l'ex-Empire français ont été tués dans les rangs de l'armée française et 50 000 originaires des Indes dans l'armée britannique. Les pertes civiles japonaises (680 000 morts), très inférieures aux pertes militaires (1,9 million de morts), connaissent une croissance exponentielle quand le Japon devient la cible de l'aviation stratégique après la conquête des îles Mariannes. Le 10 mars 1945, les bombes incendiaires font à Tokyo 84 000 morts, davantage que la bombe atomique de Nagasaki. À partir du 12 juin 1944, en Angleterre, tombent les V1 puis les V2. Ils provoquent 8 500 victimes civiles et ouvrent de nouvelles perspectives de destruction à distance et sans risques pour l'agresseur. Cependant, les effets des bombes atomiques des 6 et 9 août 1945 sont tels qu'ils arrêtent les hostilités et le massacre qui, contre toutes règles du droit de la guerre, a ensanglanté l'Europe et l'Asie. Si des sinologues, « philosophes «, constatent que les pertes chinoises dues à la guerre, mal connues, n'excéderont jamais les pertes des épidémies endémiques, l'hécatombe connue par certains pays européens est l'un des événements les plus tragiques du xxe siècle. Le sort des prisonniers de guerre. La fin des hostilités ne libère pas tous les prisonniers de guerre. Les quelque 375 000 Allemands en captivité aux États-Unis sont rapatriés au printemps 1946. Leurs compatriotes internés en Union soviétique (plus d'un million) ne reviennent que de longues années plus tard ou disparaissent dans les camps sibériens (seulement 6 000 survivants sur l'ensemble des 100 000 prisonniers de Stalingrad). Les 3,5 millions de Japonais qui se livrent aux Américains lors de la capitulation du Japon sont libérés presque immédiatement ; en revanche, les 600 000 Japonais capturés en Mandchourie en août 1945 par les Soviétiques sont internés en Sibérie. Seuls 100 000 en reviendront. Quant aux 2 270 000 prisonniers soviétiques libérés après la guerre et rapatriés en URSS, beaucoup d'entre eux furent dès leur retour envoyés dans des camps. La durée de détention fut de l'ordre de dix ans, pour ceux qui en supportèrent le régime. Jean DELMAS




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