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?Texte 3 : L?aveu de Madame de Clèves à son époux

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Aperçu du corrigé : ?Texte 3 : L?aveu de Madame de Clèves à son époux



Document transmis par : PLC12-324441


Publié le : 12/9/2021 -Format: Document en format HTML protégé

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?Texte 3 : L?aveu de Madame de Clèves à son époux
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?Texte 3 : L?aveu de Madame de Clèves à son époux




?Texte 3 : L?aveu de Madame de Clèves à son époux ETUDE à partir de « Monsieur de Clèves était demeuré » jusqu?à « celui que vous voulez éviter. ».

- Eh bien, monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à son mari; mais l'innocence de ma conduite et de mes intentions m'en donne la force. Il est vrai que j'ai des raisons de m'éloigner de la cour et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Je n'ai jamais donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas d'en laisser paraître si vous me laissiez la liberté de me retirer de la cour ou si j'avais encore Mme de Chartres pour aider à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour me conserver digne d'être à vous. Je vous demande mille pardons, si j'ai des sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que pour faire ce que je fais, il faut avoir plus d'amitié et plus d'estime pour un mari que l'on en a jamais eu; conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore, si vous pouvez. 
M. de Clèves était demeuré, pendant tout ce discours, la tête appuyée sur ses mains, hors de lui-même, et il n'avait pas songé à faire relever sa femme. Quand elle eut cessé de parler, qu'il jeta les yeux sur elle, qu'il la vit à ses genoux, le visage couvert de larmes et d'une beauté si admirable, il pensa mourir de douleur, et l'embrassant en la relevant : 
- Ayez pitié de moi vous-même, madame, lui dit-il, j'en suis digne; et pardonnez si, dans les premiers moments d'une affliction aussi violente qu'est la mienne, je ne réponds pas comme je dois à un procédé comme le vôtre. Vous me paraissez plus digne d'estime et d'admiration que tout ce qu'il y a jamais eu de femme au monde; mais aussi je me trouve le plus malheureux homme qui ait jamais été. Vous m'avez donné de la passion dès le premier moment que je vous ai vue; vos rigueurs et votre possession n'ont pu l'éteindre : elle dure encore; je n'ai pu vous donner de l'amour, et je vois que vous craignez d'en avoir pour un autre. Et qui est-il, madame, cet homme heureux qui vous donne cette crainte ? Depuis quand vous plaît-il ? Qu'a-t-il fait pour vous plaire ? Quel chemin a-t-il trouvé pour aller à votre c?ur ? Je m'étais consolé en quelque sorte de ne l'avoir pas touché par la pensée qu'il était incapable de l'être. Cependant un autre fait ce que je n'ai pu faire. J'ai tout ensemble la jalousie d'un mari et celle d'un amant; mais il est impossible d'avoir celle d'un mari après un procédé comme le vôtre. Il est trop noble pour ne pas me donner une sûreté entière; il me console même comme votre amant. La confiance et la sincérité que vous avez pour moi sont d'un prix infini; vous m'estimez assez pour croire que je n'abuserai pas de cet aveu. Vous avez raison, madame, je n'en abuserai pas et je ne vous en aimerai pas moins. Vous me rendez malheureux par la plus grande marque de fidélité que jamais une femme ait donnée à son mari. Mais, madame, achevez et apprenez-moi qui est celui que vous voulez éviter.
- Je vous supplie de ne point me le demander, répondit-elle; je suis résolue de ne point vous le dire et je crois que la prudence ne veut pas que je vous le nomme. 
- Ne craignez point, madame, reprit M. de Clèves, je connais trop le monde pour ignorer que la considération d'un mari n'empêche pas que l'on ne soit amoureux de sa femme. On doit haïr ceux qui le sont et non pas s'en plaindre; et encore une fois, madame, je vous conjure de m'apprendre ce que j'ai envie de savoir. 
- Vous m'en presseriez inutilement, répliqua-t-elle; j'ai de la force pour taire ce que je crois ne pas devoir dire. L'aveu que je vous ai fait n'a pas été par faiblesse et il faut plus de courage pour avouer cette vérité que pour entreprendre de la cacher. 

Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678 (Troisième partie)



Introduction

(l'extrait est long : nous ne travaillerons que la réaction de M. De Clèves, soit la 2nde partie encadrée ci-dessous) 

Présentation :

- l'extrait : cette scène d'aveu suit l'échec de la fausse lettre qui a révélé à la Princesse de Clèves sa passion pour le Duc de Nemours. Ainsi, cette dernière supplie son mari de fuir la cour pour trouver refuge à Coulommiers. Ce dernier trouvant étrange ce désir de retraite de sa femme pense qu'elle cache quelque chose, et la pousse à parler. Cet aveu se fait devant le Duc de Nemours qui, caché, épie le couple. D'emblée, cet aveu s'avère donc problématique, puisqu'il est forcé et que la parole est déviée par l'amant caché. Il ne peut donc être source de liberté et de vérité.

Mouvement du texte : le passage se déroule en trois temps.

Dans le premier paragraphe, la princesse de Clèves avoue une passion adultère et supplie son époux de la protéger d'elle-même.

Dans les deux paragraphes suivants, son époux s'attendrit devant le spectacle de la désolation de sa femme, puis s'apitoie sur son propre sort avant de harceler sa femme pour obtenir le nom de son amant. PASSAGE TRAITE

La fin du passage s'organise en dialogue de sourds, puisque ni l'un ni l'autre ne veut céder. Il semble que la révélation de la Princesse de Clèves soit autant occulte qu'elle ne dévoile, puisque le nom de l'amant n'est pas délivré.

Que nous dit l'aveu, de quoi la confidence est-elle révélatrice?
L'aveu révèle chez Madame de Clèves, derrière la pénitence, un calcul, il fait naître chez l'époux compatissant un tyran amoureux, et enfin met en lumière une parole qui en se voulant honnête est pourtant déviée et empesée par le secret.

Premier mouvement : l'aveu de la Princesse

- Eh bien, monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à son mari; mais l'innocence de ma conduite et de mes intentions m'en donne la force. Il est vrai que j'ai des raisons de m'éloigner de la cour et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Je n'ai jamais donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas d'en laisser paraître si vous me laissiez la liberté de me retirer de la cour ou si j'avais encore Mme de Chartres pour aider à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour me conserver digne d'être à vous. Je vous demande mille pardons, si j'ai des sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que pour faire ce que je fais, il faut avoir plus d'amitié et plus d'estime pour un mari que l'on en a jamais eu; conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore, si vous pouvez. 

L'aveu révèle une pénitence incomplète.
Théâtralité de la scène : chacun joue un rôle tragique sans aller au fond de la vérité.

1-Posture de la suppliante: « en se jetant à ses genoux »; « il la vit à ses genoux ».
« Je vous demande mille pardons »
rythme ternaire, impératifs: « conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore».

=> attitude traditionnelle/ lieu commun (= topos*) de la suppliante (on peut alors faire référence à l?histoire de Sophonisbe, reine punique ayant vécu à la fin du IIIème siècle av. JC, dont la supplique au roi Masinissa est restée célèbre et fait l?objet d?une réécriture par Mlle de Scudéry, précieuse raffinée de l?époque ; mais aussi à la supplique de la pénitente chrétienne, puisque tout dans l?organisation de son discours y renvoie : aveu - demande de pardon; demande de l?aide - montre qu?il lui a été pénible d?avouer - silence

- propos qui traduisent détresse et souffrance ?ayez pitié de moi?

Une scène tragique : l'aveu semble devoir être prononcé par nécessité = ce n'est pas sa faute à elle ?ne me contraignez point (...) à vous avouer une chose que je n'ai pas la force de vous avouer.? + choix de l'isolement (retrait de la cour) pour lutter

2-Une parole calculée:

-Une parole détournée: rien n'est direct.
Périphrases: « les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge »
« J'ai des raisons de m'éloigner de la cour ».
« Je n'ai jamais donné nulle marque de faiblesse »

-Discours remarquablement organisé:
-profession de sa bonne foi
-demande de pardon
-exhortation
parallélisme de construction: « j'ai des sentiments qui vous déplaisent, du moins, je ne vous déplairai jamais par mes actions ».

- honnêteté survalorisée: hyperbole: « innocence de ma conduite et de mes sentimen...


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